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Accueil>Expositions & Actualités>Films>Georges Didi-Huberman présente le film « La pierre triste » de...

Remerciements :

Dans le cadre du programme de recherche « La catastrophe et ses représentations » (2013-2016).
Avec le soutien de Scor

En présence du réalisateur
Film présenté par Georges Didi-Huberman, EHESS, Paris

La Pierre triste (Agelastos petra)
Grèce, 2000, 85 min, coul., vostf, 35mm transféré en numérique
Réalisation, scénario, image, production : Filippos Koutsaftis.

Eleusis, petite ville industrielle située à une vingtaine de kilomètres d’Athènes, est liée depuis les temps préhistoriques à l’un des mythes les plus en vogue chez les Anciens, celui de Déméter, déesse de l’agriculture et de la fertilité, et de sa fille Koré-Perséphone. Les fameux Mystères, célébrés à Eleusis pendant près de deux millénaires, étaient liés au cycle de la vie et donnaient aux mystes, autrement dit aux initiés, l’espoir d’affronter la mort avec sérénité et béatitude. C’est ici, nous dit la légende, que l’on cultiva pour la première fois les céréales, dons de la déesse aux habitants d’Eleusis, c’est ici aussi que se sont développées les plus grandes industries de Grèce, entraînant des conséquences désastreuses pour la région et le sanctuaire.
Cela fait dix ans que Filippos Koutsaftis filme la ville comme un pèlerin, qu’il en observe les activités quotidiennes modestes et grandioses, qu’il découvre les témoignages de son visage antique encastrés dans les murs de la vie contemporaine. Né dans le Pilion près de Volos, il s’est lancé dans ce grand projet après avoir étudié le cinéma à Athènes et  avoir fait ses armes en tant que directeur de la photographie sur une quinzaine de films. La Pierre triste a remporté de nombreux prix : celui du meilleur documentaire décerné par le Ministère grec de la Culture, le prix du public, le prix de l’association des critiques grecs, ainsi que celui du Cinema Magazine au 41ème Festival International du Film de Thessalonique.

Pourquoi ce film ? Parce qu’il est assez rare que le cinéma s’attache ainsi aux profondeurs de la terre. Assez rare qu’il s’attache avec autant de tendresse et d’opiniâtreté — douze années de tournages erratiques mais obstinés dans le site d’Éleusis — à saisir ce qui survit de mystères passés, de villes enfouies, de vies enfuies. Filippos Koutsaftis a pensé le cinéma comme un art des survivances, une archéologie au sens plein du terme. Mais l’archéologie est un champ de batailles, et pas seulement de fouilles. Le cinéaste a bien vu que les choses survivantes se faisaient la guerre à chaque moment : choses survivantes pour tuer la mémoire (les usines pétrochimiques, l’asphalte par-dessus la Voie sacrée), contre lesquelles des êtres survivants luttent pour redonner naissance à quelque chose, comme chez cet homme qui erre parmi les pierres et en prend soin comme d’enfants blessés. Tout cela guidé par un phrasé d’images si simples et de mots si profonds qui font de ce film un seul et grand poème.
Georges Didi-Huberman.

Cycle(s) : La catastrophe et ses représentations, Cinéma
Evénement(s) : La catastrophe et ses représentations

Informations pratiques

Lieu :
Auditorium du Louvre sous la pyramide.

Tarifs :
Tarif F : 6 euros, 5 euros (réduit), 3 euros (solidarité et jeunes)
Gratuit pour les adhérents Louvre jeunes

Réservations :
. Par téléphone : Au 01 40 20 55 00, du lundi au vendredi (sauf le mardi), de 11h à 17h, uniquement par carte bancaire.
. Sur place, à la caisse de l’auditorium, du lundi au samedi (sauf le mardi) de 9h à 17h30, jusqu’à 19h30 les mercredis
et vendredis, et jusqu’au début des séances les soirs de programmation.

Informations :
01 40 20 55 55, de 9h à 19h du lundi au vendredi.

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