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Étude et restauration de l’Enfant Jésus de Malines

Programme suivi par Sophie Guillot de Suduiraut
Analyses au C2RMF : Élisabeth Ravaud (étude xylologique), Thierry Borel (étude radiographique),
Yannick Vandenberghe (analyse de la polychromie)
Étude et restauration : Dominique Faunières
 

Le style de l’Enfant Jésus, ses matériaux et ses techniques d’exécution sont caractéristiques de la production de Malines, dans les anciens Pays-Bas méridionaux.

La statuette, taillée dans une seule pièce de noyer, est en bon état. Seuls manquent la croix sur le globe terrestre (remplacée par un élément moderne) et le nimbe en métal qui était fixé à l’arrière de la tête. Le sexe de l’Enfant a été mutilé et son bras droit, cassé, a été recollé. La statuette a été, dès l’origine, solidement fixée par deux tiges de métal sur son socle hexagonal en chêne. Les trois faces avant du socle étaient ornées d’applications métalliques (alliage de plomb et d’étain) : au centre des faces étaient placées des fleurettes à six pétales (il en subsiste deux) ; aux angles, des éléments aujourd’hui disparus étaient vraisemblablement en forme de perles.

La polychromie a fait l’objet de plusieurs reprises. Avant restauration, l’examen de l’oeuvre à la loupe binoculaire et les analyses de polychromie ont précisé la succession des interventions.

Pâle, délicate et finement craquelée, la polychromie originale des carnations de l’Enfant Jésus (préparation à base de carbonate de calcium lié à la colle animale et couche de blanc de plomb) a été recouverte d’un vernis brun, puis de trois couches. La dernière, rose vif, posée à larges coups de pinceau et empâtant les traits, était particulièrement maladroite.

Sur les cheveux, la dorure originale (feuille d’or pur) sur une mixtion (couche huileuse constituée de terre potassique et de blanc de plomb) a été recouverte d’une nouvelle dorure sur mixtion, ensuite d’une couche brun-rouge, puis d’une couche jaune clair.

La dorure originale du globe et du socle a reçu ultérieurement deux nouvelles dorures. La seconde recouvrait également les fleurettes en métal, dont la surface était à l’origine revêtue d’un glacis rouge. Le dessus du socle, rouge vif, a été repeint deux fois.

En conclusion, la polychromie originale de la sculpture, de très belle qualité, est largement présente sous les couches récentes qui l’ont dissimulée postérieurement.

L’étude préliminaire, complétée par des tests de dégagement, a permis de déterminer l’objectif de la restauration : retrouver la polychromie originale des carnations et des cheveux de l’Enfant, des fleurettes et du dessus du socle, tout en conservant la dernière dorure du globe et du socle.

Sur les carnations, la suppression des repeints récents a été une longue opération, très minutieuse, effectuée au scalpel sous loupe binoculaire ; le vernis brun, appliqué inégalement, a été allégé au moyen de solvants sous forme de gel. Sur les cheveux, les fleurettes et le dessus du socle, les couches récentes ont été retirées au scalpel et au moyen de solvants.

À la suite du dégagement et du nettoyage de la polychromie originale, quelques retouches réversibles à l’aquarelle ont été effectuées, principalement sur les bords des lacunes de la dorure du socle, qui laissaient apparaître la préparation blanche sous-jacente. Le bois, visible dans quelques lacunes de la polychromie, a été nettoyé et éclairci, ou, sur la partie arasée du sexe, revêtu d’un léger glacis beige pour atténuer le contraste entre le brun sombre du noyer et le ton clair des carnations.

Le résultat de la restauration est spectaculaire. En effet, non seulement le modelé du corps a gagné en finesse, les chairs ont repris leur délicat ton ivoirin et les cheveux blonds leur éclat doré, mais surtout le visage a retrouvé son expression initiale, qui avait été beaucoup affadie par la dernière polychromie.
Le caractère espiègle de la physionomie enfantine est à nouveau rendu sensible grâce à la réapparition de la polychromie originale, qui révèle un traitement subtil des yeux rieurs et de la petite bouche pincée. Les iris brun clair sont animés de rehauts blancs pour évoquer les reflets de la lumière. Les traits brun foncé qui ombrent les paupières soulignent leur forme arquée. Les lèvres roses sont cernées par une ligne rouge sombre qui accentue la saillie de la petite bouche.

En raison d’analogies avec d’autres statuettes malinoises dont le socle porte la marque de garantie bruxelloise (BRVESEL), la polychromie raffinée de l’Enfant Jésus laisse penser que la sculpture, taillée à Malines, a dû être polychromée dans un atelier de Bruxelles, selon un usage fréquent autour de 1500.

S. Guillot de Suduiraut


Enfant Jésus
Malines
Vers 1500
Statuette, bois (statuette en noyer ; socle en chêne) polychromé.
H. 32,5 cm ; l. 12 cm ; pr. 5 cm
Marque malinoise de garantie du bois (les trois pals) sous le pied gauche
Achat 2009
Département des Sculptures (R.F. 2009.05)


 

English Version

The style, materials, and production techniques of this piece are typical of Mechelen production in the former Southern Lowlands. The statuette and its plinth are in good condition. Only several added parts are missing.

The preliminary examination revealed that the original polychrome work, which was very fine, was mostly present under the recent layers that had masked it. The restoration work (mainly using a scalpel, under binocular magnifying glass, and in certain places with chemicals) revealed the original polychrome of the flesh tones and the hair, the metal fleurons, and the red upper portion of the plinth. The later gilding of the globe and the plinth was left intact.

The results of the restoration are highly satisfactory. The modelling of the body is now finer, the flesh tones restored to their delicate ivory colour, and the hair has a golden shine, but above all the face has recovered its original mischievous expression, laughing eyes, and small pursed mouth.

Because of the similarities with other Mechelen statues whose plinths bear the Brussels hallmark (BRVESEL), the refined execution of the polychrome of the Enfant Jésus leads us to conclude that, although carved at Mechelen, the work was later coloured in a Brussels workshop, which occurred frequently in the period around 1500.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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