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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Construction et destruction d’une arcature romane à...

par Elise Merdy, Conseil général de l'Oise, Service archéologique départemental

L’abbatiale Saint-Germer-de-Fly se trouve à l’ouest du département de l’Oise dans ce que l’on appelle « le pays de Bray ». Créée au VIIe siècle par saint Germer, elle fut d’abord administrée par des bénédictins puis par des cisterciens. Jusqu’à nos jours, l’abbaye a connu de nombreux déboires et destructions tout au long des conflits dont la Picardie a été le témoin. Si l’on ne sait rien des édifices qui se sont succédés jusqu’au XIIe siècle, l’édifice actuel nous permet d’apprécier, en partie, une architecture appartenant à ce que l’on appelle la période de transition, période au cours de laquelle les éléments romans et gothiques ont été combinés et associés au sein d’un seul et même édifice, tant pour l’architecture que pour la sculpture. Sans être un exemple isolé, Saint-Germer-de-Fly constitue néanmoins un témoignage essentiel de cette période encore peu étudiée.

À l’occasion de restaurations engagées sur la façade de l’abbatiale, un fragment remarquablement conservé d’une arcature datant du premier quart du XIIe siècle a été mis au jour au sein des maçonneries, sur le côté nord. Les deux arcs principaux de cet ensemble ont été élaborés avec des claveaux calcaires biseautés sur les bords internes et l’extrados est encadré par un liseré. Les éléments les plus remarquables sont les sculptures qui occupent les retombées des arcs. Ainsi les chapiteaux sont ornés de végétaux qui sortent des gueules de monstres aux dents pointues, le dernier claveau de l’arc inférieur est sculpté d’une tête de dragon (?) lui aussi aux dents pointues et à longue chevelure, et enfin la retombée du liseré extérieur présente un claveau sur lequel est sculptée une tête de diable, quasi en ronde-bosse, aux dents pointues et tirant la langue. Fait exceptionnel, de la polychromie a été observée sur cet ensemble puisque on retrouve, entre autres, de l’orange sur la langue du diable, du marron sur ses sourcils et du noir dans ses orbites surcreusées.

Si les sources historiques prêtent à cet édifice une longueur supérieure à celle que l’on peut observer aujourd’hui, aucune trace archéologique ou architecturale n’est venue étayer cette hypothèse. La présence de cet ensemble au sein de la maçonnerie, entre le pilier nord de la façade ouest et le contrefort nord datant du XVIIe siècle, met en évidence une poursuite de l’édifice vers l’ouest d’au moins une travée. Son orientation, sa position dans la maçonnerie ainsi que la présence d’une feuillure sur l’intrados de l’arc inférieur tendent à le faire considérer comme une ouverture menant aux parties claustrales de l’abbatiale.

Après une licence d’histoire de l’art et d’archéologie au sein de l’Université de Lille-III, Elise Merdy a rejoint l’Université de Paris-I pour une spécialisation en archéologie médiévale et plus particulièrement en archéologie du bâti. Sous la direction de Florence Journot, son master  portait sur l’étude archéologique du bâti de la chapelle Saint-Etienne de Guer. Elle a poursuivi à l’Université de Rennes-I par une spécialisation en archéométrie orientée sur l’identification et l’étude des pierres de construction, sous la direction de Jean-Laurent Monnier et de Guirec Querré. Son mémoire s’intitule : « Archéologie du bâti et origine des matériaux : du nouveau pour la chapelle Saint-Etienne de Guer ». Parallèlement, elle a développé l’utilisation du SIG, logiciel de géolocalisation pour les relevés de bâti, et elle a présenté ce projet lors du colloque international du GMPCA (Groupe des méthodes pluridisciplinaires contribuant à l'archéologie) à Liège en 2011. En 2011 et 2012, elle a été responsable d’opérations au sein du service départemental d’archéologie de l’Oise, notamment à Saint-Germer-de-Fly.

 

 

 

Cycle(s) : Actualité de la recherche archéologique, 2013-2014

Informations pratiques

Lieu
Auditorium du Louvre

Accès
Métro : Palais-Royal / Musée du Louvre.
Entrée par la pyramide, le passage Richelieu ou les galeries du Carrousel.
Parking du Carrousel ouvert de 7h à 23h.
 
Entrée libre dans la mesure des places disponibles

Programme

Conférences de l’Actualité de la recherche archéologique

20 conférences en entrée libre : programme feuilletable en ligne

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