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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>de 10h à 18hLa tour de Babylone

sous la direction de Béatrice André-Salvini (Louvre), en liaison avec l’exposition « Babylone»

Ce colloque aborde les questions liées à l’architecture et à la topographie de l’ancienne Babylone, tout en faisant le point sur les travaux archéologiques des vingt dernières années.

Il propose également de nouvelles approches interprétatives, en même temps qu'il ouvre sur le projet utopique de l’un des architectes les plus originaux et créatifs du XXe siècle.

10h
Ouverture

10h10
Considérations historiques sur « La tour des langues »
par Béatrice André-Salvini, musée du Louvre
Pendant longtemps, l'emplacement de la tour de Babylone, connue par la Bible et les auteurs classiques, n'était pas identifié. C'est la recherche de ses vestiges qui détermina les premières visites du site dès le Moyen Age, puis le développement des études jusqu'à nos jours.

10h50
Les fouilles irakiennes de Babylone et le temple de Nabû-sha-Harê
par Antoine Cavigneaux, université de Genève


11h20
Les recherches archéologiques italiennes à Babylone
par Giovanni Bergamini, Museo Egizio, Turin
En 1974, l’Institut italo-irakien d’archéologie fut chargé de l’étude préliminaire du projet de restauration de Babylone. Après une prospection topographique épaulée par la photogrammétrie aérienne, puis une révision des données archéologiques du site, il fallut conclure que tout projet moderne allait rencontrer le même problème que la ville antique: l'eau. Les crues du réseau fluvial avaient contraint les rois néo-babyloniens à bâtir des quais plus élevés et solides, tandis que la montée de la nappe phréatique les avait conduits à rehausser les palais et les temples ainsi que les deux principales voies processionnelles, celle d’Ishtar vers le nord et celle de Nabû vers le sud. La tour même avait été reconstruite ex-novo à deux reprises à un niveau plus élevé. Rien ne subsiste de ce dernier bâtiment. Les fouilleurs allemands n’ont retrouvé que les vestiges d’une tour bien plus ancienne : à l’époque néo-babylonienne on ne pouvait pas drainer son sol, situé plus bas que le niveau moyen des eaux.
Les prospections et les fouilles menées entre 1987 et 1989 concernèrent une haute terrasse à côté de la porte d’Urash, au sud, d’où partait la voie processionnelle de Nabû, rehaussée elle aussi de 12 mètres. Sur la terrasse se dressait un grand bâtiment en briques cuites datant de Nabuchodonosor, désormais complètement démoli. L’occupation de la terrasse perdura à l’époque achéménide puis hellénistique. Du temps des Parthes, ce n’était plus qu’une nécropole. Malheureusement, les événements n’ont pas permis de poursuivre ce travail d’exploration.

12h
La Porte des Dieux : la topographie cultuelle de Babylone d’après les textes cunéiformes
par Andrew R. George, School of Oriental and African Studies, Londres

Babylone fut le centre religieux le plus important du premier millénaire avant notre ère. Ses édifices religieux et sa topographie cultuelle ont donc suscité un grand intérêt chez les érudits de l’Antiquité. Au cours des trente dernières années, on a pu reconstituer bon nombre de leurs écrits et ceux-ci ont considérablement enrichi notre connaissance de l’organisation de la cité. On verra comment ces écrits ont permis de situer précisément les portes et principaux quartiers de la ville, d’identifier par leur nom plusieurs temples aux attributions jusqu’alors incertaines, et même de repeupler de leurs divinités respectives des sanctuaires que les archéologues avaient retrouvés vacants, voilà un siècle. Enfin, il sera évoqué de récentes découvertes concernant la célèbre tour de Babel.

15h
Cerner Babylone : passé et présent du territoire de la ville vu du ciel
par Carlo Lippolis, Centro Ricerche Archeologiche e Scavi, Turin
A partir des images satellitaires du site de Babylone prises avant et après la dernière guerre (2003), des photographies aériennes et de la carte topographique irakienne (années 1980), ainsi que du relevé topographique de la mission allemande (années 1920), il s’est agi de mettre en évidence les changements que l’on peut repérer aujourd’hui sur le terrain par rapport aux époques antérieures. Les travaux de construction, de restauration et de conservation du régime de Saddam Hussein ont profondément altéré la configuration topographique de l’ensemble du secteur central de la ville. Depuis 2003, le paysage archéologique a subi de nouveaux dommages. L’examen des traces de ces récents « désordres » donne cependant aux archéologues l’occasion de rechercher de précieux indices de terrain pour l’étude de l’urbanisme et de l’environnement anciens. En présentant plusieurs exemples d’une recherche interdisciplinaire, encore à l’état d’ébauche, qui combine l’analyse archéologique et l’interprétation de relevés obtenus par photographie aérienne, un bilan sera fait des moyens qui permettent actuellement d’identifier les strates successives du tissu urbain, de saisir leurs relations et d’éclairer les étapes historiques du développement de Babylone.

15h40
Le palais de Nabuchodonosor : problèmes d’architecture et de fonctionnement
par Jean-Claude Margueron, Ecole pratique des hautes études, Paris

Une approche rapide de l’histoire de la découverte permettra de souligner en quoi la mise au jour de ce palais au début du XXe siècle par l’équipe de Koldewey apparaissait comme un monument exceptionnel et a peut-être faussé l’idée que l’on pouvait s’en faire. On  soulignera comment l’organisation générale du palais dit de Nabuchodonosor - simple en apparence avec ses cinq unités, structuralement identiques et disposées en enfilade- est en réalité bien plus complexe dans le détail, et surtout combien le fonctionnement de cet édifice ne s’impose en aucune façon. On s’interrogera aussi sur les fonctions de chacune des parties et tout particulièrement sur la salle du trône. On cherchera à préciser, à partir des informations archéologiques, l’histoire du bâtiment et tout particulièrement à quel moment appartient le niveau que l’on attribue en général au grand souverain Nabuchodonosor. Enfin on s’appliquera à retrouver, derrière les ruines existantes, l’organisation architecturale réelle de l’édifice et son apparence, c’est-à-dire son véritable volume.

16h20
La tour de Babel : une ziggurat à repenser ?
par Juan Luis Montero-Fenollós, université de La Corogne
Depuis sa découverte en 1913, la tour de Babel a nourri un débat entre les spécialistes en architecture de la Mésopotamie. La discussion s’est concentrée sur trois aspects formels du célèbre monument : la hauteur totale du bâtiment, le système d’accès à celui-ci et la forme du temple qui en occupait le sommet. Cette communication se propose de rouvrir ce dossier scientifique et de mener une réflexion sur ces trois aspects de la grande construction sacrée bâtie par les Babyloniens. Une autre hypothèse de reconstruction de la tour de Babel pourrait être possible. 

17h
Le projet de la « Nouvelle Babylone » de Frank Lloyd Wright
par Philip D. Allsopp, RIBA, The Frank Lloyd Wright Foundation, Scottsdale (Arizona)
Les quatre-vingt-douze dessins de Bagdad –  le plan général de la ville, avec ceux de plusieurs édifices et de diverses structures – constituent une tentative sans précédent en direction d’une civilisation elle-même unique en son genre, alliage concret de la sensibilité du XXe siècle avec les formes héritées de Sumer, de Babylone, du christianisme et de l’islam. La conception de Wright demeure sans équivalent, tant par l’attention qu’elle manifeste à l’égard de ces cultures, que par la volonté d’élaborer pour la ville une expression tangible de l’ensemble des valeurs culturelles que représentait l’Irak des années cinquante. 
Wright se rendit en Irak en 1957 pour envisager avec les responsables du Bureau du Développement le projet de construction de l’opéra de Bagdad. Initialement, le Bureau prévoyait de l’édifier dans le centre-ville. Cependant, alors que son avion amorçait sa descente, Wright avait remarqué sur le Tigre un banc de sable encore inoccupé, « l’Ile du Cochon ». Il estima que cet emplacement était le bon, mais on lui répondit que l’île appartenait à la Maison royale. Il demanda  audience au souverain pour lui exposer ses raisons. Au terme de l’entretien, Fayçal II se tourna vers lui : « Mr. Wright, dit-il, l’île vous appartient ». Appelé à Bagdad pour cette seule commande, il en repartit avec plusieurs autres : deux musées sur le même site, un grand bazar, un casino, une nouvelle université sur la péninsule adjacente et les bâtiments du bureau de poste télégraphique dans le centre-ville.

Cycle(s) : La tour de Babylone
Evénement(s) : Babylone, mythes et réalité, Babylone, mythes et réalité

Informations pratiques

Lieu

Auditorium du Louvre

Entrée libre dans la mesure des places disponibles