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Films Christian Petzold en conversation avec Pierre Gras, suivi de la projection de « Gespenster » (Fantômes) de Christian Petzold

Cinéma

Entretien de Christian Petzold avec Pierre Gras, écrivain et enseignant en cinéma
suivi de la projection de Fantômes (Gespenster)

S’il est l’héritier naturel de ses aînés Fassbinder, Herzog et Wenders, Christian Petzold, figure majeure du jeune cinéma allemand, pionnier de l’école berlinoise, ne renie pas une certaine filiation avec leurs prédécesseurs, Murnau et Lang, avec lesquels il partage un même goût pour évoquer la réalité à travers les mythes. Avec ses portraits de personnages en quête de sens, le cinéaste, oscillant entre réalisme psychologique et fantastique, ne cesse de questionner les notions d’identité et d’Histoire, qu’il considère comme « un espace habité par des gens ». Il revient, avec Pierre Gras, sur quelques grands thèmes structurant la pensée allemande et divers aspects de l’identité culturelle allemande, notamment le cinéma des années 1920.

Christian Petzold est né en 1960 à Hilden. Après des études de lettres et d’art dramatique et un diplôme de l'Académie de cinéma et de télévision de Berlin, il devient critique de cinéma et assistant à la réalisation, notamment auprès de Harun Farocki et Hartmut Bitomsky. La ZDF et Arte lui commandent plusieurs courts métrages, téléfilms et documentaires. Avec Contrôle d’identité (2001), dont il écrit le scénario et qu’il réalise pour le cinéma, les critiques le qualifient d’emblée de chef de file de l'« école de Berlin », la « nouvelle vague » allemande. Suivent L'ombre de l'enfant (2003), Fantômes (2005), Yella (2007), inspiré de Carnival of Souls (1962, Herk Harvey) et Jerichow. En 2012, Barbara obtient l’Ours d’argent au 62e Festival international du film de Berlin.

Pierre Gras, ancien collaborateur de la Cinémathèque française, est écrivain et enseignant en cinéma. Il a consacré plusieurs articles au cinéma allemand contemporain, notamment dans les revues Cinéma et Trafic et est l'auteur de Good Bye Fassbinder ! Le cinéma allemand depuis la réunification paru en 2011 aux éditions Jacqueline Chambon.

 

Fantômes (Gespenster)
De Christian Petzold
All. / Fr., 2005, 85 min, coul., vostf., 35 mm
Avec Julia Hummer, Sabine Timoteo, Marianne Basler, Aurélien Recoing, Benno Fürmann, Anna Schudt, Claudia Geissler, Philipp Hauß, Victoria v. Trauttmansdorf, Peter Kurth
Scénario : Christian Petzold et Harun Farocki, Image : Hans Fromm, Montage : Bettina Böhler, Décors : Kade Gruber, Costumes : Anette Guther, Musique : Stefan Will et Marco Dreckkötter Mischung. Une coproduction Schramm Film Koerner & Weber avec Les Films des Tournelles · Bayerischer Rundfunk / ARTE · ARTE France Cinéma.

Françoise ne peut s’empêcher de revenir régulièrement à Berlin. Elle est à la recherche de sa fille qui y a été enlevée il y a des années et qui est portée disparue depuis. Pierre, le mari de Françoise, est arrivé de Paris pour être à ses côtés. Nina, une très jeune femme étrangement forte pour quelqu’un de perdu, a fait la connaissance de Toni, rebelle imprévisible et enflammée, voleuse qui se sert du monde et des gens, qui vit au jour le jour et cherche une complice. Elles sont proches l’une de l’autre pour un bref moment, un instant de bonheur.
Lors de ses déplacements dans la ville, Françoise fait la rencontre de Nina. Elle pense avoir retrouvé sa fille ...


« Les fantômes sont des apparences qui ne veulent pas disparaître totalement, car ils n’acceptent pas d’être morts […] ce sont des êtres du passé qui n’arrivent plus à rentrer dans le présent. Ils essaient désespérément de redevenir des êtres humains, mais plus personne n’a besoin d’eux. C’est quelque chose que j’ai étudié dans plusieurs de mes films ».  Christian Petzold.

A l’origine de Fantômes
« Très peu de contes des Frères Grimm commencent par Il était une fois .... On trouve un des plus beaux débuts dans La Fille du Roi et la Grenouille : Dans des temps très anciens, alors qu’il pouvait être utile de faire des vœux...

Deux choses sont à l’origine de Fantômes : Il y a plus d’un an, je me trouvais dans les Ardennes, à Sedan et Charleroi et dans un bureau de poste, j’ai vu des photos de jeunes filles disparues en France et en Belgique. Cela faisait longtemps que ces jeunes filles avaient disparu. Il y avait toujours la dernière photo qui avait été faite d’elles, puis une série de photos que l’ordinateur avait estimées et qui représentaient ces jeunes filles telles qu’elles auraient pu être il y a trois ans, deux ans et aujourd’hui. Ces portraits saisis à base de données informatiques avaient quelque chose de bizarre, de fantomatique. Sur ces photos, on voyait des visages dénués de vieillissement, sans marques sociales, bizarrement pâles, qui n’appartenaient pas à ce monde. Morts en fait. Des portraits de fantômes. Cette année-là, je lisais tous les soirs un conte de Grimm à ma fille. La plupart de ces contes sont brutaux, ils ont été écrits pendant la Guerre de Trente Ans, un monde terrible et sans repères. C’est ce monde que les contes racontent. Et ils essaient de consoler. Un des contes s’appelaient La petite chemise de la morte. Une fillette est morte à quatre ou cinq ans. La mère est inconsolable. Elle pleure jour et nuit. Soudain, elle entend des bruits dans la maison. Et elle voit son enfant mort, dans cette petite chemise, sa chemise mortuaire. Elle est là, assise à la table où elle avait l’habitude de prendre son petit déjeuner. Elle la voit jouer dans la pièce, dans le coin où elle avait l’habitude de jouer. Et où personne ne faisait plus rien depuis sa mort. Pendant quelques jours. La mère parle à sa fille qui est morte. L’enfant est désespérée. Maman, il faut arrêter de pleurer. Parce que sinon, je n’arriverai jamais à aller au ciel. Ton chagrin ne me laisse pas partir! Mais la mère pleure et n’arrive pas à la laisser partir. C’est seulement à la fin que la fillette parvient au ciel. C’est un conte terrible. Moins pour ma fille, qui croit au ciel comme toutes ses copines de sept ans. Elles s’imaginent que le ciel est un endroit où l’on fête un grand anniversaire pour les enfants.

C’est à partir de La petite chemise de la morte et de ces portraits fantomatiques qu’est née l’idée du film. Je me suis dit qu’une de ces jeunes filles dont j’avais vu le portrait-robot fait à base de données informatiques à la poste de Sedan vivait peut-être à Berlin. Et que sa mère la recherchait. »

Christian Petzold, décembre 2004

Cycle(s) : Les fantômes de la nuit
Evénement(s) : De l’Allemagne 1800 - 1939

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Informations pratiques

Lieu :
Auditorium du Louvre sous la pyramide.

Tarifs :
Tarif E : 6 euros, 5 euros (réduit), 4 ou 3 euros (solidarité et jeunes)

Réservations :
. Par téléphone : Au 01 40 20 55 00, du lundi au vendredi (sauf le mardi), de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.
. Sur place, à la caisse de l’auditorium, du lundi au samedi (sauf le mardi) de 9h à 17h30, jusqu’à 19h30 les mercredis et vendredis, et jusqu’au début des séances les soirs de programmation.

Informations :
01 40 20 55 55, de 9h à 19h du lundi au vendredi.
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