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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>Frédéric Boyer. Représenter la bataille

Lire le Musée est un programme d’une journée consacré à un écrivain et à un thème illustré par des œuvres du musée, ici Frédéric Boyer et « la Chanson de Roland ».

La bataille fascine les peintres, les écrivains et les artistes. Ils ne cessent de la représenter et de se colleter à ce goût des hommes, leur propre goût, pour le combat, pour l’affrontement physique, pour le plaisir qu’on y trouve, même dans la défaite. Représenter la bataille, c’est interroger les liens charnels entre art et guerre.

D’un côté, au premier plan de ce questionnement à la fois antique et contemporain, les innombrables œuvres du Louvre, peintures, armes ou objets qui illustrent le combat, de l’autre « la Chanson de Roland », texte étrange, mythique, sans réalité historique connue, pourtant présent dans tous les récits européens, et revendiqué par chacun, de la Bretagne à la Pologne et de la Baltique à la Sicile.
Frédéric Boyer a retraduit-en vers décasyllabes « la chanson de Roland ». Le rythme halluciné qu’il donne à ce long poème rappelle le fracas des armes, fait écho au brouhaha dans la tête des combattants, et nous incite à confronter ce texte avec les œuvres du musée.

Accompagné de Sarkis et sous le regard complice d’Olivier Cadiot, Frédéric Boyer reçoit Jean Max Gaudillère et Françoise Davoine (psychanalystes), Jannic Durand (conservateur),  Nathalie Koble (médiéviste). Il laisse ensuite Ludovic Lagarde (metteur en scène) et Pierre Baux (acteur) nous faire entendre son texte.

Programme
11h-11h05

Film de Sarkis

11h05-11h45
Frédéric Boyer écrivain, poète.

Entretien conduit par Arnaud Laporte.
Film de Sarkis

11h45-12h10
Poèmes de Frédéric Boyer, lecture par Pierre Baux.

12h10-12h15
Films de Sarkis

12h15-13h
Frédéric Boyer traducteur, homme de théâtre.
Entretien conduit par Arnaud Laporte
Avec Ludovic Lagarde et Olivier Cadiot

14h30-15h15
La Chanson de Roland en son temps

Table ronde animée par Arnaud Laporte avec Frédéric Boyer, Jannic Durand et Nathalie Koble

15h15-15h35
Présentation d’une œuvre du Louvre (Olifant) par Jannic Durand

15h35-16h15
Présentation de la Chanson de Roland

par Nathalie Koble, suivie d’un entretien avec Frédéric Boyer et Jannic Durand
Films de Sarkis.

16h15 – 17h
Représenter la bataille, hier et aujourd’hui

Table ronde animée par Arnaud Laporte avec Sarkis, Frédéric Boyer, Françoise Davoine, Jean-Max Gaudillère.
Films de Sarkis.

17h-18h
Rappeler Roland
Lecture par Pierre Baux, présentée et mise en scène par Ludovic Lagarde
 

La chanson de Roland
« Je travaille depuis plus de deux ans avec, à partir, autour de la Chanson de Roland.
Comme je l’ai souvent fait pour d’autres textes anciens : la Bible, Augustin, l’histoire de Phèdre... Il s’agit à la fois de s’affronter, de rivaliser, de se réapproprier ces textes anciens, ces vieilles histoires, et d’éprouver notre langue et notre écriture contemporaines à travers la mémoire et l’oubli de ces textes et de leur langue. Il s’agit aussi d’inventer une réception, de proposer une création à partir de ce travail.

En décembre est paru aux éditions P.O.L une sorte de triptyque composé d’un texte original, Rappeler Roland, monologue écrit pour la scène dont la création se fera à la Comédie de Reims en mars 2013 et que vous entendrez en partie aujourd’hui en avant-première; d’une nouvelle traduction intégrale de la Chanson de Roland (version du manuscrit d’Oxford) qui tente d’offrir en français contemporain une version en décasyllabes et césure épique ; et d’un essai, Cahier Roland (se battre est une fête), consacré au thème de la bataille et du combat dans notre culture, à partir de l’histoire de la Chanson de Roland.

Le thème de la bataille et de ses représentations dans notre culture est au cœur de cette proposition.
Plus particulièrement sur Roland, je me suis intéressé à l’écriture de cette épopée, la première en langue française, qui prend pour sujet une défaite obscure pour chanter la gloire d’un empire fantasmé (celui de Charlemagne), 350 ans après les faits, et au moment où l’Europe médiévale se lance dans les croisades. Premier grand texte français qui s’éprend de la défaite, et chante le poème du revers noble. Je vais jusqu’à interroger la lente déformation de la légende médiévale dans l’Europe de la Renaissance. Le fantôme de Roland est partout présent. Il semble gêner jusqu’au merveilleux Don Quichotte qui en fait un de ses modèles certes, mais avec difficulté devant la folie, la fureur qu’on lui prête alors.
Quelles blessures, quel trauma cherche-t-on à exorciser avec une telle création ?
Raconter la bataille (ou la représenter), au-delà de ses fonctions politiques, religieuses, idéologiques, a d’autres effets et sans doute d’autres origines.

Rappeler Roland
« Bataille aurons acharnée et farouche. »
« Rappeler Roland est un monologue écrit aujourd’hui pour exorciser la violence des guerres et des combats dans notre histoire collective et sanglante et dans chacune de nos petites histoires individuelles. Un jeune homme tente de rappeler à l’aide un héros mort il y a plus de mille ans. La voix de la Chanson de Roland fait irruption dans notre mémoire contemporaine. Le destin de Roland, neveu tant aimé de l’empereur Charlemagne, jeune chevalier carolingien mort, dit-on, au col pyrénéen de Roncevaux dans une sanglante embuscade tendue par les armées des Sarrasins, se confond avec celui d’un inconnu. Et cette histoire consignée dans un vieux manuscrit de jongleur du 12ème siècle, un des premiers en notre possession entièrement rédigé en français, en langue vulgaire, la langue de tous, revient hanter la langue et la mémoire de cet inconnu qui rêve en s’effrayant de batailles et de tueries.
Le passé millénaire des guerres et des combats de l’Europe médiévale interroge ici notre monde. Nous, les enfants européens d’un monde étrangement pacifié dans le déni de nos guerres, nous envoyons toujours de très jeunes gens se battre sur des fronts lointains, à la démarcation vacillante et souvent idéologique de mondes en décomposition. Guerres dont la victoire n’est pour finir que le récit de défaites répétées, d’actions malheureuses.
Qu’est-ce qu’un combat ? Pourquoi et comment se battre ? Contre qui et quoi ?
Et surtout quelle langue, quels mots aujourd’hui rappeler et inventer pour dire à la fois notre peur des batailles et notre folle envie d’en découdre ? »
Frédéric Boyer

Au Louvre Sarkis a déjà proposé une rencontre avec le tableau d’Ucello, la Bataille de San Romano. Sur le thème de la bataille, il a réalisé une série de vitraux contemporains à partir de figurines de guerriers.
Pour accompagner le travail de Frédéric Boyer autour de la Chanson de Roland, il a souhaité installer les intervenants dans des fauteuils réservés normalement aux blessés ou aux gens dont la motricité est déficiente. Et sélectionné des courts films qui, soit renvoient à ce thème, soit proposent des instants de méditation musicale.

Notes biographiques

Frédéric Boyer est né le 2 mars 1961 à Cannes. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, il est écrivain, traducteur et éditeur. Auteur d’une trentaine de livres depuis 1991, tous publiés aux éditions P.O.L, romans, essais, poèmes et traductions. Prix du Livre inter en 1993 pour son roman Des choses idiotes et douces, et prix Jules Janin de l’Académie française pour sa nouvelle traduction des Confessions de saint Augustin (Les aveux, P.O.L 2008). . Au Louvre il a participé au projet  « Le Petit pan de mur jaune » avec un texte consacré à la stèle d’Hamurabi en 2009.
Il a dirigé le chantier de la Nouvelle Traduction de la Bible, avec de nombreux écrivains contemporains (Olivier Cadiot, Jean Echenoz, Florence Delay, Jacques Roubaud, Valère Novarina…), parue en 2001 (éditions Bayard).
Depuis des années son œuvre associe l’écriture personnelle et la relecture et traduction de grands textes anciens.
En 2010, sa nouvelle traduction de Richard II de W. Shakespeare (P.O.L. 2010) est montée par Jean-Baptiste Sastre, avec Denis Podalydès, dans la Cour d’honneur du Palais des papes au festival d’Avignon. Où il fait lui-même ses premiers pas de comédien.
En 2012, création au Théâtre de Lorient et  au Centre dramatique de Châteauvallon de sa première pièce : Phèdre les oiseaux (P.O.L 2012), avec la comédienne Hiam Abbass.
Rappeler Roland paraît aux éditions P.O.L (janvier 2013). C’est un triple livre proposant une nouvelle traduction de la Chanson de Roland, un essai personnel sur le thème de la bataille et un monologue pour le théâtre en écho contemporain avec le texte médiéval.

Sarkis, de son vrai nom Zabunyan, né à Istanbul (Turquie), le 26 septembre 1938, dans une famille d’origine arménienne, est un artiste contemporain. En 1962 Il s’installe à Paris où il vit et travaille depuis cette date. Il expose dans les plus grands musées du monde. En 2007, pour l’année de l’Arménie, il a présenté au Louvre un travail sur la Bataille de San Romano de Paolo Ucello. En 2012, dans son exposition Ballads, Onderzeebootloods – Submarine wharf, au musée Boijmans van Beuningen de Rotterdam (Museum and the Rotterdam port authority) il expose un fauteuil roulant couverts de plume, présent aujourd’hui sur cette scène.

Olivier Cadiot, né en 1956 à Paris, est un écrivain, dramaturge et traducteur français. Il a réalisé deux albums avec Rodolphe Burger. Il a travaillé avec Pascal Dusapin. En juillet 2010, il a été l'invité d'honneur du festival d'Avignon aux côtés de Christoph Marthaler. Depuis 1998, il travaille régulièrement avec Ludovic Lagarde.

Jannic Durand est conservateur général, adjoint au directeur des objets d’art du musée du Louvre. Il est commissaire de l’exposition « Chypre entre Byzance et l’Occident, IVe-XVIe siècle » après avoir été commissaire des expositions « Armenia Sacra » (2007) et « Sainte Russie » (2010). Il est spécialiste de l’art chrétien byzantin, en charge du projet de département qui sera consacré aux arts de Byzance et des chrétientés d’Orient.

Nathalie Koble est archiviste paléographe, agrégée de Lettres modernes ; elle enseigne la langue et littérature médiévales françaises à l’Ecole normale supérieure de Paris. Ses travaux portent sur les récits de fiction (Les Prophéties de Merlin en prose : le roman arthurien en éclats, Paris, Champion, 2009, Genèse et jeunesse du royaume arthurien, Orléans, Paradigme, 2008), l’édition, la traduction et la transmission des textes médiévaux (Les dessous de la Table ronde, Paris, ENS, 2005, Lais bretons : Marie de France et ses contemporains, Paris, Champion, 2011, avec Mireille Séguy), et la mémoire du Moyen Age dans le contemporain (Passé présent, mémoire du Moyen Age dans les fictions contemporaines, Paris, ENS, 2009, avec Mireille Séguy, et Mémoire du Moyen Age dans la poésie contemporaine, Paris, Hermann, 2013, sous presse).

Françoise Davoine (docteur en sociologie et agrégée de lettres classiques) et Jean-Max Gaudillière (docteur en sociologie et agrégée de lettres classiques), psychanalystes, auteurs de « Histoire et trauma » (Stock, 2006), consacré aux récits de guerres dans la littérature (Homère, Chrétien de Troyes, Cervantès, Faulkner...) comme dans les histoires de cures analytiques, ont longtemps travaillé aux Etats-Unis dans des institutions spécialisées dans les soins des traumatismes de guerre, et sur la mémoire des conflits.

Ludovic Lagarde né en 1962 est metteur en scène de théâtre. Il travaille sur de nombreuses scènes, tant pour les textes classiques que contemporains. La musique tient une grande place dans ses productions. Depuis 2009, il est directeur de la Comédie de Reims. Au Louvre, il avait mis en scène la soirée consacrée à Umberto Eco en décembre 2009, sous la pyramide et dans les salles.

Pierre Baux, est un acteur de cinéma et de théâtre. il a travaillé avec Jacques Nichet (Faut pas payer, de Dario Fo ; Mesure pour mesure, de Shakespeare), la Cie IRAKLI ( Zig Bang Parade de G. Aperghis ; La Tentative orale de F. Ponge) Célie Pauthe (Quartett de H. Müller. L’Ignorant et le Fou de T. Bernhard), Gilles Zaepfell et L’Atelier du Plateau (Voyage à vélo de M. Malgrange. Les contes de Grimm, Ecrits rocks avec le violoncelliste Vincent Courtois) Jeanne Champagne (L’Enfant, de J. Vallès), Eric Vigner (Brancusi contre États-Unis), Slimane Benaïssa (L’Avenir oublié) Frédéric Fisbach (Tokyo Notes, de O. Hirata), Jacques Rebotier et François Veyret (Memento) Arthur Nauzyciel (Ordet, de K. Munk) Antoine Caubet (Partage de midi de P.Claudel), Long voyage du jour à la nuit avec Celie Pauthe et avec le violonniste Dominique Pifarély (Anabasis et Avant la révolution de C. Pennequin).
Fidèle au travail de Ludovic Lagarde et acteur associé à la Comédie de Reims, il a joué dans la plupart de ses spectacles : Le petit Monde de Georges Courteline ; Sœurs et frères, de O.Cadiot ; Platonov et Ivanov, de A. Tchekhov ; Le Cercle de craie caucasien, de B. Brecht, Oui dit le très jeune homme de G. Stein et Richard III de P. Verhelst, Un nid pour quoi faire de O. Cadiot.

 


 

Informations pratiques

Lieu :
Auditorium du Louvre sous la pyramide.

Tarif E : 6 euros, 5 euros (réduit), 4 ou 3 euros (solidarité et jeunes)

Réservations :
. Par téléphone : Au 01 40 20 55 00, du lundi au vendredi (sauf le mardi), de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.
. Sur place, à la caisse de l’auditorium, du lundi au samedi (sauf le mardi) de 9h à 17h30, jusqu’à 19h30 les mercredis et vendredis, et jusqu’au début des séances les soirs de programmation.

Informations :
01 40 20 55 55, de 9h à 19h du lundi au vendredi.

Conditions des réductions tarifaires

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