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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Bohémiens, Gitans, Tsiganes

En partenariat avec :

par Victor I. Stoichita

Personne ne sait d’où ils viennent, où ils vont, pour quelles raisons ils ont pris le chemin de la perpétuelle errance, ni depuis quand. Ils ne sont pas armés, mais ils font peur, car ils sont pauvres. À l’époque de leur première apparition en Europe occidentale, on les appelait Sarrasins, Tartares, Nubiens, Éthiopiens ou Assyriens. Parfois, ils furent confondus avec les Juifs et même avec les Morisques. Puis on les nomma Égyptiens (avec une transformation rapide en Gypsies ou Gitans) en imaginant qu’ils étaient issus du nord de l’Afrique ou de la Petite Égypte située dans le Péloponnèse. Comme ils jouissaient d’un statut spécial en Bohême, on les appela Bohémiens. En raison de leur provenance des anciennes provinces de l’Empire byzantin, un appellatif grec leur fut attribué : athinganoi (les « intouchables »),
ce qui donna par un effet de vire-langue Zingari, Zingaros, Cianos, Cingani, Zigeuner, Tsiganes…
Il est difficile d’immobiliser, de fixer cet être insaisissable qu’est le migrant ; la construction de son iconographie en est la preuve. Les premières figurations dues à des artistes occidentaux révèlent les peines à cerner, sans filtres et sans appui, une singularité.
Les singularités fusionnent entre elles pour engendrer un tout, désigné comme « altérité ». Le premier à en faire de façon programmatique l’objet de ses recherches picturales fut le Caravage, qui allait signer le grand tournant du canon occidental.
 

Victor I. Stoichita
Né à Bucarest en 1949, Victor I. Stoichita est professeur ordinaire à l’université de Fribourg. Après des études d’histoire de l’art aux universités de Bucarest et de Rome, il obtient le titre de docteur à l’université de Rome et de docteur d’État ès Lettres à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Professeur invité dans plusieurs universités, centres de recherche et musées, il mène une carrière scientifique internationale de haut niveau récompensée par de nombreux prix, parmi lesquels un doctorat honoris causa de l’Université catholique de Louvain.

En 2009, il a été commissaire de l’exposition « La Sombra » («L’ombre») au musée Thyssen-Bornemisza de Madrid. Ses nombreux ouvrages ont été traduits en plusieurs langues et se sont imposés comme des références majeures sur l’histoire de la représentation en Occident. Il a surtout contribué à ouvrir l’histoire de l’art à une anthropologie historique des images, ainsi qu’à une archéologie de la modernité artistique et de nos cultures visuelles contemporaines, par des enquêtes iconologiques nourries d’une érudition et d’une réflexion herméneutique des plus novatrices.

 

Ouvrages de référence de Victor I. Stoichita
Figures de la transgression, Genève, Droz, 2013 ; Le Corps transparent, actes de colloque (dir.), Rome, L’Erma di Bretschneider, 2013 ; L’OEil mystique : peindre l’extase dans l’Espagne du Siècle d’or, Paris, Le Félin, 2011 ; Para una historia cultural de la sombra, Actes de colloque (dir.), Madrid, musée Thyssen-Bornemisza, 2009 ; La Sombra, catalogue d’exposition (dir.), musée Thyssen-Bornemisza, Madrid, 2009 ; Cómo saborear un cuadro, Madrid, Cátedra, 2009 ; The Pygmalion Effect, Chicago, University of Chicago Press, 2008, trad. fr. Genève, Droz, 2008 ; Ver y no ver, Madrid, Siruela, 2005 ; Goya. The Last Carnival, avec A. M. Coderch, Londres, Reaktion Books, 1999 ; A Short History of the Shadow, Londres, Reaktion Books, 1997, trad. fr. Genève, Droz, 2000, 2e éd. 2004 ; Visionary Experience in the Golden Age of Spanish Art, Londres, Reaktion Books, 1995, 2e éd. 2006, trad. fr. Paris, Le Félin, 2011 ; L’Instauration du tableau. Métapeinture à l’aube des Temps modernes, Paris, Méridiens-Klincksieck, 1993, 2e éd. Genève, Droz, 1999, 3e éd. 2005.

 

A noter également à 20h30 la projection de :
Fragments électriques nº 1 : Rom (Uomini)
de Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi

It., 2001, 14 min, vidéo
Réalisé à partir de matériel d’archives, le film évoque le retour des camps, en Italie, de Tsiganes après le génocide de leur peuple durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Vol des corbeaux (Just the Wind - Csak a szél) de Bence Fliegauf
Hongrie, All., Fr., 2012, 98 min, vostf, num
Dans les faubourgs d’une grande ville hongroise, une famille tsigane rêve d’émigrer au Canada. Le film s’inspire d’événements dramatiques qui se sont déroulés en Hongrie, en 2008.

Cycle(s) : La Chaire du Louvre - conférences L’image de l’Autre, par Victor I. Stoichita
Evénement(s) : La Chaire du Louvre<br />L’image de l’Autre, par Victor I. Stoichita

Informations pratiques

Lieu
Auditorium du Louvre

Tarif F
Le billet donne accès à la conférence de 18h30 et à la projection de 20h30
6 euros, plein
5 euros, réduit
3 euros, solidarité et jeune
Gratuit pour les adhérents Louvre jeunes et les étudiants en art et histoire de l’art dans la limite des places disponibles

Caisse de l’auditorium
Du lundi au samedi (sauf le mardi),de 9h à 17h15, les mercredi et vendredi jusqu’à 19h15.
Fermeture du 30 juin au 2 septembre 2014 inclus.

Par téléphone
01 40 20 55 00
Du lundi au vendredi (sauf mardi), de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.

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Documents liés

Programme détaillé de La Chaire du Louvre : "L’image de l’Autre", par Victor I. Stoichita

(pdf, 1.36 Mo)

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Restauration rapide

Un service de restauration rapide (boisson/sandwich) sera proposé sur place, entre 19h30 et 20h45, les jeudis 18 et 25 septembre, 2, 9 et 16 octobre 2014