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Actualités des salles - 2011 Tableaux du mois

- Vierge à l’Enfant Jésus avec saint Jean Baptiste, d’Eustache LeSueur. Le Sueur et non Vouet : un tableau de la collection Penthièvre revient au Louvre après cinquante ans.
- Scènes de la vie d’Esther, de Sandro Botticelli et Filippino Lippi. L’apport de l’analyse scientifique à l’attribution de deux coffres de mariage dont le décor peint a été exécuté dans l’atelier de Botticelli.
-La Vision de saint François d’Assise, de Luis Tristan. Le naturalisme à Tolède, entre Greco et Caravage.
- Les Trois Grâces, de Lucas Cranach l’Ancien. Un spectaculaire enrichissement des collections de peintures allemandes du Louvre.
- Un grand paysage attribué à Crescenzio Onofrio. Le paysage à Rome au XVIIe siècle.
- Démocrite, rire de la folie des hommes, d’Antoine Coypel.
- Autoportrait, d’Élisabeth Sophie Chéron. Hommage à une figure féminine aux multiples talents, reçue à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1673.
- Paysage avec Mercure découvrant Hersé de retour de la fête de Minerve, de Francisque Millet. Un don sous réserve d’usufruit de M. Antoine Béal.
- Le Combat de David et Goliath, de Daniele Ricciarelli, dit Daniele da Volterra. Un exemple exceptionnel de tableau « sans revers » au coeur du débat du paragone.
- L’envers du tableau. Découvrir la face cachée des chefs-d’oeuvre du Louvre. Parcours dans les salles
- Suzanne au bain, de Jean-Baptiste Santerre. Hommage à l’artiste, en liaison avec Magny-en-Vexin, sa ville natale
- La Vierge d’humilité, de Niccolò di Buonaccorso. Un don sous réserve d’usufruit de Mme Lanini-Strölin (1976), entré au musée du Louvre en 2011

Vierge à l’Enfant Jésus avec saint Jean Baptiste, d’Eustache LeSueur. Le Sueur et non Vouet : un tableau de la collection Penthièvre revient au Louvre après cinquante ans
5 – 31 janvier 2011
Texte d’Alain Mérot (professeur d’histoire de l’art moderne, université Paris Sorbonne)
Saisi comme oeuvre de Simon Vouet en 1794 au château de Châteauneuf-sur-Loire avec la collection du duc de Penthièvre, ellemême achetée à Mgr de Thémines, évêque de Blois, ce tableau a été récemment réattribué à Eustache Le Sueur, le brillant élève de Simon Vouet. De retour du château de Rambouillet, où il avait été déposé en 1960, il est présenté aux côtés de la Madone Hesselin de Simon Vouet, acquise en 2004. Les deux artistes, souvent confondus dans le passé au profit de l’aîné, peuvent être désormais appréciés à travers ces œuvres fortes et tendres à la fois.

S. Laveissière

English version

Considered to be a work by Simon Vouet when it entered the Château of Châteauneuf-sur-Loire in 1794, along with the Duke of Penthièvre’s collection, bought from Mgr de Thémines, bishop of Blois, this painting was recently reassigned to Vouet’s brilliant pupil, Eustache Le Sueur. Returned from the Château of Rambouillet where it was deposited in 1960, the painting is now displayed next to Vouet’s Hesselin Madonna, acquired in 2004. Often confused with each other in the past (in favour of the elder), these two artists can now be appreciated in these works, powerful and sensitive at the same time.

Scènes de la vie d’Esther, de Sandro Botticelli et Filippino Lippi. L’apport de l’analyse scientifique à l’attribution de deux coffres de mariage dont le décor peint a été exécuté dans l’atelier de Botticelli
2 – 28 février 2012
Texte de Bruno Mottin (C2RMF) et Dominique Thiébaut (département des Peintures)
Entré par dation dans les collections du Louvre en 1972, ce magnifique tableau consacré à l’histoire d’Esther décorait, comme son pendant du musée Condé à Chantilly, la face antérieure d’un coffre de mariage aujourd’hui perdu dont les petits côtés s’ornaient, dans les deux cas, de panneaux carrés relatant eux aussi la vie de l’héroïne biblique (partagés entre Ottawa, Florence et Rome). De récentes investigations scientifiques menées par la National Gallery à Ottawa et le C2RMF viennent apporter des précisions sur l’exécution de ce cycle de tableaux, assurément l’un des plus beaux exemples de peinture domestique produits à la Renaissance, qui a certainement vu le jour vers 1475 dans l’atelier de Botticelli (Florence, 1445-1510), mais dont l’exécution s’avère pour une bonne part avoir été confiée à son principal collaborateur, Filippino Lippi.

D. Thiébaut

English version

Entered in the Louvre collections by dation in 1972, this magnificent painting dedicated to the history of Esther decorated, like its counterpart in the Condé Museum in Chantilly, the front panel of a marriage chest, the sides of which were adorned with small square panels (shared between Ottawa, Florence and Rome) relating the biblical heroine’s life. Recent investigations carried out by Ottawa’s National Gallery and the C2RMF have given more details about this cycle of paintings, surely one of the finest examples of domestic paintings produced during the Renaissance, which started around 1475 in Botticelli’s studio (Florence 1445–1510) but whose production was mostly left to his main collaborator, Filippino Lippi.

La Vision de saint François d’Assise, de Luis Tristan. Le naturalisme à Tolède, entre Greco et Caravage
2 mars – 4 avril 2011
Texte de Guillaume Kientz (département des Peintures)
Élève doué de Greco à Tolède, Luis Tristan n’en est pas moins l’un des premiers interprètes du naturalisme en Espagne. Entre 1606 et 1613, on le sait à Rome, où il put connaître la première génération des caravagesques, parmi lesquels certains Espagnols comme Jusepe de Ribera, Pedro Orente, Juan Bautista Maíno et Jusepe Martinez. À mi-chemin entre la veine expressionniste de son maître et le ténébrisme romain, La Vision de saint François d’Assise est un des sujets les plus souvent traités par l’artiste, et qui rencontra un grand succès en son temps. Vélasquez admira ainsi beaucoup celui qui est aujourd’hui conservé à l’Alcazar de Séville, prolongeant d’une certaine manière la curiosité de son maître et beau-père, Pacheco, qui alla jusqu’à faire le voyage de Tolède pour pouvoir rencontrer Greco. Preuve, s’il était nécessaire, que les courants qui apparaissent parfois contradictoires à l’historien d’art aujourd’hui ne l’étaient pas forcément pour les artistes de l’époque.

G. Kientz

English version

A talented pupil of El Greco, Luis Tristan was nonetheless one of the first exponents of naturalism in Spain. Between 1606 and 1613, he lived in Rome where he might have met the first generation of Caravaggesque painters amongst whom were some Spanish artists such as Jusepe de Ribera, Pedro Orente, Juan Bautista Maino and Jusepe Martinez. Halfway between the expressionist style of his master and Roman tenebrism, the vision of St Francis of Assisi was one of the most favoured subjects of the artist and one which found great success in his time. Velasquez was full of admiration for the painting of this subject, which is now in the Alcazar in Seville, echoing his master and father-in-law Pacheco’s curiosity, who even travelled to Toledo to meet El Greco. Proof, if needed, that currents which may look contradictory to today’s art historian, were not necessarily so for artists of the time.

Les Trois Grâces, de Lucas Cranach l’Ancien. Un spectaculaire enrichissement des collections de peintures allemandes du Louvre
2 mars – 30 mai 2011
Texte d’Élisabeth Foucart-Walter (département des Peintures)
Les Trois Grâces de Lucas Cranach l’Ancien (Kronach, 1472 – Weimar, 1553) ont fait l’objet d’un « Tableau du mois » exceptionnel d’une durée de trois mois. Le public était enfin en mesure de découvrir cette peinture élégante et raffinée dont il avait pu admirer la photographie dans la presse, lors de la campagne d’appel aux dons lancée par le Louvre, à la fin de l’année 2010, pour acquérir ce chef-d’oeuvre. En excellent état de conservation et d’une iconographie rare dans l’oeuvre de Cranach, ce tableau, daté de 1531, vient apporter une note éclatante à la collection de peintures allemandes du Louvre, qui compte déjà plusieurs peintures remarquables de l’artiste, dont le Portrait de Magdalena Luther, la fille du Réformateur, ainsi qu’une Vénus dans un paysage avec laquelle rivalisent désormais les trois nouvelles venues sur les cimaises du musée.

É. Foucart-Walter

English version

The Three Graces by Lucas Cranach the Elder (Kronach 1472–Weimar 1553) was displayed as “painting of the month”, exceptionally for three months. The public was finally able to discover this elegant and refined painting whose picture was in the press during the fundraising campaign launched by the Louvre at the end of 2010 in order to purchase this masterpiece. Superbly preserved and with an iconography rare in Cranach’s work, this painting, dated 1531, brings a bright note to the Louvre’s collection of German paintings which already counts several remarkable specimens by the artist. His Portrait of Magdalena Luther, the Reformer’s daughter, and a Venus in a landscape which can now compete with three newcomers on the walls of the museum.

Un grand paysage attribué à Crescenzio Onofrio. Le paysage à Rome au XVIIe siècle
6 avril – 2 mai 2011
Texte de Stéphane Loire (département des Peintures)
En marge de l’exposition « Nature et idéal. Le paysage à Rome, 1600-1650 » (Paris, Grand Palais, 9 mars – 6 juin 2011), le département des Peintures a présenté un grand paysage peint à Rome dans la seconde moitié du XVIIe siècle et récemment restauré. S’il était inventorié au Louvre au XIXe siècle sous le nom de Gaspard Dughet (1615-1675), l’historien d’art Federico Zeri l’avait attribué de manière convaincante à Crescenzio Onofrio (après 1632 – après 1712), un peintre paysagiste dont l’activité reste encore mal connue./p>

S. Loire

English version

In conjunction with the exhibition Nature and Ideal: Landscape in Rome 1600–1650 (Grand Palais, Paris, 9 March–6 June 2011) the Department of Paintings presented a large landscape painted in Rome during the second half of the seventeenth century that was recently restored. Though it was first attributed to Gaspard Dughet (1615–1675), the art historian Federico Zeri convincingly attributed it to Crescenzio Onofrio (after 1632–after 1712), a landscape painter whose activity remains almost unknown.

Démocrite, rire de la folie des hommes, d’Antoine Coypel
4 – 30 mai 2011
Texte de Marie-Catherine Sahut (département des Peintures)
Démocrite, l’un des philosophes grecs les plus célèbres avant Socrate, est l’auteur d’une doctrine considérable à l’origine de ce que l’on a pu nommer l’empirisme, excluant l’intervention des dieux dans l’explication de l’univers et qui s’accompagnait d’une morale prescrivant la modération dans les désirs humains. L’histoire romaine rapporte qu’il rédigea un traité sur la folie et s’attacha principalement à cette volonté affichée de retenue et de mesure. À ce titre, il fut souvent représenté le visage rieur, notamment au XVIIe siècle à Naples chez les caravagistes et en Hollande. L’interprétation du personnage qu’en fait Coypel dans ce tableau, plus proche d’un silène que d’un philosophe, témoigne d’ailleurs d’une influence manifeste des Flamands et surtout du grand Rubens. Rien d’étonnant à cela, Antoine Coypel ayant été lié aux rubénistes lors de la querelle de la couleur et du dessin depuis les années 1670, brossant ici par ailleurs une figure d’expression ambiguë et un brin sarcastique.

M. Perny

English version

Democritus, one of the most famous Greek pre-Socratic philosophers, developed a considerable doctrine on the origin of what has been named empiricism—excluding the intervention of the gods in the explanation of the universe, accompanied by a moral which prescribed moderation in human desires. According to Roman history, he wrote a treatise on madness and was particularly keen on the principles of self-control and moderation. Hence, he was often depicted laughing, especially in the seventeenth century by Naples’ Caravaggesque painters and in Holland. Coypel’s interpretation of the character in the picture is closer to a Silenus than a philosopher, and in fact shows the Flemish and especially the great Rubens’s influence. This borrowing is not surprising—Antoine Coypel was linked with the Rubenists during the arguments about colour and drawing from the 1670s. Here he paints a figure with an ambiguous and slightly sarcastic expression.

Autoportrait, d’Élisabeth Sophie Chéron. Hommage à une figure féminine aux multiples talents, reçue à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1673
1er juin – 5 septembre 2011
Texte de Stéphanie Koenig (département des Peintures)
Élisabeth Sophie Chéron, qui était aussi célèbre pour ses poèmes et ses dons de musicienne, s’est illustrée dans le monde des arts. Artiste ambitieuse, elle s’était spécialisée dans les portraits féminins et pratiqua également la peinture d’histoire. L’Autoportrait du musée du Louvre, qui rappelle la manière de Pierre Mignard, est aujourd’hui la seule peinture absolument sûre de l’artiste. Même si Élisabeth Sophie Chéron n’a eu ni le talent ni la célébrité éclatante de ses consœurs de la fin du XVIIIe siècle (Élisabeth Vigée Le Brun ou Marguerite Gérard), elle fait partie des premières femmes qui suscitèrent la reconnaissance de la création féminine en France, en accédant à l’Académie, lieu de consécration pour les artistes.

S. Koenig

English version

Elisabeth-Sophie Chéron, who was famous for her poems and musical talent, also won fame in the world of art. An ambitious artist, she specialized in feminine portraits and also practised history painting. The Louvre’s selfportrait, which recalls Pierre Mignard’s style, is today the only securely attributed painting by the artist. Even if Chéron was never as talented nor as dazzlingly famous as her late-eighteenth-century colleagues (Elisabeth Vigée-Le Brun and Marguerite Gérard), she was one of the first women who, by becoming a member of the Académie, the highest honour for an artist, aroused an interest in female creativity in France.

Paysage avec Mercure découvrant Hersé de retour de la fête de Minerve, de Francisque Millet. Un don sous réserve d’usufruit de M. Antoine Béal
7 septembre – 3 octobre 2011
Texte de Guillaume Kientz (département des Peintures)
Malgré sa présence dans les collections royales ou auprès d’amateurs avertis, et en dépit de la gravure de ses œuvres, Francisque Millet, né en Flandres mais établi à Paris vers 1650, était jusqu’ici absent des collections du Louvre. Avec ce paysage subtil aux allures classiques, qui puise aux sources de Bril ou de Poussin, ce manque est désormais comblé. Une fois obtenu l’agrément de l’Académie royale de peinture et de sculpture, en 1673 avec la présentation d’un paysage, il s’attacha à ce genre dans sa courte carrière, en y utilisant les manières de peindre et les procédés caractéristiques des peintres nordiques. Le sujet, rarement traité, présenté dans ce tableau est un épisode de l’histoire d’Hersé et de ses soeurs, Aglaure et Pandrose, rapporté dans les Métamorphoses d’Ovide. Premières prêtresses de Minerve, les deux jeunes femmes, rentrant d’une fête en l’honneur de la déesse, rencontrent Mercure en chemin. Tout en évoquant la campagne romaine et en multipliant les références à l’Antiquité, Millet représente l’instant où Mercure tombe amoureux d’Hersé.

M. Perny

English version

In spite of the fact that his paintings were to be found in royal collections and among those of art lovers, Francisque Millet, born in Flanders but established in Paris around 1650, has been absent from the Louvre’s collections until now. The introduction of this subtle landscape in the classic style which draws on the works of Bril and Poussin, repairs that gap. He was approved by the Académie Royale de Peinture et de Sculpture in 1673 upon presentation of a landscape and his short career was spent practising this genre, using different ways and manners characteristic of Northern painters. The subject of this painting as it was related by Ovid in his Metamorphosis has rarely been illustrated. It tells the story of Herse and her sisters, Aglauros and Pandrosos, the first priestesses of Minerva meeting Mercury on their way back from a feast in honour of the goddess. Millet depicts the moment when Mercury falls in love with Herse, in a landscape evoking the Roman countryside with references to Antiquity.

Le Combat de David et Goliath, de Daniele Ricciarelli, dit Daniele da Volterra. Un exemple exceptionnel de tableau « sans revers » au coeur du débat du paragone
2 – 28 novembre 2011
Texte de Guillaume Kientz (département des Peintures)
Le Combat de David et Goliath peint par Daniele da Volterra sur les deux faces d’une ardoise et offert à Louis XIV en 1715 par la famille del Giudice, proche des Bourbons d’Espagne, a retrouvé depuis peu sa place dans la Grande Galerie, après un séjour de soixante-huit ans au château de Fontainebleau. Anciennement attribué à Michel-Ange, dont Daniele da Volterra fut l’ami et l’élève, il révèle une profonde méditation des créations de celui-ci et s’inscrit dans le contexte historique du paragone, débat théorique qui, à la Renaissance, opposait la peinture à la sculpture et recherchait la supériorité d’un art sur l’autre. En peignant un recto verso, Da Volterra réussit une prouesse technique autant que théorique : l’enchevêtrement des deux corps n’est pas le même d’une face à l’autre, l’artiste ayant choisi de jouer sur le temps nécessaire au spectateur pour contourner l’oeuvre et prolonger l’action de quelques secondes : sur la face A, David vient de renverser Goliath ; sur la face B, il s’apprête à asséner le coup fatal. La peinture concurrence alors la sculpture, non seulement sur la vision dans l’espace, mais sur l’expression d’une action, du temps, de la couleur, là où une sculpture, monochrome, reste figée.

M. Perny

English version

David’s fight against Goliath, painted by Daniele da Volterra on both sides of a slate plaque and offered to Louis XIV in 1715 by the Del Giudice family, who were close to the Spanish Bourbons, has recently returned to its place in the Grande Galerie after spending sixty-eight years at Fontainebleau. Formerly attributed to Michaelangelo who was Daniele da Volterra’s master and friend, it reveals profound contemplation of his creation and fits into a specific historical context between painting and sculpture: the Paragone. During the Renaissance, this theoretical debate sought the superiority of one art form over another, and by painting on both sides, Da Volterra achieved a technical as well as a theoretical feat: the entanglement of the two bodies is not the same on both sides. The artist chose to play on the time it takes the viewer to walk around the painting and prolonged the action by a few seconds: on side A David has just knocked Goliath down while on side B he is about to strike the fatal blow. The painting thus competes with sculpture, through the vision of space, the expression of the action in time and the colour, while a sculpture, monochrome, remains frozen.

L’envers du tableau. Découvrir la face cachée des chefs-d’oeuvre du Louvre. Parcours dans les salles
4 – 28 novembre 2011
Commissaire : Guillaume Kientz (département des Peintures)
Présentant pour la première fois un parcours à la découverte des revers de trente-sept tableaux du musée du Louvre, cette initiative reprenait l’esprit du salon « Paris Tableau » consacré à la peinture ancienne, qui proposait ce même thème du 4 au 8 novembre 2011. Cette démarche novatrice a pu se concrétiser notamment à l’aide des clichés des revers réalisés par le C2RMF depuis 1920. Resté secret et caché au regard du visiteur, le revers « parle » et donne souvent une information supplémentaire, voire capitale, sur l’histoire d’une oeuvre, une clef pour accéder à la compréhension de son sujet, de son origine ou de son auteur. Les choix de cette sélection ont été guidés par l’excellente conservation des inscriptions manuscrites ou des étiquettes – de vente, d’exposition ou de décors divers –, par l’originalité des supports ou encore par leur aspect exceptionnel. Une manière inhabituelle de « passer de l’autre côté du tableau ».

M. Perny

English version

This presentation offered, for the first time, a chance to discover the backs of thirty-seven paintings from the Musée du Louvre. This initiative reflects the spirit of Paris Tableau, the art fair for Old Master paintings which proposed the same theme (4–8 November 2011). This innovative approach has been realized using photographs of the backs of paintings, taken by the C2RMF since 1920. Remaining secret, hidden from the visitor’s sight, the backs “talk”, often giving additional information about the work, sometimes important to the understanding of its subject, its origin or its author. The selection was guided by exceptional appearance, originality of the support or the excellent conservation of handwritten inscriptions, sale and exhibition labels, and diverse decorations. This was “passing to the painting’s other side” for one unusual, surprising moment.

Suzanne au bain, de Jean-Baptiste Santerre. Hommage à l’artiste, en liaison avec Magny-en-Vexin, sa ville natale
3 novembre – 5 décembre 2011
Texte de Claude Lesné (conservateur du Patrimoine)
Présentée par Jean-Baptiste Santerre pour sa réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 18 octobre 1704, Suzanne au bain est l’unique tableau de l’artiste conservé au Louvre ; c’est aussi l’une de ses œuvres les plus fameuses. Injustement tombé dans l’oubli au XIXe siècle, Santerre, élève de Bon de Boulogne, avait pourtant conquis la renommée en son temps. Académicien, honoré de commandes pour la famille royale, il fut particulièrement apprécié du Régent. Le succès de ses demi-figures de fantaisie finit par occulter le reste de son oeuvre, mais le peintre produisit également des portraits sensibles, dont Le Chasseur, déposé par le Louvre au musée de la Chasse et de la Nature, est l’un des plus séduisants. Parmi ses tableaux d’histoire comptent la Pietà (musée de Saint-Malo), la Madeleine repentante qui appartint à Louis XIV (église de Magny-en-Vexin), la Sainte Thérèse de la chapelle du château de Versailles ou l’Adam et Ève admiré par Voltaire (collection particulière). Avec Suzanne au bain, Santerre propose du thème biblique une version très personnelle, à la sensualité marquée, aux lignes épurées, dans une gamme de tons retenus qu’il affectionne.

C. Lesné

English version

Presented by Santerre on his acceptance to the Académie Royale de Peinture et de Sculpture on 18 October 1704, Susannah Bathing is the only painting by the artist in the Louvre: it is also one of his most famous works. Unjustly forgotten during the nineteenth century, Santerre, a pupil of Bon de Boulogne, had nevertheless been quite famous in his time. An academician, honoured with commissions from the royal family, he was particularly popular with the Regent. The success of his fantasy half-figures eventually overshadowed the rest of his work but the painter also produced some sensitive portraits. One of the most appealing Portrait of a Hunter was deposited by the Louvre at the Musée de la Chasse et de la Nature in Paris. His historical paintings include the Pietà (museum of St Malo), the Repentant Magdalene which belonged to Louis XIV (church of Magny-en-Vexin, birthplace of the artist), the St Theresa of the Château de Versailles chapel and Adam and Eve, admired by Voltaire (private collection). With Susannah Bathing Santerre offers a very personal vision of the biblical theme, with marked sensuality, pure lines and the selected range of tones he preferred.

La Vierge d’humilité, de Niccolò di Buonaccorso. Un don sous réserve d’usufruit de Mme Lanini-Strölin (1976), entré au musée du Louvre en 2011
7 décembre – 2 janvier 2011
Texte de Victor M. Schmidt et Dominique Thiébaut (département des Peintures)
L’un des rares vestiges de la brève carrière de Niccolò di Buonaccorso, peintre siennois connu en 1372-1388 et non représenté jusque là dans les collections nationales, ce petit panneau était vraisemblablement l’élément central d’un triptyque. La récente restauration a révélé l’existence de motifs décoratifs peints au revers et mis en évidence la préciosité de cette Vierge d’humilité dont l’exécution raffinée et les préoccupations spatiales trahissent la dette de Niccolò envers ses illustres prédécesseurs, Simone Martini et les frères Lorenzetti. Marie est ici représentée de manière très spécifique, assise à même le sol (humus), une traduction visuelle de son humilité, en train d’abandonner ses modestes occupations quotidiennes – lecture, tricot et couture – pour allaiter son enfant.

D. Thiébaut

English version

This small panel, one of the few remnants of Niccolo di Buonaccorso’s brief career, is probably the centre of a triptych designed by this Sienese painter who was previously unrepresented in national collections. Its recent restoration revealed the existence of decorative patterns painted on the back and highlighted the preciousness of the Virgin of Humility whose refined execution and spatial concerns betray Niccolo’s debt towards his illustrious predecessors, Simone Martini and the Lorenzetti brothers. Mary is represented in a very specific way, sitting on the ground (humus), a visual translation of her humility, abandoning her modest daily chores—reading, knitting and sewing—to nurse her Child.



Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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