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Fouilles de Baouit, Égypte (saison 2010) Gisèle Hadji-Minaglou (Ifao), Florence Calament (Louvre) et Cédric Meurice (Louvre)

Le musée du Louvre et l’Institut français d’archéologie orientale du Caire (Ifao) travaillent conjointement sur le site monastique de Baouit depuis 2003 (...)

Le musée du Louvre et l’Institut français d’archéologie orientale du Caire (Ifao) travaillent conjointement sur le site monastique de Baouit depuis 2003, date à laquelle a été reprise l’exploration archéologique, liée aux collections du Louvre. Le chantier a été successivement dirigé par Dominique Bénazeth, conservateur en chef à la section copte, et depuis 2008 par Gisèle Hadji-Minaglou, ingénieur de recherche à l’Ifao et archéologue.
Les vestiges du monastère, fondé par saint Apollô à la fin du ive siècle, sont situés en Moyenne-Égypte, à 80 km au nord d’Assiout ; ils couvrent une superficie de 40 hectares. De 2003 à 2007, les travaux se sont concentrés au nord du site, à proximité des fouilles effectuées par Jean Maspero (1913) et par le Conseil suprême des Antiquités (années 1980), et dans sa partie centrale, à l’endroit où Jean Clédat et Émile Chassinat avaient découvert les églises dites nord et sud (1901-1902). Là, et parce qu’il n’existait aucun véritable plan de l’église nord, la fouille s’est appliquée à dégager de nouveau l’édifice afin d’en dresser un plan détaillé et d’en faire l’étude architecturale. Dans le secteur nord, trois sondages ont été effectués, dont l’un s’est poursuivi par la mise au jour d’une construction à usage d’habitation (bâtiment 1). Parallèlement aux fouilles, une prospection géophysique de l’ensemble du kôm archéologique a été entreprise (2004-2007).
Dès 2005, celle-ci avait permis de repérer, au sud du secteur des églises, une grande basilique qui est sans doute, par ses dimensions et sa situation au centre du kôm, l’église principale du monastère. Fouillée depuis 2008, elle a été provisoirement nommée église D, en référence au monument dont une portion du mur nord apparaît sur un document publié par Chassinat en 1911.
Le bâtiment 1, où les travaux se poursuivent et qui remonte au viie siècle, appartient à un complexe plus vaste dont la fouille n’a été qu’entamée. Il se compose de plusieurs pièces se développant autour d’une cour, l’accès se faisant par l’une d’elles au sud-ouest, tandis que du côté est une grande pièce rectangulaire (salle 7) est flanquée de deux autres (nord et sud). Au nord de la cour se trouvent différentes installations domestiques, parmi lesquelles une cuisine.
La salle 7, la plus grande du bâtiment (9 mètres par 5), était décorée de peintures murales couvrant les murs et la voûte. Les murs ouest, nord et sud, encore debout, portent un décor géométrique et végétal. Le mur est s’est effondré en même temps que la voûte : il comportait dans sa partie médiane une niche dans laquelle était peint le Christ trônant, entouré des ailes des séraphins et des quatre vivants encadrés par deux anges. Sur les naissances de la voûte, en grande partie effondrée, est conservée la partie inférieure de scènes bibliques. Les prophètes de l’Ancien Testament (mur sud) préfigurent les scènes du Nouveau Testament (mur nord). Le dégagement progressif des peintures et leur consolidation au fur et à mesure de leur découverte, ainsi que la récupération des fragments et blocs tombés sur le sol de la pièce sont depuis 2006 l’objet principal des travaux effectués dans la salle 7.
Les gravats accumulés dans la pièce ont livré, outre les nombreux fragments d’enduits peints, dont certains d’une surface de grandes dimensions, une fenêtre complète qui était, à l’origine, encastrée dans la partie supérieure du mur est. Les démolitions ont aussi fourni un grand nombre d’amphores inscrites qui avaient été, selon toute vraisemblance, entreposées au-dessus de la pièce et sont tombées en même temps que la voûte. Deux pièces exceptionnelles ont également été trouvées dans les décombres : il s’agit de deux éléments sculptés en bois peint qui étaient à l’origine encastrés dans le mur est, de part et d’autre de la niche centrale. L’une représente l’archange Michel et l’autre l’archange Gabriel. Ces sculptures, qui ont été déposées au Musée copte du Caire, ont été présentées au public dans l’exposition « Coptic Art Revealed » (Le Caire, hiver 2010- 2011), dont elles constituent l’une des pièces maîtresses.
En 2009, l’extension de la fouille au sud du bâtiment 1 a permis la découverte d’un nouvel ensemble de pièces. On peut reconnaître l’utilisation d’au moins deux d’entre elles, une salle de bains et une cuisine. La céramique, comme à l’ordinaire riche en amphores dont certaines inscrites, date le bâtiment 2, comme le bâtiment 1, du VIIe siècle.
L’essentiel de la campagne de 2010 (13 avril – 13 mai) a porté sur la fouille de l’église D, une basilique à trois nefs et à chevet plat, de dimensions imposantes (45 mètres par 30, fouillés jusqu’à aujourd’hui), dont le chevet a été dégagé en totalité, ainsi qu’une partie des nefs (naos). Le chevet se compose de trois parties : au sud une pièce rectangulaire, au centre le sanctuaire (bêma), tandis que la partie nord est divisée en une cage d’escalier et une petite pièce. La pièce latérale sud avait trois entrées : l’une donnait accès au sanctuaire, la deuxième s’ouvrait sur la nef sud et la troisième, située dans l’angle sud-est de la pièce, communiquait avec l’extérieur. Dans la partie centrale du sanctuaire se trouvent les bases de deux colonnes, seuls vestiges de la base de l’autel ou du petit édifice destiné à le protéger (ciborium). Le mur ouest est percé de trois ouvertures qui s’ouvraient sur la nef principale : l’ouverture médiane était fermée par un chancel en bois dont il ne reste que la base, décomposée et pulvérulente. On accédait à la pièce nord par une porte située dans l’angle nord-est du sanctuaire et par le couloir de la cage d’escalier ; ce dernier comprenait vraisemblablement trois volées, un couloir courait sur son côté nord qui s’ouvrait à l’ouest sur le naos et à l’est sur la pièce nord.
La partie jusqu’à présent dégagée du naos avait deux entrées au nord et une autre au sud. L’entrée nord-ouest, la mieux conservée, était flanquée en façade de colonnes engagées. Quant aux colonnes séparant les trois nefs, elles ne sont pas toutes conservées ; trois paires ont toutefois été repérées, dont la troisième se trouve enchâssée dans des piliers au plan en L. Ceux-ci n’ont pas de fondations et s’appuient directement sur le dallage du naos ; ils appartiennent à une réorganisation du plan de l’église, que l’on peut dater de la première moitié du viie siècle grâce aux inscriptions peintes sur des blocs remployés du mur sud de l’église (voir infra). Un premier élément lié à la couverture de l’église et tombé dans le sable a été découvert : il s’agit d’un corbeau en bois qui reposait à l’origine sur le pilier nord et servait de support à un élément de charpente.
Un sondage pratiqué dans la nef sud a révélé la présence sous l’église d’une tombe, en partie creusée dans le rocher, et d’un espace dont la destination n’a pu être déterminée. Ce dernier était remblayé avec des matériaux de construction : morceaux de poutres brûlées, fragments de chapiteaux et quelques enduits peints, provenant sans aucun doute d’une église plus ancienne, située à proximité (?). Dans la tombe, le défunt est orienté estouest, visage tourné vers l’est ; il est enveloppé dans un linceul, une monnaie posée sur le coeur. Un autre sondage, sous l’escalier, a mis au jour cinq tombes de même type qui n’ont pu être fouillées, mais attestent que l’église a été construite au-dessus d’un cimetière. Plusieurs éléments, telles les monnaies trouvées dans les couches en place (sous l’escalier), la céramique ou encore les inscriptions peintes sur une portion reconstruite du mur sud du naos, nous permettent de placer la construction de l’église à la fin du VIe ou au début du VIIe siècle.
L’église D, utilisée durant plusieurs siècles, a subi divers remaniements et employé pour son propre décor des pierres sculptées issues des bâtiments alentour (églises sud et nord notamment). Les trouvailles, riches et variées, apportent beaucoup à l’histoire de la sculpture copte sur pierre. La plus grande partie du matériel trouvé est en calcaire et provient des carrières des montagnes environnantes. Il a trois origines différentes : décor encore en place, remplois ou éléments remblayés. Les sculptures brisées proviennent pour la plupart de frises disposées le long des parois. Des pilastres aux bases moulurées et aux élégants chapiteaux, des éléments de niches ou de portail, complètent notre vision des différents décors. Le portail nordouest, avec ses colonnes engagées rappelant l’une des entrées nord de l’église sud remontée dans les salles du Louvre, et les remplois des deux piliers en L de la troisième travée de la nef, sont les découvertes les plus spectaculaires, témoins de la présence à Baouit d’une véritable tradition du travail de la pierre.
Quant aux récentes découvertes de papyrus et d’ostraca (très fragmentaires et tous provenant de couches de remblai, liés à l’activité économique du monastère aux VIIe-VIIIe siècles), elles restent pour le moment relativement modestes au regard du même matériel issu des fouilles anciennes du site et conservé notamment au musée du Louvre (déjà publié ou en cours d’étude). L’apport de l’épigraphie apparaît en revanche primordial : une série de graffitis en particulier, dédiés au « Dieu de l’archange Michel », ont permis de rendre son vocable à l’église dite nord, tandis que les inscriptions pariétales ont livré plusieurs datations, placées entre 632 (mur intérieur sud de l’église D) et l’extrême fin du xe siècle (mur intérieur nord de l’église sud). Outre les « légendes » des peintures historiées (murs nord et sud de la salle 7), ce sont essentiellement des prières aux saints locaux, de simples signatures de visiteurs ou listes de moines pèlerins ou autochtones, gravées ou le plus souvent tracées en rouge ou en noir et rédigées en dialecte sahidique. Quelques fragments de stèles funéraires ou blocs de pierre inscrits viennent aussi enrichir les répertoires anthroponymique et toponymique du site.

G. Hadji-Minaglou, F. Calament et C. Meurice

English version

The Musée du Louvre and the Cairo-based IFAO (French Institute for Oriental Archaeology) have been collaborating on excavation work at the monastic site of Baouit since 2003, the year in which the archaeological exploration of the site—undertaken in connection with the Louvre’s collections—was resumed. The project was managed by Dominique Bénazeth, chief curator of the Coptic section in the Department of Egyptian Antiquities. Since 2008, the project has been managed by Gisèle Hadji- Minaglou, archaeologist at the IFAO.
Most of the work in 2010 (13 April to 13 May) focused on the excavation of church D, a large three-nave basilica with a flat chevet; the entire chevet and part of the naves (naos) were uncovered. Various modifications had been made to the church, which was used over several centuries; carved stones from neighbouring buildings (the south and north churches, in particular) were used to decorate the church. The rich and varied finds provide important information about the history of Coptic stone sculpture.
A series of graffiti, dedicated to the “God of the Archangel Michael”, enabled an attribution to be made to the “north” church, while the wall inscriptions revealed several dates, situated between the year 632 and the very end of the tenth century.

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ルーヴル美術館 パリ フランス
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水・金:9時-21時45分(夜間開館)

休館日:毎週火曜日、1月1日、5月1日、12月25日
 
 

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