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Films à 20h30Faust, une légende populaire allemande (Faust, eine deutsche Volkssage)

Film sur l'art

Première projection en France de la copie restaurée par la Cineteca de Bologna

All., 1926, n.b., muet, 116 min, réal. : Friedrich Wilhelm Murnau
Avec Gösta Ekman, Emil Jannings, Camilla Horn, Yvette Guilbert, Wilhelm Dieterle…
Projection accompagnée d’une création musicale de Thomas Köner

« Le début de ce film présente ce que le clair-obscur allemand a créé de plus remarquable, de plus saisissant : la densité chaotique des premières images, cette lumière qui prend naissance dans les brumes, ces rayons qui traversent l’air opaque, cette fugue orchestrée visuellement comme par des orgues qui résonneraient dans toute l’étendue du vaste ciel vous coupent le souffle.[…]

Aucun metteur en scène, même Fritz Lang, n’a su faire surgir aussi magistralement le surnaturel en plein studio: est-ce encore un manteau de démon qui couvre la ville entière de ses énormes plis ou n’est-ce pas plutôt un nuage gigantesque qui plane lourdement sur elle? Les ténèbres démoniaques vont-elles dévorer la clarté divine? Où sont les limites de ces phénomènes grandioses?

La caméra de Carl Hoffmann donnera à la partie terrestre de ce film cette plastique extraordinaire capable d’imprégner de diabolisme jusqu’à l’étoffe d’un vêtement. Avant de transformer son Méphisto en cavalier espagnol ruisselant de soie, l’artiste subtil qu’est Murnau se plaira à confronter le pauvre diable, sorte de vilain médiéval en souquenilles à fronces, et le riche bourgeois Faust, revêtu de l’ample manteau chamarré où les reflets jouent largement dans de grands plis veloutés. […] Murnau a l’art d’éviter grâce à ses éclairages que les costumes de ses films aient cet aspect de défroques venues tout droit de chez le costumier. […]

Si Murnau se souvient de la lumière qui baigne Faust  dans la gravure de Rembrandt, il interprétera à sa manière le rôle des éclairages. Les contours imprécis s’opposent maintenant à l’évocation de surnaturel du début; et les accords s’établissent comme émanant d’un clavier dont une pédale invisible prolonge les résonances. […]

Tout au long du film on retrouve cette plastique subtile et riche qui dérive d’une sorte de fascination du visuel particulière à Murnau : dans la vision des corps pestiférés, dans celle du masque marmoréen si pathétique de la mère morte, dans celle du moine, dressé et agitant sa croix devant une foule délirante. On ne peut oublier, dans le groupe qui entoure le pilori où Marguerite est attachée, les traits lourds d’un rustre en train de mastiquer lentement, ni les têtes des enfants de choeur, la bouche grande ouverte, innocents, inconscients, semblables aux beaux anges ambigus de Botticelli. […]

La lumière ruisselle de toutes parts : sur Faust brûlant de gros volumes poussiéreux, sur le fantôme noirci de Mephisto conjurant les flammes, sur le brouillard d’un carrefour où s’élève une chaîne de cercles lumineux dont la lueur oscille sur le visage de Faust qui appelle le démon. […]

Ici, rien n’est excessif, ni les ombres rongeant la façade, ni la porte devenue comme l’entrée d’une caverne mystérieuse; quelque lent que soit le rythme de Murnau, la fluidité fascinante qu’il sait tirer de la caméra ôte toute pesanteur statique et ornementale aux décors. […]

Extraits de L’écran démoniaque par Lotte H. Eisner

Thomas Köner est né en Allemagne en 1965. Il est à la fois compositeur et vidéaste. Depuis 1994, il crée par ailleurs des musiques pour films muets qu’il interprète dans le monde entier (cinémathèques, festivals, musées). Thomas Köner a reçu de nombreux prix tant pour ses œuvres vidéos que pour travail musical. 

Cycle(s) : Faust au cinéma
Evénement(s) : Visages de Faust, Visages de Faust

Informations pratiques

Vente :

A partir du 2 janvier 2006, par téléphone, au 01.40.20.55.00 (paiement par carte bancaire uniquement) du lundi au vendredi de 11h à 17h, sauf le mardi
A partir du 4 janvier 2006, à la caisse de l'auditorium