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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>à 12h30L'Autel de Pergame, exubérance et raison à l'époque...

par François Queyrel, Ecole pratique des hautes études, Paris

L’Autel de Pergame, qui vient de faire l’objet d’une restauration complète au Musée de Berlin, est le monument le mieux conservé que nous ait légué l’art grec de l’époque hellénistique.

Il est orné de deux frises qui témoignent du raffinement atteint par la sculpture du milieu du IIe siècle av. J.-C. Cette datation nouvelle du monument offre l’occasion d’apprécier plus justement les styles qui s’épanouissent alors dans la capitale du royaume attalide, dans la partie nord-ouest de l’Asie Mineure. Une grande frise, longue de plus de 110 mètres, déploie autour du socle du monument les épisodes simultanés de la bataille victorieuse des dieux contre les géants révoltés (la Gigantomachie). La sculpture ici joue de toutes les possibilités du haut relief en envahissant le champ dans une accumulation de figures qui a pu amener à qualifier de « baroques » les effets de cette richesse décorative. Une petite frise au contraire, dite de la Téléphie, exposée à l’étage, à l’abri du portique qui ceint l’espace d’une cour intérieure, narre en tableaux successifs les épisodes de la vie du héros légendaire de Pergame, Télèphe, qui aurait fondé la cité dans les temps mythqiues et serait l’ancêtre des rois de Pergame. Le style retenu de cette frise aux personnages plus petits que nature a parfois été qualifié de « bourgeois ». Pendant longtemps on a cru qu’une vingtaine d’années séparait les deux frises et que les différences notables qui les distinguent entre elles étaient dues à cet écart chronologique. Cette vue est en fait erronée, car le monument, mis en chantier dans les années 160, a, dès sa conception, été conçu pour jouer sur l’union de ces deux conceptions stylistiques différentes. Dans l’union entre la rationalité et le pathétique, dans l’exubérance rationnelle qui caractérise ce chef-d’œuvre de Pergame se lit la volonté de transcrire dans le programme iconographique, de manière plastique, le philhellénisme du royaume de Pergame. Mieux qu’un discours, les frises sculptées de l’Autel disent la richesse inventive d’une rhétorique en images.

François Queyrel, ancien élève de l’Ecole normale supérieure et ancien membre de l’Ecole française d’Athènes, enseigne l’archéologie grecque à l’Ecole pratique des Hautes Etudes (Institut national d’histoire de l’art). Il a publié de nombreuses études sur la sculpture grecque, en particulier sur l’art de Pergame, thème de son dernier livre, qui vient de paraître aux éditions Picard : L’Autel de Pergame. Images et politique en Grèce d’Asie, Paris, 2005 (ouvrage en vente à la librairie du Louvre).

Cycle(s) : L'actualité de la recherche en histoire de l'art

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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