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Accueil>Figurine plate béotienne "à bec d'oiseau" (MNE 1343)

Figurine plate béotienne "à bec d'oiseau" (MNE 1343)

Cette statuette appartient à la catégorie bien répertoriée des figurines dites « plates » (pappades), ou « planches ». Le mode de fabrication consiste en effet à mettre en forme une simple feuille d’argile élargie à la base à laquelle ont été adjointes deux protubérances pour les bras, et un cône formant la tête ; le pincement de l’argile entre les doigts détermine le nez en « museau de souris » ou en « bec d’oiseau ».
Assises ou debout, le cou plus ou moins allongé et souvent encadré de longues tresses, ces figurines sont presque toujours coiffées d’un polos, sorte de chapeau bas, qui pourrait les assimiler à des déesses ou des prêtresses. Leur décoration, parfois très élaborée, est obtenue par le « vernis noir » utilisé par les peintres de vases qui œuvraient aussi à l’élaboration de ces statuettes, à une époque où la distinction n’existait pas entre fabricants de vases et de figurines.
La couleur de l’argile, la présence, en particulier, dans le cou au revers d’un éclatement provoqué par un noyau de chaux, le décor noirâtre virant au rouge sont des indices techniques propres à la Béotie, pour une catégorie d’objets fabriqués dans la première moitié du VIe siècle dans toute la Grèce continentale (Athènes, Argos, Corinthe, Béotie, etc.) et adoptant des formules diverses (visage modelé schématique, visage humain moulé) et différents décors (vernissé puis mat).
Production caractéristique et particulièrement abondante de la Béotie archaïque, ces figurines semblent surtout avoir accompagné les défunts et sont, avec les figures de cavaliers, l’un des ex-voto préférés des Béotiens, avant l’invention et la diffusion des tanagras deux siècles plus tard.
Ces objets, modestes et abondants, encore sur le marché de l’art actuel, valent surtout en tant que reflets de la piété la plus populaire. Le musée du Louvre en conservait déjà dix-sept exemplaires, dont sept à visage schématique. La statuette de la collection Béquignon viendrait donc s’ajouter à un ensemble riche mais où ce type précis (bec d’oiseau, simple décor vernissé linéaire, polos sans volute) n’était pas encore représenté. Elle vaut également pour son origine – la collection d’un archéologue –, tandis que le reste de la collection, acquis au XIXe siècle, l’a été auprès de marchands.

V. Jeammet

Figurine plate béotienne « à bec d’oiseau »
Béotie, vers 560-550 avant J.-C.
Argile orangée vernissée. H. 16 cm ; l. 6,4 cm ; ép. 3,5 cm
Entière, arrachement sur le nez
Don ; ancienne collection Yves Béquignon
Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines (MNE 1343)



Bibliographie

Jeammet (V.), dans La Revue des musées de France. Revue du Louvre. Acquisitions 2010-2011, avril 2012-2, p. 7.

English version

This flat statuette belongs to the well-known category of pappades figures executed during the sixth century bc on the Greek mainland. Their production involved modelling a sheet of clay that tapered at the top, with two protuberances being added for the arms and a cone for the head. These figures, which often accompanied the bodies of the dead, were produced in large quantities and were among the favourite ex-votos of the Boeotians. As such they are witnesses of the most popular form of piety.
This statuette joins a collection that is already quite rich, but that lacked a specimen of this particular type.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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