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Work Flowers in a Crystal Vase Standing on a Stone Pedestal, with a Dragonfly
Department of Paintings: Dutch painting
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Flowers in a Crystal Vase Standing on a Stone Pedestal, with a Dragonfly
© 1995 RMN / René-Gabriel Ojéda
Paintings
Dutch painting
This is one of two paintings by the artist given to Louis XIV by the marquis de Beringhem (the other one is in room 37), evidence of Mignon's fame at the end of the 17th century. The painting's decorative effects (dark background, flowers spread out, stems with linear effects) are strongly influenced by Jan Davidsz. de Heem (see the latter's paintings in the Louvre), but the rendering of texture is incomparable. The most extraordinary example of this is the crystal vase, with its fascinating reflection of a window.
Un bouquet splendide et raffiné
D’un vase transparent posé sur un rebord de pierre, jaillit un bouquet harmonieux, où se mêlent joyeusement mais avec recherche, des fleurs, des fruits et même, discrètement, des légumes. Parmi les fleurs représentées, toutes sortes de variétés familières : des pavots, des roses, des tulipes, des hortensias, des pivoines, des œillets, des liserons, un iris majestueux, et d’autres encore, à peine identifiables, asters peut-être ? primevères ? graminées ? mêlées malicieusement à des épigelles de blé mûr, une branche d’où pend une orange, des mûres, et … une branche de petits pois. Plusieurs insectes sont venus rendre visite à cette végétation opulente, attirés peut-être par ses parfums. En effet, en bas, au milieu sur un épi de blé s’est posé un premier papillon, puis un autre de profil cette fois, noir et orangé, probablement un vulcain, s’est suspendu la tête en bas à la tige d’un ombellifère. Tout en haut, une libellule s’approche d’un énorme pavot, tandis que tout à fait à droite, en bas et à l’opposé, un papillon plus grand, brun rouge, très reconnaissable à ses ocelles cerclés de noir et de jaune, un paon du jour semble-t-il, se déploie près d’une rose. Un petit escargot a, quant à lui, entrepris d’escalader le rebord de pierre, tandis qu’une chenille ondule sur la tige d’une grosse pivoine qui a basculé sur l’entablement.
Un enchantement pour le regard et une leçon de « vanités »
Cet artiste s’est consacré presque exclusivement à la peinture de fleurs, de fruits, d’insectes et d’oiseaux, à l’exception cependant de quelques portraits. Et l’un des procédés remarqué et souvent utilisé par celui-ci dans ses natures mortes, consiste à représenter au centre de la toile, des fleurs plus importantes et ramassées, des roses rouges ou blanches par exemple, et à ordonner autour d’elles toutes les autres variétés, l’ensemble se détachant par ailleurs de manière fréquente sur un fond sombre. A l’art consommé de la représentation florale s’ajoute ici le jeu subtil de la lumière qui se dévoile dans le reflet d’une fenêtre sur le vase en verre rempli d’une eau claire : une grande baie vitrée apparaît sur la partie gauche, reflétée à nouveau en bas à droite. Les accents de lumière se poursuivent en légers reflets sur l’entablement et dans les gouttelettes d’eau au pied du vase. S’ajoute d’autre part à cette représentation, une dimension symbolique de « vanité ». Le peintre introduit à dessein de petits insectes tels un escargot, animal terrestre, le papillon, évocation habituelle de la Rédemption, et des éléments végétaux comme l’épi de blé, allusion eucharistique à la Cène. Et puis ça et là, les fleurs se penchent, alourdies, commencent à faner même et perdent quelques pétales, comme une mise en demeure sur la précarité de la vie terrestre, une interpellation sur son caractère éphémère.
Les peintres de natures mortes
La famille d’Abraham Mignon émigra en Allemagne pour des raisons religieuses et dans sa ville natale, Francfort, cet artiste germano-hollandais fit son apprentissage auprès du peintre de natures mortes et marchand de tableaux allemand Jacob Marrell (1613/14-1681). Accompagnant ce dernier à Utrecht vers 1664, les deux artistes s’inscrivirent à la Guilde de saint Luc en 1669, une corporation très prisée à cette époque, et qui offrait une sécurité économique, une garantie et un soutien aux artistes. Il entra par la suite dans l’atelier de Jan Davidsz De Heem (1606-1683/84), abordant alors tables servies, nature mortes, bouquets, ces mêmes sujets lui donnant l’occasion de rivaliser avec le maître dans la perfection travaillée, la touche impeccable et raffinée. Il fut ainsi l’un de ses suiveurs les plus estimés, même si parfois le peintre s’écarta de son influence pour se rapprocher davantage de la peinture de Willem van Aelst ou encore des peintures de plantes et d’animaux, comme celles d’Otto Marseus van Schrieck.
Bibliography
- FOUCART Jacques « Notice pour l’Audioguide et le DVDRom », 1998- FOUCART Jacques, Catalogue des peintures flamandes et hollandaises du musée du Louvre, Paris, Gallimard/Musée du Louvre éditions, 2009, p. 185
Technical description
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Abraham MIGNON (Frankfurt am Main, 1637 - Utrecht, 1679)
Flowers in a Crystal Vase Standing on a Stone Pedestal, with a Dragonfly
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H. 0.88 m; W. 0.68 m
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Collection of Louis XIV (gift of the marquis de Beringhem between 1683 and 1695)
INV. 1556
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Richelieu wing
2nd floor
Holland, mid-17th century
Room 36
Practical information
The Louvre is open every day (except Tuesday) from 9 a.m. to 6 p.m.
