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トードの宝物

© 2008 Musée du Louvre / Christian Décamps

古代エジプト美術
宗教と葬祭信仰

執筆:
Pierrat-Bonnefois Geneviève

王が神にエジプト神殿を奉げる際に、神殿の土台の下に奉献物を埋納する慣わしがあった。トードの宝物は 、その奉献物でも異色なものである。というのも、宝物はトード神殿を造営した人物の後継者によって後々埋められ、そのうえエジプトでは馴染みの無いいくつかの金属が中に入っていたからだ。これは、紀元前2千年紀初期に近東や地中海東部の君主との間に交流があったことを証明している。

ラピス・ラズリと銀製の宝物の発見

1936年に考古学者ビソン・ド・ラ・ロックが、ルクソール近辺のトードの神殿廃墟で素晴らしい宝物を発見した。センウセレト1世( 前1934-前1898年)が造営した神殿の敷石の土台の砂の中から、彼の息子アメンエムハト2世の名が刻まれた銅製の箱が4箱掘り出された。そこには、ラピスラズリの原石、あるいはその加工品の断片、銀塊、銀の鎖、153個の銀杯( ほとんどは折りたたまれていた)と、いくつかの金製品が入っていた。この金銀細工の品はエジプト製ではなく、他に類似した物も知られていない。
それに対してラピスラズリを使った品の起源は分かっている。例えば円筒印章は、紀元前3千年紀全般と紀元前2千年紀初期までのアナトリアからイランの東の境界までにいたる様々な国、ビーズと護符は、主に紀元前3千年紀後半のメソポタミアを起源としている。大部分の断片はあまりにも小さかったのでこれらは、再利用されなかった。この宝物は、永遠に捧げられるための埋納を目的として、メンチュウ神に捧げられた贈り物であった。

銀杯の起源の謎

現在、この銀杯がどこで製造されたのか正確に分かっていないが、クレタ島のミノス文明( クノッソスとファイストスの遺跡、宮殿時代、前1900年-前1700年)の陶磁器に類似している。この陶磁器は金属製の形を模倣したものと推測されるが、このような金属製の杯はトード以外では一切発見されていない。確かに金属は、各世代で溶かされ新しい趣向流行に合わせて作り変えられていたため、他国では消失してしまったが、エジプトでは金属製のモデルとして保存され残っていたのかもしれない。
考古学者たちは鉱山地帯であるアナトリアか、宮廷職人地帯であったシリア北部を起源としたものだと次々に論を唱えた。紀元前2千年紀のシリア北部では高級食器が製造され、ほとんどは交易や外交の品(マリ宮殿の古文書)として使われていたことが分かっている。職人は外国の様式を、例えばミノス芸術を模倣したのかもしれない。シリア北部で集めて揃えられたとしたら多種多様な様式を反映していると推測される。当時、エジプトとレヴァント(特にビブロス)沿岸都市との交流は盛んであった。

鎮壇具の意味

王の年代記にアメンエムハト2世は、父センウセレト1世が他界した直後に神および父に捧げるために多くの基金を出したと記されている。それによれば、アメンエムハト2世は父親に対する敬愛の念から、これらの箱を、父親によって造営された神殿の土台の砂の中に埋めたという。また、これはアメンエムハト2世の戦争の神メンチュウに対する信仰の証でもあった。メンチュウ神は異国の神でもあったため、異国から徴収された税、あるいは交易や外交上などの貢物を受け取る権利があった。
この4箱に入っていた遺宝は、エジプトの宮殿の宝物をより集めたものかもしれない。だから多種多様な品が入っていたのだろう。この種のものでも異色といえるこの遺宝は、エジプトの王の役割をよく反映している。すなわち王は世界中の財産を受け取る権利があり、それをメンチュウ神に捧げる代わりに、神は王の国際的軍事力の維持を約束した。

出典

- MENU Michel, « Analyse du trésor de Tôd », in Bulletin de la Société Française d’Egyptologie, 130, Paris, 1994.

- PIERRAT-BONNEFOIS G., « A propos de la date et de l’origine du trésor de Tôd », in Bulletin de la Société Française d’Egyptologie, 130, Paris, 1994.

- PIERRAT-BONNEFOIS G., « La part du lapis-lazuli dans l’étude du trésor de Tôd », Actes du colloque Cornaline et pierres précieuses, musée du Louvre, Paris, 1999.


Texte écrit à l’occasion de l’exposition Crète-Egypte, Heraklion 2000

Le Trésor de Tôd et ses vases d’argent
Geneviève Pierrat-Bonnefois

Soixante-six ans après sa découverte, le trésor de Tôd garde son mystère, et le dépouillement de la bibliographie sur le sujet a de quoi donner le tournis, tant est grande la variété des problèmes à prendre en compte et la diversité des opinions qui sont émises.
En 1936, F. Bisson de la Roque, le fouilleur du temple du dieu Montou à Tôd, une trentaine de kilomètres au sud de Louxor, mettait au jour quatre coffres de cuivre inscrits au nom d’Amenemhat II qui se trouvaient enfouis dans le sable de fondation sous les dalles du temple de son père Sésostris Ier (1934-1898). Les deux plus grands coffres contenaient des fragments de lapis, brut ou sous forme de débris : perles, incrustations et sceaux de tout le Proche-Orient. Les deux coffres plus petits recélaient de l’argent, sous forme de lingots-plaquettes et de lingots-chaînes, et de 153 vases, pour la plupart repliés, et manifestement non égyptiens. Quelques objets en or complétaient le dépôt  .
Les études sur le lapis-lazuli du trésor sont suffisamment avancées pour que l’on puisse en faire un résumé. Pour les spécialistes en glyptique, les sceaux viennent de tous les horizons, depuis l’Anatolie jusqu’aux confins orientaux de l’Iran, s’échelonnent sur tout le troisième millénaire et le début du deuxième millénaire, aucun n’étant postérieur à l’époque d’Isin et de Larsa  . Le tableau brossé par les perles et autres amulettes ne contredit pas cette fourchette chronologique  .
En revanche, la polémique va encore bon train sur le problème de l’élaboration du trésor, et surtout à propos de l’origine de la vaisselle d’argent. A ce jour, personne n’a sûrement identifié les origines de l’ensemble comme un tout qui serait homogène. La thèse d’une origine égéenne a eu la faveur au début  , en raison de certaines similitudes avec le décor de la céramique du Minoen Moyen I B, qui elle-même imiterait des formes métalliques qui demeurent à découvrir  . Depuis, des opinions différentes se sont manifestées, dont les plus récentes pointent en direction de l’Anatolie, région minière, et de la Syrie du Nord  .
C’est pourquoi l’émotion fut grande quand un excellent parallèle fut trouvé, il est vrai pour un seul type de vase de Tôd en argent, un canthare en or aux anses décorées découvert à Peristeria en Messénie, dans le contexte de la période ancienne des « tombes à fosses » (XVIe siècle av. J.-C.)  . De cette découverte est née une seconde source de discussion : la date du trésor, ou plutôt la date de son enfouissement sous le sol du temple.
J’ai démontré récemment   que, en-dehors de toute considération sur le contenu du trésor, son dépôt a pu avoir lieu à tout moment entre le règne d’Amenemhat II (1898-1866)   et le moment de sa découverte. Cependant, l'hypothèse d'un acte contemporain de son règne me semble la seule recevable. Le mode d’enfouissement ne peut correspondre qu’à un acte votif, une offrande au temple et à ses dieux, qui se doit de porter la « signature » du souverain en exercice, et le seul nom présent dans le trésor est celui d’Amenemhat II.
Les fouilles récentes de Knossos et Phaistos ont livré de bons parallèles de la céramique fine minoenne qui copie les formes de métal, pour le type de la coupe à godrons droits et fonds orné de cercles concentriques (cf. notices n° ). Pour P. Warren et V. Hankey qui se sont penché sur ces comparaisons, le canthare de Peristeria ne serait qu’un héritier de la tradition minoenne d’orfèvrerie  . Pour ces auteurs, l’hypothèse la plus vraisemblable reste que les artisans des vases de Tôd sont des Crétois, ou bien sont en étroit contact avec ces derniers, puisque la céramique minoenne reproduisait ces formes métalliques. Cependant, il n’y a toujours pas de trace de ces modèles de métal, qui constitueraient les équivalents des vases de Tôd.
Les archives des palais de Syrie du Nord, en particulier celles de Mari, mettent en lumière un monde d’échanges entre centres économiques et culturels dans le courant du IIe millénaire, au sein duquel les vases d’argent, comme moyen de paiement et/ou de cadeau, tiennent une bonne place  . Information encore plus précieuse, leur origine est soigneusement déterminée dans leur dénomination ; la Crète, Alep et d’autres sites se trouvent ainsi associés à plusieurs reprises au sein de listes de vases. L’assyriologue qui se penche sur ces textes hésite sur l’interprétation de ces notations : s’agit-il de la mention de l’origine réelle des vases, ou l’indication de leur style ?
Ces études en cours doivent retenir toute notre attention. En effet, aujourd’hui encore, des spécialistes de tous les horizons du monde antique reconnaissent dans l’argenterie de Tôd des traits de parenté avec leur domaine de prédilection, sans qu’aucun puisse revendiquer unilatéralement l’ensemble. Tout se passe comme si ce trésor appartenait à tous les domaines sauf à l’Egyptien. Peut-être cela constitue-t-il un indice sur sa véritable nature, comme l’a observé R. Laffineur : et si le Trésor de Tôd reflétait une diversité d’origine et/ou de style ?
Des analyses faites sur l’argent des lingots-plaquettes et des lingots-chaînes conservés au Louvre donnent des compositions très variées, résultats de fontes de pièces d’origine diverse ; cependant, le rapport des isotopes du plomb ressemble à celui des minerais de Thasos et de la Chalcidique ; la signature isotopique des deux coupes analysées donne un résultat différent, plus proche des mines du Laurion  . Cependant, rien ne prouve pour le moment que ces mines d’argent ont été exploitées au IIe millénaire. Des études en cours sur la région du Taurus pourraient renouveler le tableau  .
Du côté égyptien, on sait par des annales d’Amenemhat II trouvées à Memphis  , relatant probablement sa première année de règne, que, cette année-là, deux bateaux revenant du Liban, rapportèrent entre autres minerais, pas moins de 150 kilogrammes d'argent. Ces annales dénombrent les nombreuses dotations qu’il fit alors envers les dieux et en souvenir de son père Sésostris Ier récemment décédé. Dévotion religieuse envers le dieu guerrier Montou, seigneur des pays étrangers, dévotion filiale et désir d’enraciner la dynastie dans les fondations de Sésostris Ier, époque de relations suivies avec Byblos : le contexte du dépôt de Tôd se dessine bien. A de l’argent peut-être récemment arrivé de l’étranger, on a pu joindre, en Egypte même, du lapis de provenances diverses, afin de compléter le tableau des deux produits minéraux de luxe exotiques par excellence  .
Malgré cette documentation convaincante, il convient de demeurer prudent quant à l’utilisation du trésor de Tôd dans les études de chronologie comparée. Rappelons que la réunion des éléments dans le trésor n’induit ni une origine commune, ni une date commune. Elle implique seulement un terminus chronologique, à placer sous le règne d’Amenemhat II, du fait de la nature rituelle du dépôt.
 

Version anglais. Traduction Laurence Berlandier :

Tôd's treasure and its silver vases
Geneviève Pierrat-Bonnefois

 Sixty-six years after its discovery, Tôd's treasure keeps its mystery. It makes one dizzy to go through the bibliography because of the various problems to take into account and the diversity of related opinions.
 In 1936, F. Bisson de la Roque, who was excavating the god Montou temple in Tôd, about thirty kilometers south from Louxor, discovered four copper boxes inscribed with the name of Amenemhet II. The four boxes had been buried in the foundation sand, under the paved ground of his father's temple, Sesostris I (1934-1898). The two biggest boxes contained fragments of rough lapis-lazuli and small pieces of the same material : beads, incrustations and cylinder-seals from all the Near-East. The two smallest boxes included silver ingots-plaquettes and ingots-chains, plus 153 silver vases, most of them being flattened, obviously not Egyptian. Some golden items completed this deposit   .
 The studies on the treasure's lapis pieces are advanced enough, so we are able now to sum up the situation. For the glyptic specialists, the seals come from all places, from Anatolia to Iran eastern borders. They range over the whole of the third millennium and the beginning of the second one. No seal is posterior to Irsin and Larsa periods   . The beads and amulets corroborate this chronological limit   .
 On the other hand, the problem of the treasure composition is still very controversial, and especially concerning the origin of the silver vases. Until now, nobody has been completely sure of the homogeneity of the silver vessels origins. At the beginning, some similarities with the decoration of the Middle Minoan IB pottery favoured the hypothesis of an aegean origin   . Moreover, it seems that this earthenware imitate metallic shapes that are still to be discovered   . Since then, different opinions emerged. The most recent ones point out to Anatolia, which was a mining region, and Northern Syria  .
 The emotion was great when an excellent parallel was drawn between one kind of Tôd's silver vase and a golden kantharos with ornamented handles, found in Peristeria, Messenia, in the "shaft graves" old period context (XVI century B.C)  . This discovery gave rise to a second discussion about the treasure date, or rather its burying date underneath the temple.
 I recently showed   that, regardless of the treasure contents, the deposit may have occurred at any time between the reign of Amenemhet II (1898-1866)   and the time of its discovery. However, I think that the hypothesis stating that the deposit was made during his reign is the only possible. The burying only can be a votive action, an offering to the temple and its gods, supposed to bear the "signature" of the reigning souvereign. The only name mentionned in the treasure is the one of Amenemhet II.
 Recent excavations in Knossos and Phaistos have brought some satisfying parallels of fine Minoan earthenware. This earthenware imitates metal shapes, as the straight moulded arcades cups ornamented with concentric circles on the bottom (see entries n°). P. Warren and V. Hankey have studied these comparisons. They think that the Peristeria kantharos could only be an heir of the Minoan metal working tradition   . For these authors, the most likely hypothesis remains that the Tôd's vases artisans were Cretan or were in close contact with Cretans, since Minoan earthenware was reproducing these metallic shapes. However, there is still no trace of these metal prototypes, which would be equivalent to Tôd's vases.
 The Northern Syria palaces archives, particularly those from Mari, enlighten a world of exchanges between economical and cultural centers in the course of the second millennium. At this time, silver vases were widely used as way of payment and/or present  . There is an even more precious information : their designation precisely determine their origin. Thus, Crete, Alep and other sites find themselves together on vases lists. The assyriologist who studies these texts hesitates on how to interpret these notations : do they mention the true vases origin or do they indicate their style ?
 We must pay attention to all these current studies. Indeed, even today, specialists in all areas of ancient world recognize similarities between Tôd's silverware and their own field, but no one of them can unilaterally claim the whole of silver vases. Everything occurs as if this treasure belonged to all areas except the Egyptian one. As observed by R. Laffineur, this may constitute an indication on its real nature : and what if Tôd's treasure expressed an origin and/or style diversity ?
 Analyses were made on the ingots-plaquettes and ingots-chains silver kept in the Louvre. They show various compositions resulting from the melting down of different origins pieces. Nevertheless, the lead isotopes ratio approaches that of the Thasos and Chalcidic ores; the isotopic signature of two analyzed bowls yields a different result, closer to the Laurion mines  . However, there is no evidence at present that these silver mines were exploited in the second millennium. Some current studies on the Taurus region could modify this situation  .
 On the Egyptian side, we learned from the annals of Amenemhat II, found in Memphis  . and reporting probably his first year of reign, that, during this year, two boats returning from Lebanon brought no less than 150 kg of silver, among others ores. These annals enumerate the many donations which he gave to gods and in memory of his recently deceased father, Sesostris I. The context of Tôd's deposit seems to be well-explained : religious devotion to the warrior god Montou, lord of foreign countries, filial devotion and desire to firmly set the dynasty in the foundations of Sesostris I, and period of regular relations with Byblos. At that time, on could have put together in Egypt itself some silver recently imported and some lapis from different countries so as to complete the table of the two luxurious and exotic mineral products  .
 Despite this convincing documentation, we have to remain cautious about the place given to Tôd's treasure in studies of compared chronology. Let's recall that the reunion of the treasure elements does not mean that hey share a common date and origin. It only suggests a chronological end to be placed in the reign of Amenemhat II, due to the ritual nature of the deposit.
 

作品データ

  • トードの宝物

    この宝物は年代がまちまちな品から構成され、紀元前2000年代まで遡る。アメンエムハト2世( 前1898-前1866年)治世下で集められて埋納されたもの。

    トード、上エジプト

  • 銅含有の金属、ラピスラズリ、銀、金、鋳造,鋲打ち、打ち出し

    一番大きい箱:高さ20cm、幅45cm、奥行き20cm

  • 1936年に発掘分配分としてエジプト政府から寄贈

    E 15128 à E 15318

  • 古代エジプト美術

    シュリー翼
    1階
    神殿
    展示室12

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ルーヴル美術館 パリ フランス
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月・木・土・日:9時-18時
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