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Accueil>Expositions & Actualités>Musique>Hommage à Benjamin Britten : A Midsummer Night’s Dream

Coup de projecteur : L'opéra anglais de Benjamin Britten
Une rétrospective sur l'opéra du XXe siècle pouvait-elle faire l'impasse sur l'œuvre de Benjamin Britten ? L'opéra fut pourtant présent dans son œuvre, en effet, la majeure partie de son parcours.

On raconte que, dès 1932, le jeune Benjamin Britten voulut aller rencontrer Alban Berg à Vienne afin de lui exprimer son admiration pour Wozzeck. Encouragé par Serge Koussevitzky, il écrira durant son exil américain Peter Grimes qui deviendra un des opéras les plus populaires du XXe siècle, puis Le Viol de Lucrèce pour Kathleen Ferrier au Festival de Glyndebourne.

En 1947, il crée l'English Opera Group pour promouvoir la renaissance de l'opéra anglais. A la fin des années 1940, le Festival Benjamin Britten de Aldeburgh voit la création de plusieurs œuvres, dont Owen Wingrave, Curlew River et The Turn of the Screw. Inspiré de la nouvelle éponyme de Herman Melville, Billy Budd est devenu un autre classique de l'opéra du XXe siècle.

Les opéras de Benjamin Britten se caractérisent par une écriture orchestrale raffinée qui s'apparente souvent a la musique de chambre. Le compositeur excelle dans la composition d'interludes orchestraux qui s'apparentent à de véritables poèmes symphoniques formant un contrepoint très expressif a l'action dramatique. Celle-ci est le plus souvent inspirée d'œuvres majeures de la littérature anglo-saxonne.
Christian Labrande
 

Shakespeare et l'opéra
" Plutôt qu'Otello soit un opéra italien écrit dans le style de Shakespeare, [c'est] Othello [qui] est une pièce écrite par Shakespeare dans le style d'un opéra italien ". La boutade est de George Bernard Shaw et dit combien le théâtre du grand dramaturge anglais, dans sa richesse et sa malléabilité, a pu, dès lors que l'opéra abandonnait la mythologie pour des passions plus humaines, convenir à la rencontre des univers du théâtre pur et de la scène lyrique. Pour cela, le XIXe siècle est évidence, de Rossini à Verdi, de Bellini à Gounod, pavant de chefs-d'œuvre l'histoire du genre. Mais le XXe siècle n'a pas été en reste, de Bloch à Malipiero, de Holtz à Zandonai. Ne compte-t-on pas plus de deux cents adaptations " lyrico-shakespeariennes " depuis 1945, du West Side Story de Bernstein au Roméo et Juliette de Dusapin ? Mais comment rivaliser avec les mises en musique des reines si formidablement réussies par les romantiques ? Britten s'y fourvoiera presque avec Gloriana (1953). Les drames historiques passent mieux au cinéma, même si le Richard III de Battistelli (2004) offre l'éclatante preuve du contraire. Et Lear qui fit tant peur à Verdi a trouvé avec Reimann un compositeur à sa démesure (1978). Côté comédies, que d'heureuses réussites : de Sir John in love de Vaughan Williams (1928) reprenant Falstaff, Kiss me, Kate de Cole Porter (1948) détournant La Mégère apprivoisée, Britten condensant Le Songe d'une nuit d'été (1960), ou encore Boesmans et son Conte d'hiver (1999). Mais c'est La Tempête qui aura inspiré le plus régulièrement nos contemporains : Frank Martin en 1956 (Der Sturm), Berio en 1984, avec son Re in ascolto, et Adès avec The Tempest en 2004.

Britten : A Midsummer Night's Dream
Opéra en trois actes, livret de Benjamin Britten et Peter Pears d'après la pièce de William Shakespeare.
Orchestre symphonique du Grand Théâtre Liceu, Barcelone, dir. : Harry Bicket.
Mise en scène: Robert Carsen.
Avec David Daniels (Obéron), Ofelia Sala (Tytania), Gordon Gietz (Lysander), Deanne Meek (Hermia), William Dazeley (Demetrius), Brigitte Hahn (Helena), Peter Rose (Bottom), Christopher Gillett (Flute), Emil Wolk (Puck). Réal.: François Roussillon, prod. : Arte France /François Roussillon et Associés, 2005, 2h37.

Shakespeare a inventé cette comédie parfaite, où les querelles des Fées perturbent les amours et les ridicules des Humains. Britten y a superposé une partition d'une diversité confondante, du burlesque au diaphane absolu, et d'une théâtralité ébouriffante. Et Robert Carsen en donne une formidable interprétation psychologique, installant tout un chacun dans le lieu même des disputes amoureuses, le lit, ici hypertrophié ou surmultiplié. Une distribution investie, un Obéron majeur, un Puck irrésistible, tout ici est plaisir de l'œil autant que de l'oreille.

Cycle(s) : L'opéra et la modernité de Pélléas à nos jours

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