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Entretiens du Louvre

Cette série se propose d'exposer les réflexions de grands historiens d'art sur leur discipline. L'histoire de l'art est le fait de personnalités fortes ; chaque film présente un portrait et l'histoire d'une vie de recherches passionnées.

« Ces films se veulent des rencontres, rencontres avec des hommes, rencontres avec des idées, rencontres avec des méthodes. (…) Tout en se servant des moyens du cinéma, de ses capacités d’évoquer le passé et souvent même l’invisible, ces films amènent le spectateur à se trouver face à face, en tête à tête avec l’historien d’art ». (Michel Laclotte, ancien président directeur du musée du Louvre.)

Les métamorphoses de Jurgis Baltrusaïtis (Sandra Joxe, 1989)

Diffusé sur FR3, émission « Océaniques », le 16 novembre 1989

Quand ce film a été tourné, Baltrusaitis était à la fin de sa vie. Et c’est un homme âgé, fragile, tourné vers l’intérieur et vers la réflexion qu’il nous livre. Né en Lithuanie au début du XXe siècle, il a vécu en secret et souvent solitaire à l’écart des modes et des institutions. Mais peu à peu son travail s’est imposé comme l’une des recherches les plus fécondes et les plus originales en histoire de l’art. D’abord médiéviste, il s’oriente, à partir des années cinquante, vers l’études des aberrations, des perspectives dépravées, bref des marges dans lesquelles il découvre les « deux constantes antinomiques (de l’art) – le dérèglement et la règle (qui) en définissent la poésie et la singularité ». D’où son travail sur les anamorphoses, les monstres et les démons, les drôleries, bref tous les désordres ou les champs exotiques de la pensée artistique.

 

André Chastel, un sentiment de bonheur (Edgardo Cozarinsky, 1990), 52’

Diffusé sur Arte, le 29 novembre 1993

André Chastel (1912-1990) fut l’un des plus éminents spécialistes internationaux de la Renaissance italienne à laquelle il consacra la plus grande partie de son œuvre. Dans ce film réalisé chez lui à la fin de sa vie, il nous parle de son travail d’historien de l’art et de son amour pour l’Italie, - et l’on découvre avec lui que l’intelligence des faits artistiques nécessite une sensibilité toujours en éveil et que l’érudition et la rigueur n’excluent nullement le plaisir, mais au contraire l’intensifient.

 

Charles Sterling, un chasseur dans la nuit médiévale (Richard Copans, 1990), 45’

Diffusé sur la Sept le 17 avril 1990 et sur Arte le 22 novembre 1993

Grand spécialiste de la peinture du Moyen Âge, Charles Sterling (1901-1991) a su tirer de l’oubli et parfois de l’anonymat un grand nombre d’œuvres de cette époque : c’est lui (avec Nicole Reynaud) qui a identifié le Maître de Moulins à Jean Hey, c’est lui aussi qui a rendu la célèbre Pieta d’Avignon (Louvre) à Enguerrand Quarton… Dans ce film réalisé à la fin de sa vie à partir d’entretiens avec Michel Laclotte, alors directeur du musée du Louvre, Charles Sterling parle de ce travail si particulier d’attribution, où le flair n’est pas moins indispensable que l’érudition. Il évoque aussi certains épisodes marquants de sa longue carrière d’historien de l’art, en France et aux Etats-Unis.

 

Francis Haskell, questions de goût (Renan Pollès, 1990), 43’

D’origine britannique, Francis Haskell est véritablement un historien de l’art européen, parfait connaisseur des cultures française et italienne. Homme de recherche, il préfère « la pénombre et la douce solitude des siècles passés » à la lumière des projecteurs. Il a cependant accepté que Renan Pollès le suive dans un itinéraire qui nous mène de Cambridge à Rome, à travers les musées, églises, bibliothèques et archives qui sont la source de son travail d’historien. Penseur original et novateur, Francis Haskell est l’un des spécialistes des relations entre artistes et mécènes mais il a également abordé la question essentielle de l’histoire du goût.

 

Richard Krautheimer, journées romaines (Philippe Collin, 1991), 50’

Prix du jury, Biennale internationale du film d'art, Centre Pompidou (Paris), 1991

Elève de Heinrich Wölfflin, Richard Krautheimer est le type même du savant inconnu du grand public, dont l’œuvre a pourtant une importance essentielle dans sa discipline. Il s’agit en l’occurrence de son monumental ouvrage sur les basiliques chrétiennes de Rome, auquel il a consacré toute sa vie et qu’il continue d’enrichir. Ce film nous permet de faire la connaissance de Richard Krautheimer, dans son appartement qui domine Rome. Il nous explique comment il en est venu, à partir de la rédaction d’un simple guide, à la réalisation de son grand ouvrage, quelles furent les recherches qu’il dut mener, la méthode qu’il dut suivre, les théories qu’il lui fallut tantôt mener tantôt remettre en cause…

 

Federico Zeri, l’Occhio (Eduardo de Gregorio, 1992), 55’

Diffusé sur Arte, le 17 janvier 1994

Si ce film a pour titre « L’œil », c’est que Federico Zeri a la réputation d’être un expert à l’œil infaillible, dont les jugements ont toujours été à la fois craints et attendus. Dans ces entretiens avec Pierre Rosenberg, alors conservateur général chargé du département des Peintures du musée du Louvre, Federico Zeri raconte avec verve sa jeunesse et sa formation à Rome, sa passion pour cette ville, puis ses voyages aux Etats-Unis où il conseilla de grands collectionneurs. On le voit se prêter aussi, confronté à des photographies, au jeu des identifications et des commentaires. « Je n’aime pas les objets, dit Federico Zeri, j’aime qu’ils me rappellent la mémoire des choses ».

 

Jean Bottéro, nouvelles de Mésopotamie (Marie Haddou et Thierry Spitzer, 1996), 52’

C’est une belle leçon à la fois d’histoire et de poésie que nous donne Jean Bottéro dans ce film. Jean Bottéro est un très grand épigraphiste, un homme de texte donc, mais aussi un homme de terrain. Avec lui on découvre les mythes et les Dieux, la vie quotidienne et l’organisation sociale, tout en se promenant le long de l’Euphrate ou dans les ruines de Mari. Jean Bottéro est en plus un savoureux conteur qui évoque avec malice les tribulations de la déesse Ishtar et la grandeur de Gilgamesh, l’apparition du Déluge dans la mythologie mésopotamienne (bien avant que la Bible à son tour ne raconte cet épisode), qui fait revivre avec chaleur et enthousiasme la prodigieuse épopée d’une civilisation aujourd’hui trop oubliée.

 

Hans Belting, le lieu des images (Yves Breuil, 2001), 60’

Né en 1935 à Audernach (Allemagne), l’historien d’art Hans Belting fait ses études à Mayence puis travaille à Rome à la bibliothèque du Vatican. Sa thèse porte sur une fresque de Cimitile, petite ville située près du Vésuve. Professeur d'histoire de l'art à l'université de Munich, puis d'histoire de l'art et de théorie des médias à l'Institut technologique de Karlsruhe, membre de l'Académie des sciences de Heidelberg, il a occupé en 2002-2003 la chaire européenne du Collège de France à Paris. Ce portrait filmé, réalisé en 2001, pose la question centrale du travail de Hans Belting : la place de l'image dans l'histoire de l'homme. Les entretiens menés par le réalisateur Yves Breuil permettent de suivre l'itinéraire qui l’a conduit à devenir une référence notoire de l'histoire de l'art, à voir ses ouvrages reconnus et appréciés.

Informations pratiques

Voir le Catalogue en ligne des Films du Louvre.

Fiche technique

Genre
Documentaire © 1989-2008
 
Réalisation
Yves Breuil ; Philippe Collin ; Jean-Louis Comolli ; Richard Copans ; Edgardo Cozarinsky ; Eduardo de Gregorio
Marie Haddou et Thierry Spitzer ; Sandra Joxe ; Renan Pollès ; Nick Quinn
 
Durée
de 42 à 60 minutes
 
Production
Arkadin ; Les Films d’Ici ; Gédéon Programmes ; Lézards associés ; Palette Production ; Ina
 
Coproduction 
La Sept Arte ; FR3 ; Histoire ; Musée du Louvre
 
Distribution commerciale
 
Distribution non commerciale
 
À l’international (pour Jean Bottéro, nouvelles de Mésopotamie)
Ministère des Affaires étrangères – Bureau du documentaire
 
Disponible en support 16 mm pour 4 épisodes (André Chastel, Charles Sterling, Richard Krautheimer, Francis Haskell)