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Chantier des collections des Arts de l’Islam

Le département des Arts de l’Islam est engagé dans un vaste chantier de restauration, préalable à l’ouverture de ses futurs espaces, en 2012. Ce chantier a débuté en septembre 2007 et s’achèvera à la fin de l’année 2011. Régi par un accord-cadre, il a été divisé en douze lots de restauration :
– lot 1 : arts graphiques ;
– lot 2 : reliures ;
– lot 3 : céramiques ;
– lot 4 : carreaux ottomans ;
– lot 5 : tapis ;
– lot 6 : bois ;
– lot 7 : textiles ;
– lot 8 : métal ;
– lot 9 : ivoire ;
– lot 10 : verre ;
– lot 11 : pierre ;
– lot 12 : stucs et vitraux.
Le choix des pièces à restaurer a été guidé en premier lieu par des critères de
conservation et par la programmation muséographique. Certaines pièces ont
nécessité des traitements d’urgence. Pour les oeuvres destinées aux futures salles, il a paru essentiel d’harmoniser les interventions afin d’assurer une présentation cohérente.
Actuellement, environ deux mille six cents oeuvres ont été restaurées dans le cadre du chantier et une centaine d’autres restent à traiter durant l’année 2011. Parmi celles-ci, plusieurs lots ont fait l’objet d’une attention toute particulière et donné lieu à la rédaction préalable d’un protocole de restauration. Nous nous attarderons sur un chantier de restauration spécifique, d’une ampleur considérable par le nombre d’oeuvres considérées, et sur une restauration d’envergure portant sur une oeuvre unique présentée dans les futures salles.
 

Les carreaux ottomans

Le musée du Louvre conserve un ensemble d’environ trois mille carreaux ottomans, dont un millier provient du fonds déposé par le musée des Arts décoratifs en 2005. La collection du musée du Louvre a fait l’objet d’un important travail de récolement, achevé en 2010. En effet, entrés par lots, beaucoup de carreaux avaient été mélangés, si bien que leur historique avait été perdu. Afin de mener à bien les recherches nécessaires à l’identification précise des pièces, il s’est avéré nécessaire de démonter l’ensemble des panneaux. S’ajoutaient à cela des raisons de conservation impérative, les deux collections, celle du Louvre comme celle des Arts décoratifs, étant souvent montées depuis la fin du xixe siècle sur des supports qui provoquaient de graves dommages (plâtre, filasse et armatures métalliques, béton armé, contreplaqué, etc.). L’ensemble a donc fait l’objet d’un chantier exhaustif de démontage en 2007, puis mis en état de conservation entre 2007 et 2010. Enfin, les carreaux qui seront présentés dans les futurs espaces du département ont vu leurs manques restaurés dans un respect complet du protocole de réintégration. Le but était d’obtenir une homogénéisation parfaite de la retouche, tant dans le dessin, le niveau de couleurs que les matériaux, afin de ne pas nuire à la présentation conjointe de plus de cinq cents carreaux dans les futures salles.
 

Le porche mamlouk

Un chantier spécifique est dédié à une oeuvre, un ensemble architectural d’époque mamlouke, provenant du Caire, retrouvé au musée des Arts décoratifs. Depuis 1889, date de son arrivée en France, où il n’a jamais été identifié, la complexité du remontage (même s’il a peut-être été envisagé en 1889) a précipité son oubli. Cet ensemble de 5,5 tonnes de pierres présente l’aspect d’un immense puzzle dont les enjeux sont l’étude, le remontage et l’intégration architecturale dans les nouveaux espaces du département des Arts de l’Islam (DAI).

Dans les archives du musée des Arts décoratifs, quelques dessins hâtifs ont fait surgir la silhouette d’un remarquable élément de l’architecture du Caire des sultans mamlouks (1250-1517). Grâce à l’appui de la fondation Kress, qui a permis de financer le travail préparatoire d’un chercheur en post-doctorat (A. C. Mathews), une première phase de compréhension de l’ensemble a été menée parallèlement à l’étude de son histoire, de son embarquement en Égypte jusqu’à son arrivée à Paris. Le premier travail a consisté à réunir tous les blocs dispersés, jusqu’à Béziers. S’en est suivi alors un patient travail d’identification des blocs, souvent dégradés et couverts d’une épaisse couche de poussière.

Cette première phase a permis de lancer une étude approfondie, confiée, à l’issue d’un marché, à la société Tollis, appuyée par l’architecte Édouard de Bergevin (2009). Cette étude a permis de valider l’essentiel de la restitution proposée, de la faire évoluer, d’effectuer un montage à blanc de l’ensemble (murs et coupoles) afin d’en proposer la reconstruction définitive et les cotes hors tout de l’ouvrage. Il viendra en effet prendre place au coeur des espaces en construction, avec une marge d’ajustement de 3 cm de part et d’autre de la structure métallique portant la coque de résine. Cette opération a été l’occasion unique de placer tous les membres de l’équipe de restauration dans la situation de leurs prédécesseurs de la fin du XIVe et du début du XVe siècle, montant et calant, bloc à bloc, la structure.

L’ultime phase, de restauration proprement dite, a débuté en 2010. Le nettoyage des blocs a été achevé, par le dégagement d’un badigeon posé en 1869, au moment d’une « remise à neuf » des monuments du Caire à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez. Le monument fut démonté avant 1889, date de son arrivée à Paris. Cette couche superficielle d’histoire pesait lourdement sur la lecture du décor. Son dégagement a permis de retrouver une bichromie intacte qui exalte la qualité d’un décor sculpté couvrant. La préparation de la fixation des blocs, pièce à pièce sur la coque, est actuellement en cours. Le choix des matériaux employés pour la réintégration vient d’être validé, la fabrication de deux grilles de fer battu qui viendront combler les emplacements vides est en cours, tout comme la taille des blocs manquants, parfaitement documentée par des dessins de l’architecte français Jules Bourgouin, retrouvés par les soins de l’équipe à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) en 2009.

La mise en place de l’ensemble restauré se fera très en amont de l’installation des oeuvres, au coeur du chantier architectural des Arts de l’Islam, au printemps 2011.

G. Fellinger et S. Makariou

English Version

The Department of Islamic Art is engaged in a vast restoration project ahead of the scheduled opening of its permanent display areas in 2012. Some of the works of art have themselves required urgent preparation work. The interventions will be coordinated to ensure a coherent presentation of the collections. Around 2,600 works have already been restored, and the restoration of another 100 works will be completed by the end of 2011. Several batches of items required special conservation according to a specific restoration agreement.
 

The Ottoman tiles

The Louvre currently possesses around 3,000 Ottoman tiles, including about 1,000 from a collection deposited by the Arts Décoratifs in 2005. The tiles were mounted on supports, resulting in serious damage. Consequently, the entire collection was systematically dismantled in 2007, and underwent conservation treatment between 2007 and 2010.
 

The Mamluk portal

A specific project is focusing on this architectural ensemble from the Mamluk era, which came from Cairo to France in 1889 and was stored in the Louvre’s Arts Décoratifs department. The restoration of this stonework weighing 5.5 tonnes provided a unique opportunity to place all of the restoration team members in the same situation as their predecessors in the late fourteenth and early fifteenth centuries, as they assembled and propped up the structure block by block. The removal of the distemper applied in 1869 revealed a completely intact, two-colour decorative scheme that greatly enhanced the beauty of the carved surface decorations.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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