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Collections, départements et domaine Département des Antiquités orientales

Le cadre historique et géographique traditionnel de nos collections couvre une période de neuf mille ans allant de la Préhistoire au début de l’époque islamique, et un territoire dont les confins vont de l’Afrique du Nord à l’Indus et à l’Asie Centrale, et de la mer Noire (l’Anatolie) à la péninsule Arabique (jusqu’à l’océan Indien).

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Les collections et leur formation

Le département présente, dans la formation de ses collections – qui comptent plus de 100 000 objets – une originalité par rapport aux autres départements du Louvre : il est lié à la recherche archéologique qui fut d’ailleurs le motif déterminant de sa création. La France fut pionnière dans le domaine de l’archéologie au XIXe siècle, par le biais de ses consuls ou de ses érudits envoyés dans l’Empire Ottoman et en Perse. La volonté d’explorer la Terre Sainte et tous les lieux mentionnés dans la Bible et dans les récits des auteurs classiques fut à l’origine de la naissance des collections orientales du Louvre. C’est en Mésopotamie que les premières explorations eurent lieu. Paul‐Emile Botta, consul de France à Mossul, ressuscita la civilisation assyrienne par ses fouilles à Khorsabad en 1843‐1845. Le premier « Musée Assyrien » fut inauguré le 1er mai 1847 et rattaché au département des Antiques. Il fut complété par les fouilles de Victor Place, quelques années après Botta. En 1877, Ernest de Sarzec découvrit les Sumériens en fouillant le site de Tello en Mésopotamie du sud. L’arrivée au Louvre des premières antiquités sumériennes de Tello en 1881 ‐ et notamment les statues de diorite sombre représentant Gudea, prince de Lagash ‐ détermina la création du département des Antiquités Orientales. La section mésopotamienne s’enrichit peu à peu dans la première moitié du XXe siècle grâce aux fouilles notamment de l’assyriologue François Thureau‐Dangin dans le palais assyrien provincial du VIIIe siècle av. J.‐C. de Til Barsip/Tell Ahmar en Syrie orientale ; également par ses recherches à Arslan Tash, capitale d’un royaume de Syrie du Nord rattaché ensuite à l’Assyrie. L’apport le plus important vient des fouilles d’André Parrot qui, à partir de 1933, mit au jour Larsa, une ancienne capitale du Pays de Sumer ; et principalement Mari, ville du Moyen Euphrate syrien, siège de dynasties qui firent le lien entre les civilisations de Mésopotamie et du Levant au IIIe et au début du IIe millénaire.
Babylone entra au Louvre avec le « Code de Hammurabi » retrouvé lors des fouilles du site de Suse, en Iran. Déporté par un prince du pays voisin d’Elam, au XIIe siècle av. J.‐C., le monument fut exposé sur l’Acropole de Suse. C’est là que les pionniers de la Mission archéologique française à Suse retrouvèrent toute la grande sculpture mésopotamienne qui fait du Louvre un conservatoire d’Akkad, de Sumer et de Babylone. Des réglementations et accords bilatéraux sur les Antiquités furent mis en place dans l’Empire Ottoman et en Perse à la fin du XIXe siècle, établissant des modalités de partage des antiquités recouvrées.

L’Iran ancien est représenté au Louvre grâce aux fouilles de la métropole de Suse, fondée vers 4000 av. J.‐C. Nos collections couvrent toute son histoire qui culmine avec les grands rois de l’Empire perse, Darius et Xerxès et le décor de leur palais, construit vers 500 av. J.‐C. Marcel Dieulafoy, parti à la recherche des sources de la culture occidentale, explora ce palais en 1885‐1886 et rapporta au Louvre les premiers éléments de son décor polychrome dont la présentation fut inaugurée en 1897. Son travail à Suse fut continué par la Délégation française en Perse, créée en 1898 par Jacques de Morgan et poursuivi jusqu’à la veille de la guerre Irak‐Iran en 1979. La collection d’objets de Suse et d’autres régions d’Iran s’enrichit par le biais du produit des fouilles françaises – le principe du partage s’étant maintenu jusqu’en 1973 – grâce notamment à l’exploration de sites du Plateau Iranien – Tepe Giyan et Tepe Sialk – dès 1931, par Roman Ghirshman, qui explora également la ville royale de Tchoga Zanbil, près de Suse, de 1947 à 1967. Diverses donations permirent au département d’acquérir des collections d’Iran du Nord.

La formation de nos collections du Levant – de Syrie, Liban (Phénicie), de Palestine, de Chypre et d’Anatolie – a une origine aussi ancienne. En 1860, l’expédition militaire au Levant envoyée par Napoléon III fut doublée d’une mission archéologique dirigée par Ernest Renan. Il explora de nombreux sites où il découvrit une importante collection d’antiquités phéniciennes. Il envoya au Louvre le noyau de sa collection phénicienne, comportant des pièces provenant essentiellement de Byblos, Tyr et Sidon d’où vient notamment une importante série de sarcophages. La longue inscription du sarcophage du roi Eshmunazor de Sidon, rapporté par le duc de Luynes en 1855, fit progresser la connaissance de la langue phénicienne. Le but de ces missions était hautement scientifique et ceprincipe régla le choix des Antiquités envoyées au Louvre. Pierre de Ségur‐Dupeyron, consul de France à Damas, avait rapporté, dès 1846, deux têtes funéraires du site de Palmyre, dans le désert syrien. Ce furent les premières antiquités palmyréniennes à entrer au Louvre avant que des dons et achats dans les grandes collections privées qui se formèrent alors par suite de l’intérêt scientifique porté à ces régions, ne viennent enrichir cette collection, parmi d’autres. Au lendemain de la Grande Guerre (1914‐1918), la France, alors puissance mandataire en Syrie, organisa l’exploitation et la conservation des monuments, suscitant une activité archéologique importante dont le site de Ras Shamra, l’antique Ugarit sur la côte syrienne, près de Lattaquié, fouillé à partir de 1929 par la mission française dirigée par Claude Schaeffer, ce qui valut au Louvre des monuments attribués par partage jusqu’en 1939. Le site, comme celui de Mari sur l’Euphrate, est encore fouillé par une mission française. Dans les pays issus de la réorganisation de l’Empire Ottoman après 1918, sous mandat français et anglais, le partage eut lieu jusqu’à la seconde guerre mondiale. Toutefois, les derniers objets issus de fouilles françaises entrés au Louvre selon ce principe proviennent du site de Meskene/Emar en Syrie, fouillé par Jean‐Claude Margueron entre 1972 et 1976 et qui révéla une civilisation originale du XIIIe siècle av. J.‐C. Dans le cadre de la Campagne de Sauvegarde des Antiquités de l’Euphrate, le Gouvernement syrien autorisa, à titre exceptionnel, le partage du matériel retrouvé par les missions étrangères dans la zone inondable. Le lot attribué à la France est entré au Louvre en 1980.

En Palestine, Félicien de Saulcy explora le « Tombeau des rois », à Jérusalem dans les années 1860. Après le duc de Luynes, Charles Clermont‐Ganneau – consul de France à Jérusalem – déploya une activité de recherche et d’études ; en 1873, il estampa, puis acheta pour le Louvre les débris d’une stèle de basalte rapportant la victoire de Mesha, roi de Moab sur le royaume d’Israël, après la mort d’Achab, au IXe siècle av. J.‐C. En Israël, des fouilles entreprises après la guerre par Jean Perrot sur le site de Beersheba dans le Négeb témoignent d’une civilisation pastorale remontant au milieu du IIIe millénaire av. J.‐C.. Les objets quotidiens venant de Tell el Far’ah sont le fruit des fouilles du Père Roland de Vaux de l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem (EBAF); ils remontent à la monarchie israélite puisque ce nom recouvre celui de l’ancienne Tirsa, première capitale du nord après la séparation qui suivit la mort du roi Salomon au Xe siècle av. J.‐C. Des dons et dépôts du Département des Antiquités d’Israël complètent ponctuellement les collections.

À Chypre, le marquis Melchior de Vogüé, en mission en 1862 et 1864, rapportait les premières collections d’Antiquités chypriotes parmi lesquelles le monumental vase de pierre d’Amathonte qui s’élevait sur l’acropole devant le sanctuaire d’Aphrodite (VIIe‐ IVe siècle av. J.‐C.). La majorité de la très importante collection d’antiquités chypriotes du Louvre vient des fouilles entreprises par Claude Schaeffer dans la nécropole de Vounous à dater vers 2300 av. J.‐C., et sur le site portuaire d’Enkomi, près de Salamine, dont le contenu des tombes témoigne de la prospérité aux XIIIe‐XIIe siècles av. J.‐C.

Anatolie, Arabie, Afrique du Nord ... Des missions effectuées par Ernest Chantre de 1892 à 1894 permirent l’entrée au Louvre d’une série d’antiquités anatoliennes, qui furent complétées par divers dons et acquisitions de collections particulières à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ce qui est également le cas pour les importants fonds puniques et sud‐arabiques qui bénéficièrent en outre de dépôts des collections de la Bibliothèque nationale de France et de l’Académie des Inscriptions et Belles‐Lettres. Les collections du département s’accrurent en outre par des donations ou des achats de pièces conservées dans des collections privées ou apparues anciennement sur le marché des antiquités, permettant de compléter des séries et d’en créer de nouvelles, dans un souci de regrouper des témoins de toutes les provinces culturelles de l’ancien Orient. Actuellement, la situation troublée au Moyen‐Orient affecte notre capacité d’enrichissement. Nos accords de coopération bilatérale avec les pays du Proche‐Orient permettent des prêts ou dépôts d’œuvres au Louvre, ce qui semble être le moyen le plus satisfaisant pour conserver au département sa valeur encyclopédique unique, fondamentale pour la pédagogie et la recherche. Cela permet au Louvre, en outre, de pouvoir exposer des œuvres inédites et impossibles à obtenir autrement. C’est dans ce cadre qu’un accord avec le Royaume hachémite de Jordanie a permis la mise en dépôt à long terme d’une statue en gypse trouvée lors des fouilles du site d’Ain Ghazal, datant d’environ 7000 av. J.‐C., entrée au département en 1997. Ce développement permet de préserver le lien fondamental avec l’archéologie, pour lequel les conservateurs furent des pionniers et sur lequel fut fondée une collection qui restitue – mieux que nulle autre – toute l’histoire du Proche‐Orient ancien.

Présentation des collections

Le cadre historique et géographique traditionnel de nos collections couvre une période de temps allant de la Préhistoire au début de l’époque islamique, et un territoire dont les confins vont de la Méditerranée à l’Indus et à l’Asie centrale, et de la mer Noire (l’Anatolie) au sud de la Péninsule Arabique. La diversité des collections du département des Antiquités Orientales lui donne un prestige particulier parmi les autres grands musées du monde. L’ampleur de ces collections en permet une mise en valeur reposant sur une approche historique, chronologique, seule susceptible de créer un lien entre les civilisations représentées et de donner une cohérence à ce patrimoine exceptionnel. L’histoire de la recherche fit privilégier dans le parcours muséographique une répartition en trois grandes régions géographiques et culturelles : l’antique Mésopotamie entre Tigre et Euphrate qui fut l’objet des premières fouilles ; le monde Iranien jusqu’à l’Asie centrale ; et les régions à l’ouest de l’Euphrate : le Levant méditerranéen auquel se rattache Chypre aux époques anciennes, l’Anatolie et la Péninsule Arabique, ainsi que les développements de la civilisation phénicienne en Afrique du Nord. A l’intérieur de ces aires géographiques, la visite se fait dans l’ordre chronologique, puisque la richesse des collections permet de présenter un parcours historique. Certaines zones charnières sont présentées dans deux sections, comme le Moyen‐Euphrate, représenté à la fois avec la Mésopotamie [salles 1 et 3] et dans le Levant [salle C].

L’attribution au musée du Louvre de l’aile Richelieu a été l’occasion d’un redéploiement muséographique des collections du département. La première phase, inaugurée en 1993, présente dans cette aile le circuit mésopotamien complet, autour essentiellement des salles sumériennes, du code de Hammurabi et de la cour de Khorsabad [salles 1 à 6], et les débuts du circuit de l’Iran [salles 7 à 10]. L’aile ouest de la cour Carrée a également été ouverte en 1993 avec le circuit du Levant et de Chypre depuis les origines jusqu’à la période phénicienne des débuts du 1er millénaire [salles A à D].
La deuxième phase, réalisée grâce à la générosité de la Fondation Mortimer et Thérésa Sackler et inaugurée en 1997, concerne l’aile nord de la cour Carrée désormais appelée « aile Sackler des Antiquités Orientales ». Dans sa partie ouest, le circuit de l’Iran se poursuit avec les collections de l’âge du fer (Ier millénaire av. J.C.), une évocation du palais perse de Darius 1er à Suse et des empires parthe et sassanide. La moitié est de l’aile nord comporte les salles du Levant tardif, depuis l’époque perse jusqu’à la conquête d’Alexandre, avec les sarcophages royaux de Sidon. Les Phéniciens en Occident sont représentés par Carthage et l’Afrique du Nord punique. Les dernières salles sont consacrées aux civilisations de l’Arabie avant l’Islam (VIIe siècle av. ‐ IIIe siècle ap. J.C.) – essentiellement du Yémen et du Hauran – et aux cités caravanières de Syrie (Palmyre et Dura Europos). Enfin, les collections de Chypre au 1er millénaire av. J.‐C. s’organisent autour du monumental vase d’Amathonte.
Une troisième phase prévoit dans l’aile Denon des présentations communes aux trois départements d’antiques autour des collections de l’Orient romain (automne 2012). Outre le projet des trois Antiques, il faut prévoir la réouverture de la salle anatolienne, fermée depuis fin 2003. Les travaux engagés pour la construction des escaliers Marengo vont impliquer la mise en réserve d’une partie de la collection et la perte d’espaces pendant une période assez longue. La réouverture sera contemporaine d’autres grands chantiers comme l’ouverture du Louvre‐Lens.

Informations pratiques

Centre de documentation du département
Contact : marianne.cotty@louvre.fr
Tél. : 01 40 20 68 30 ou l’après-midi : 01 40 20 59 66

Horaires : du lundi au vendredi, de 13h30 à 17h30
Droit d'accès : libre
Se munir d’une pièce d’identité
Lieu : Pavillon Mollien, 1er étage