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Étude historique, scientifique et archéologique des envois d’Antinoé (Égypte)

Projet suivi par Yannick Lintz et Magali Coudert

Enjeux du programme

Le récolement des dépôts qui a débuté en 1996 a eu le mérite de mettre en lumière des collections nationales mal connues, parce que souvent acquises au xixe siècle ou au début du xxe siècle puis immédiatement distribuées dans diverses institutions muséales ou universitaires. Le SRDAI se donne donc pour objectifs d’étudier et de publier les collections les plus significatives de cette histoire.
En 2010, nous avons entrepris l’étude historique, scientifique et archéologique des collections égyptiennes d’Antinoé fouillées par l’archéologue Albert Gayet entre 1895 et 1910.
Émile Guimet, qui fut très tôt, en tant que collectionneur privé, l’un des mécènes de l’archéologue, dirigea aussi au début du xxe siècle, au nom de l’État français et en tant que directeur du musée Guimet de Paris, la distribution de ce patrimoine à travers la France et quelques pays européens. Aujourd’hui, alors que nous allons terminer en 2011 le récolement de ces envois dans les diverses institutions, nous avons identifié d’ores et déjà plus de quatre mille cinq cents objets aujourd’hui conservés dans soixante et une villes en France et sept à l’étranger.
L’étude porte sur les trois mille cinq cents items vus lors des différentes campagnes de récolement. Ce programme, qui a débuté en 2006 pour sa partie archivistique et historique, s’est élargi en 2010 à une partie scientifique. Le travail se développe à partir de deux axes thématiques : les momies (un corpus de trente-huit individus) et les tissus (quantitativement la partie la plus importante de cette collection et par ailleurs un domaine archéologique déjà exploré pour cette époque de l’Égypte). Ces deux programmes de recherche s’articulent autour de trois questions. La première vise à clarifier une chronologie pour l’instant vague (romano-byzantine, romaine ou byzantine selon les cas). La deuxième concerne l’étude anthropologique et génétique, pour comprendre notamment s’il y a eu des mélanges d’individus d’origine africaine et procheorientale (ce qui renvoie à la question de la cité d’Antinoé et de son positionnement économique et culturel durant l’Antiquité tardive en Égypte et dans le monde méditerranéen et oriental). La troisième question porte sur la compréhension des pratiques funéraires entre l’évolution des traditions égyptiennes d’époque pharaonique et les apports des cultures gréco-romaine et chrétienne.
 

Méthode

L’année 2010 nous a permis de préciser notre méthode de travail selon plusieurs principes. Nous ne voulons pas nous contenter d’additionner des résultats bruts après une « batterie » d’analyses. L’équipe pluridisciplinaire réunie pour ce projet a donc décidé en juin d’entreprendre un travail en deux temps : d’abord une phase d’étude macroscopique, avec constitution d’un corpus d’imagerie (scanner ou radios) intégrant aussi l’analyse au carbone 14, les études isotopiques et tribologiques. Une seconde phase consistera à approfondir des recherches de type physico-chimique en fonction des résultats de la première phase. En amont, des protocoles précis de travail ont été mis au point (imagerie scanner, examens pathologique et dentaire, transport des momies dans les centres hospitaliers universitaires [CHU], prises d’empreintes pour la tribologie, prise d’échantillons de cheveux pour le carbone 14 et les analyses isotopiques). Une expérimentation de protocole est en cours pour l’analyse ADN, afin de clarifier la réalité de conservation d’ADN en fonction des prélèvements et pour éviter des résultats « trompeurs ».
 

Composition de l’équipe pluridisciplinaire

– Yannick Lintz, conservateur en chef, responsable du SRDAI, et Magali Coudert, collaboratrice scientifique de conservation, culture copte et époque romano-byzantine, SRDAI, toutes deux responsables du programme ; – Marie-Hélène Rutschowscaya, conservateur général, responsable de la section copte au département des Antiquités égyptiennes, musée du Louvre ; – Dominique Bénazet, conservateur en chef, section copte au département des Antiquités égyptiennes, musée du Louvre ; – Hervé Bocherens, professeur, Institut für Geowissenschaften – Biogeologie Universität, Tübingen ; – Thierry Borel, radiologue, C2RMF, palais du Louvre, Paris ; – Laure Cadot, conservateur-restaurateur d’objets ethnographiques – matériaux organiques, polychromies mates, restes humains ; – Dr Laurent Dussarps, chirurgien-dentiste, Gradignan ; – Eva-Maria Geigl, directrice de recherche CNRS, équipe Épigénome et Paléogénome (recherche sur l’ADN), Institut Jacques Monod, CNRS, université Paris VII Diderot ; – Fabienne Médard, archéologue, spécialiste de l’étude technique des textiles anciens ; – Dr Samuel Mérigeaud, praticien hospitalier du CHU Lapeyronie, Montpellier ; – Witold Nowik, ingénieur de recherche, responsable du pôle analytique, Laboratoire de recherche des monuments historiques, Champs-sur-Marne ; – Pascale Richardin, responsable du groupe Datation – Datation par le carbone 14, département recherche, C2RMF, palais du Louvre, Paris ; – Margareta Tengberg, archéobotaniste, UMR 7209, Muséum d’histoire naturelle, Paris ; – Dr Pierre-Léon Thillaud, paléopathologiste, chargé de conférences, École pratique des hautes études, Paris ; – Romain Thomas, doctorant en botanique, Muséum d’histoire naturelle, Paris.
 

Calendrier

Début du programme : 2010.
Fin des analyses : fin 2011.
Sortie d’un ouvrage : fin 2012.

Y. Lintz

English Version

Since 1996, the comprehensive programme of locating and authenticating works deposited in museums has involved a complex inquiry into the background of national collections acquired in the nineteenth and early twentieth century, and immediately distributed to various museums and university institutions. One of the first steps in this mammoth undertaking was to examine the archival and historical records of the Egyptian collections from Antinopolis, excavated by the archaeologist Albert Gayet between 1895 and 1910, a task that began in 2006. This study involved inventorying more than 4,500 objects on deposit in 61 towns and cities in France, and 7 abroad. The technical assessment that followed in 2010 involved the chronological, anthropological, and genetic analysis of the mummies and mummy cloths, and an inquiry into funerary practices. This project is being conducted by a multidisciplinary team of specialists in social sciences and the exact sciences. The results of the research are scheduled for publication in 2012.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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