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Collections, départements et domaine Le Pavillon des Sessions

Le département des Arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques (dit aussi le département des Arts premiers) est établi dans l’ancien Pavillon des Sessions au musée du Louvre. Il est situé au rez-de-chaussée à l’extrémité sud-ouest du palais. L’accès se fait soit directement par l’entrée de la Porte des lions, soit depuis la pyramide en traversant les collections italiennes de la Grande Galerie qui longe la Seine jusqu’aux collections espagnoles où un escalier descend vers cette présentation d’œuvres extra-européennes.

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  • Présentation

La sélection des 108 chefs-d’œuvre sculpturaux présentés est gérée par le musée du quai Branly. La plupart lui appartiennent, provenant du laboratoire d’ethnologie du Muséum national d’histoire naturelle ou du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie. Certaines ont été acquises dans le cadre de la création de cette présentation au Pavillon des Sessions. Quelques-unes sont des prêts de musées français ou étrangers, telles les œuvres en terre cuite de la République fédérale du Nigéria. Certaines œuvres sont anciennes, pouvant remonter à plusieurs siècles avant J.-C., tandis que d’autres sont datées du début du XXe siècle.

Un aménagement épuré des salles

Les salles, aménagées par J. M. Wilmotte, ont été inaugurées en avril 2000, constituant ainsi une antenne du musée du quai Branly qui n’avait pas encore ouvert ses portes (juin 2006). Les chefs-d’œuvre du musée du quai Branly continuent à jouer ce rôle d’ambassade au sein du musée du Louvre, c’est-à-dire dans l’un des plus grands musées des beaux-arts classiques au monde.
L’architecture intérieure de ce lieu de 1 200 mètres carrés a été conçue de manière à conserver une continuité avec le reste du musée du Louvre. Le visiteur y perçoit un espace épuré, aux volumes simplifiés, aux cloisonnements limités, baigné de lumière tamisée par des écrans en maille de bronze argenté. Les œuvres sont présentées dans leur pleine dimension, dans une scénographie aérée permettant pour la plupart de les visionner sous tous leurs angles.

Un choix muséographique de Jacques Kerchache

Né en 1942 à Rouen et mort en 2001 à Mexico, Jacques Kerchache était un connaisseur à l’œil réputé infaillible, le conseiller des plus grands collectionneurs, et surtout un grand militant de la cause des arts non européens.
Il effectua de nombreux voyages d’études entre 1959 et 1980 à travers le monde afin de dresser un inventaire critique des grandes collections de sculptures. Galeriste à Paris, il rencontra Max-Pol Fouchet et André Breton qui l’influencèrent considérablement. Il participa en tant que consultant ou commissaire à de nombreuses expositions à travers le monde, effectua l’expertise de grandes collections d’art africain comme celle de Picasso. Auteur de nombreux articles sur la sculpture, il fut notamment le maître d’œuvre d’un ouvrage de référence en collaboration avec Jean-Louis Paudrat et Lucien Stéphan L’Art africain, éditions Citadelles et Mazenod en 1988.
En 1990, il lança un manifeste intitulé « Pour que les chefs-d’œuvre du monde entier naissent libres et égaux » afin qu’une huitième section au Louvre soit consacrée aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. En 1996, il fut nommé conseiller scientifique de l’établissement public pour le futur musée du quai Branly par le Président de la République, Jacques Chirac.
Jacques Kerchache assura la sélection des sculptures présentées au Pavillon des Sessions. Chaque œuvre fut choisie en fonction de son exemplarité et non pour son histoire, son pays d’origine, sa patine, son ancienneté, la rareté de sa matière ou sa monumentalité mais pour l’intégrité de l’artiste, son projet, son geste et ses propositions plastiques. Chaque œuvre témoigne du meilleur qu’une culture peut offrir. Le Pavillon des Sessions ne se veut pas un « musée idéal » ou un condensé de l’histoire culturelle de quatre continents. Il cherche plutôt à être un lieu de reconnaissance légitime de l’art de peuples longtemps méconnus ou sous-estimés qui représentent les quatre cinquièmes de l’humanité. Leur entrée au Louvre marque un tournant dans l’histoire du regard que l’Occident porte sur les arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.
Les choix muséographiques de Jacques Kerchache préfigurent les grands principes qui ont présidé à la conception du musée du quai Branly. Ainsi, les quatre grandes aires géographiques sont présentent et communiquent entre elles : le visiteur passe d’une aire à l’autre en suivant un parcours géographique à travers le monde, depuis l’Afrique vers l’Asie, continuant en Océanie et se terminant par l’Amérique du Sud puis l’Amérique du Nord. Pour compléter la valeur esthétique mise en avant, la connaissance et la compréhension des œuvres est accessible par divers supports. De grandes cartes géographiques sont affichées à l’entrée de chaque aire afin de situer immédiatement l’origine de toutes les œuvres. Des fiches signalétiques consacrées à chacune des œuvres complètent l’information donnée par les cartels. Enfin, un dispositif multimédia, situé près de l’aire d’Océanie, permet d’accéder à des informations complémentaires sur l’histoire, le contexte, l’usage et la société d’origine des objets présentés. L’approche se veut ainsi autant esthétique qu’ethnographique.

Un retour au Louvre pour certaines œuvres, une arrivée au Louvre souhaitée depuis un siècle

Dans l’histoire du Louvre, l’art des civilisations extra européennes n’a pas toujours été absent. En 1827, sous le règne de Charles X y est créé un musée de Marine et d’Ethnographie, alors appelé musée Dauphin. On y vient admirer les pièces « exotiques » rapportées par les grands explorateurs comme Cook ou Lapérouse, des objets considérés comme de simples « spécimens ethnographiques ». Jules Ferry décide d’écarter « du domaine de l’art, l’histoire des mœurs et coutumes ». C’est ainsi qu’en 1878 est créé le musée ethnographique du Trocadéro qui rassemble les collections du musée Dauphin, du musée de Saint-Germain-en Laye, de la Bibliothèque Nationale, de la Bibliothèque Sainte-Geneviève… L’approche exclut alors toute considération esthétique pour se concentrer sur la valeur scientifique.
En 1905-1906, les artistes d’avant-garde (fauves, cubistes, expressionnistes…) font évoluer le regard sur ce qu’ils appellent « l’art nègre » (incluant l’art africain et l’art océanien). C’est à cette époque, en 1909, qu’Apollinaire exprime le souhait suivant : « Le Louvre devrait accueillir certains chefs-d’œuvre exotiques dont l’aspect n’est pas moins émouvant que celui des beaux spécimens de la statuaire occidentale ». D’autres le suivront tout au long du siècle, tel Claude Lévi-Strauss qui déclarait en 1943 : « L’époque n’est pas lointaine, sans doute, où les collections provenant de cette partie du monde quitteront les musées ethnographiques pour prendre place dans les musées des Beaux-arts », ou encore André Malraux en 1969 qui affirme dans L’intemporel : « Beaucoup veulent l’art nègre au Louvre où il entrera ».

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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