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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>à 20hTony Cragg- Seconde nature

Tony Cragg, en discussion avec Jon Wood, Leeds, Henry More Institute

 « L'avenir de la sculpture ne fait que commencer. Son potentiel est plus vaste aujourd'hui que jamais, ses possibilités n'en sont qu'à leurs débuts. Son langage et ses formes commencent seulement à évoluer... » Voilà le genre de propos que Tony Cragg peut tenir dans son atelier, lors d'une interview, dans une salle de conférence ou lors d’un cours. Son attachement indéfectible à la sculpture et la réflexion qu’il mène sur la complexité de sa fonction et de son statut actuels lui ont valu d'occuper une place étonnante et singulière dans le monde de l'art contemporain. En promouvant la sculpture en tant que médium Tony Cragg s'est fait une réputation de sculpteur dont l'attitude rigoureusement matérialiste séduit un grand nombre d'autres sculpteurs, quels que soient les concepts qu’ils manient, leurs styles ou leurs démarches artistiques. C'est aussi un sculpteur qui se penche, avec inventivité, sur la dynamique des textes qui accompagnent la sculpture : il s'intéresse à la manière dont on a écrit sur elle et renouvelle notre façon d’en débattre aujourd'hui et de l'envisager demain.

Cette conversation avec Jon Wood, spécialiste de la sculpture moderne et contemporaine, est l’occasion pour Tony Cragg de revenir sur sa conception de la sculpture et des relations qu’elle entretient avec d'autres médias et technologies dans une époque aussi complexe que la nôtre. Loin d’une vision statique et immuable de la sculpture, Tony Cragg évoque les notions de fluidité et de passage, centrales dans son œuvre. C’est notamment en s’inspirant de la figure humaine et de ses représentations, comme les « têtes de caractère » du sculpteur Messerschmidt (1736-1783), mais également des formes organiques puisées dans la nature qu’il élabore un langage artistique propre.

Tony Cragg est un sculpteur britannique qui vit et travaille à Wuppertal (Allemagne), depuis 1977. A près avoir travaillé dans un laboratoire de biochimie, il fait des études artistiques à la Saint-Martin's School et au Royal College of Art de Londres (1973-1977). Dès ses premières œuvres, il récolte des objets de rebut du quotidien qu'il aligne ou entasse recherchant des situations insolites ou ironiques. Sa démarche s'oriente vers une archéologie de la vie moderne, mosaïques d'objets en plastique coloré, de formes géométriques ou figuratives installées au sol ou sur un mur. Alors que ses œuvres de jeunesse étaient pour la plupart réalisées à partir d’objets récupérés, il recourt, dans ses travaux plus tardifs, à des matériaux traditionnels tels que le bois, le bronze et le marbre, mais aussi la fibre de verre, renouvelant constamment les formes dans la direction d’une appréhension abstraite du corps humain. Il a ouvert, en 2008, un parc de sculptures à Wuppertal. De nombreux musées et institutions nationaux lui ont consacré des expositions monographiques, notamment la Ca’ Pesaro, Fondazione Musei Civici di Venezia (Venise, 2010), la Kunsthalle (Karlsruhe, 2009) et le MdM (Salzbourg, 2009), le palais du Belvédère (Vienne, 2008), le Musée Lehmbruck (Duisburg, 2007), la Cass Sculpture Foundation (Goodwood, Royaume-Uni, 2005), la Central House of Artists (Moscou, 2005), le Neues Museum (Nuremberg, 2005), le Museu Serralves (Porto, 2004), la Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland (Bonn, 2003), le CAC Málaga (Malaga, 2003), le MACRO (Rome, 2003), le Malmö Konsthall (Malmö, Suède, 2001), les Kunstsammlungen Chemnitz (Chemnitz, Allemagne, 2001), la Tate Gallery (Liverpool, 2000), le Muhka (Anvers, 2000)… Il a remporté le Turner Price en 1988 et a été élu à la Royal Academy en 1994.

Jon Wood a étudié au Courtauld Institute et travaille au Henry Moore Institute de Leeds, où il assure la co-direction du programme de recherche et le commissariat des expositions. Il est par ailleurs lecturer à l’université de Leeds, où il enseigne l’histoire de l’art (niveau Master). Ses recherches portent principalement sur la sculpture du XXe siècle (particulièrement sur le travail de Brancusi, Gaudier-Brzeska, Moore, Giacometti et Picasso) et sur la sculpture contemporaine (Cragg, Woodrow, Vermeiren, Barlow, Locke, De Cock, Houseago et Monk, entre autres), avec un intérêt particulier pour les changements de statut et de fonction de l’atelier d’artistes. Il a codirigé la publication de Sculpture in 20th-century Britain (Henry Moore Institute, 2003) et a publié une anthologie des écrits du XXe siècle sur la sculpture,  Modern Sculpture Reader (Henry Moore Institute, 2007), avec Alex Potts et David Hulks. Il achève actuellement un recueil d’essais, en collaboration avec Ian Christie, qui portent sur les changements dans la relation entre la sculpture et le cinéma. Dans le cadre de différentes expositions, il a récemment publié aux éditions Henry Moore Institute : Box-Body-Burial : The Sculptural Imagination of Keith Arnatt (2009), Against Nature : the hybrid forms of modern sculpture (2008), Tony Cragg and F. X. Messerschmidt (2008), Creation Myths: Epstein’s ‘Flenite Relief’ of 1913 in focus (2007), Rock, Paper, Scissors: Manual Thinking in Contemporary Sculpture (2007), Drawing on Sculpture : Graphic interventions on the photographic surface (2007), Carl Plackman : Sculpture, Drawing, Writing (2007), Freud's Sculpture (2006), Stephen Gilbert and Jocelyn Chewett in Post-war Paris (2006), With Hidden Noise : Sculpture, Video and Ventriloquism (2004), Gaston Lachaise and ‘Elevation’ (2003), Shine : Sculpture and Surface in the 1920s and 1930s (2002) et Close Encounters : The Sculptor's Studio in the Age of the Camera (2001).

Cycle(s) : « Faces à faces » : soirées d’art contemporain

Informations pratiques

Lieu

Auditorium du Louvre

Entrée libre dans la mesure des places disponibles