Allez au contenu Allez au menu principal Allez à la recherche Change language

Accueil>La recherche scientifique>Études des terres cuites et des méthodes de taille des...

Études des terres cuites et des méthodes de taille des sculptures italiennes de la Renaissance

Projet suivi par Marc Bormand

Depuis près de quinze ans, le département des Sculptures du Louvre et le C2RMF mènent une vaste campagne d’études et d’analyses sur les terres cuites émaillées des Della Robbia et des Buglioni, ainsi que sur les terres cuites polychromées italiennes de la Renaissance. Cette enquête explore notamment les très riches collections du Louvre et de nombreuses collections publiques françaises (Paris, musée des Arts décoratifs, musée Jacquemart-André ; Sèvres, musée national de Céramique ; Amiens, musée de Picardie ; Écouen, musée national de la Renaissance ; Nîmes, musée des Beaux-Arts ; Rouen, musée des Antiquités de Seine-Maritime et musée des Beaux- Arts ; Saint-Omer, musée de l’Hôtel-Sandelin…) ou étrangères (Florence, musée national du Bargello). Elle doit s’étendre prochainement à d’autres oeuvres conservées à Lyon, au musée des Beaux-Arts, et à Strasbourg, au musée des Beaux-Arts.
     Les objectifs de ces recherches sont multiples :
     – faire la part des oeuvres authentiques et de celles plus tardives dans des ensembles parfois mal ordonnés ;
     – caractériser les techniques et les savoir-faire, leur évolution dans le temps, à travers l’étude fine des divers constituants de l’oeuvre : pâtes, glaçures, polychromies et dorures ;
     – identifier les centres de création, regrouper l’ensemble des oeuvres attribuables à chaque artiste (par exemple, le Maître de David et de Saint Jean) et suivre les étapes de la carrière d’artistes hors Toscane (Émilie, Lombardie, etc.) et hors Italie, particulièrement en France pour les Della Robbia ; ces recherches devraient par ailleurs s’étendre à des oeuvres provenant de Lombardie ou d’émilie.
     Le plus souvent possible, les protocoles d’étude ont fait appel aux regards croisés des conservateurs, des restaurateurs et des physiciens et chimistes des matériaux à la fois en France et en Italie, ce qui a permis dans un premier temps d’établir une collaboration étroite entre spécialistes français et italiens.
     Les méthodes d’analyses, micro- ou totalement non destructives, ont mobilisé, selon la nature des matériaux étudiés, plusieurs techniques : en premier lieu les analyses par faisceaux d’ions (PIXE et PIGE) mises en oeuvre sur les accélérateurs de particules du C2RMF et de l’INFN (Istituto Nazionale di Fisica Nucleare) de Florence, la microscopie électronique à balayage (MEB), l’ICP-AES-ICP-MS en collaboration avec le Centre de recherche pétrographique et géochimique de Nancy, et également les techniques de datation, thermoluminescence (TL) et luminescence stimulée optiquement (OSL) du C2RMF, radiographie et tomographie.
      Les résultats, portant sur près de cent oeuvres, éclairent le haut niveau de technicité atteint par les artistes florentins de la Renaissance, le parfait accord entre les buts recherchés, les moyens et les matériaux mis en oeuvre, notamment chez les Della Robbia.
      Le rapprochement des résultats donnés par la TL, l’OSL et l’analyse des matériaux a permis également de réévaluer un certain nombre de pièces auparavant dépréciées (par exemple TH38, oeuvres du Petit Palais) et parfois d’affiner les datations de certaines autres, avant et après 1520.
     Parallèlement, un important travail de restauration sur les collections, portant sur plusieurs dizaines d’oeuvres depuis une vingtaine d’années et appuyé par l’expérience accumulée précédemment, a permis d’améliorer la connaissance des techniques de fabrication, pour les oeuvres tant émaillées que polychromes. Récemment, ce travail a conforté la place majeure de la Madone Piot de Donatello du Louvre par rapport à ses différentes répliques ; il a aussi aidé à reconnaître les éléments du « puzzle » composite en cent quatre-vingts pièces du retable de l’Ascension d’Andrea della Robbia, préalable indispensable à la mise en chantier de sa restauration.
     Ces études ont bénéficié de collaborations scientifiques avec de nombreux musées italiens, en premier lieu le musée national du Bargello à Florence. Mais également avec l’Opificio delle Pietre Dure à Florence (centre national de restauration et d’analyses), le Victoria and Albert Museum à Londres, le Bode Museum à Berlin, la National Gallery of Art de Washington et des laboratoires et des universités françaises et étrangères. Dans ce cadre, une collaboration est en cours avec le Victoria and Albert Museum sur deux masques funéraires appartenant à l’une et l’autre des collections.
     Les retombées sont multiples :
     – base unique de plusieurs milliers de données mise à disposition des chercheurs ;
     – nombreuses publications dans des revues à rayonnement international ; participation à des colloques ;
     – exposition « Les Della Robbia » (Nice, musée national Message biblique Marc Chagall, et Sèvres, musée national de Céramique, 2001-2002) ou collaborations à des expositions (« I Della Robbia. Il dialogo tra le Arti nel Rinascimento », Arezzo, Museo Statale, 2009 ; « Gian Francesco Rustici », Florence, musée national du Bargello, 2010) ;
     – journées d’étude sur les matériaux (terres cuites émaillées) des Della Robbia, Paris, C2RMF, en collaboration avec le musée du Louvre et l’INFN de Gênes, 2009 (actes sous presse). Des journées d’étude plus spécialement consacrées aux terre cuites polychromées de la Renaissance sont programmées au musée du Louvre et au C2RMF les 26 et 27 octobre 2011, rapprochant les recherches menées par des historiens de l’art, celles des restaurateurs et celles des chimistes et physiciens.

M. Bormand

English version

     Over the last 15 years, the Department of Sculpture and the C2RMF (Centre for Research and Restoration of the Museums of France) have undertaken an extensive programme of study and analysis of Della Robbia and Buglioni glazed terracotta works, and Italian Renaissance polychrome pottery. The programme covers the Louvre’s own ample collection and the many public collections in France and abroad, and has involved researchers from numerous museums, laboratories, and national and international universities. Among the fruits of the programme is a comprehensive database accessible to researchers, along with many new published articles, various exhibitions of Della Robbia glazed terracotta, and dedicated Study Days and symposiums.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

Information in other languages

Newsletter

Achetez votre billet