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L’Antiquité rêvée. Innovations et résistances au XVIIIe siècle

Hall Napoléon, 2 décembre 2010 – 14 février 2011
Commissariat général : Henri Loyrette, musée du Louvre, et Marc Fumaroli, de l’Académie française
Commissaires : Guillaume Faroult, département des Peintures, Christophe Leribault, département des Arts
graphiques, et Guilhem Scherf, département des Sculptures

L’exposition « L’Antiquité rêvée. Innovations et résistances au xviiie siècle » a été entreprise avec la volonté de rendre compte de la fertilité d’un siècle, le xviiie, dont la modernité fut pétrie de références au passé. Cette confrontation dynamique avait pris sa source à Paris, à la fin du xviie siècle, dans le cadre de l’Académie française, où se forma « la querelle des Anciens et des Modernes ». Ce conflit toucha bientôt l’Académie royale de peinture et de sculpture où l’on osa proférer cette question :
les chefs-d’oeuvre modernes peuvent-ils égaler ceux légués par l’Antiquité ? Cette question reprit une considérable vigueur au cours du deuxième tiers du xviiie siècle, et ce à une échelle européenne, quand les théoriciens de l’art, les critiques et les artistes eux-mêmes entreprirent de régénérer l’art de leur temps en se reportant directement aux sources de l’art antique. Cette exigence se trouva favorisée à la fois par l’abondance exceptionnelle des découvertes (notamment sur les sites d’Herculanum et de Pompéi) et aussi par la structuration progressive des champs de l’archéologie (en particulier grâce au comte de Caylus en France ou à Johann Joachim Winckelmann à Rome) et de l’histoire de l’art (avec la publication de l’Histoire de l’art dans l’Antiquité de Winckelmann en 1764).
C’est véritablement à la fin des années 1960 que les historiens de l’art, anglo-saxons tout d’abord, entreprirent d’étudier et, surtout, de réévaluer l’art européen de cette période qualifiée de « néoclassique » grâce aux ouvrages fondateurs de Robert Rosenblum, Transformations in Late Eighteenth Century Art (1967), et de Hugh Honour, Neo-classicism (1968), auxquels on peut adjoindre l’admirable somme de Svend Eriksen, Early Neoclassicism in France, publiée en 1974. L’exposition « The Age of Neo-classicism », présentée à Londres en 1972, rassembla un ensemble exceptionnel de près de deux mille oeuvres couvrant un champ considérable, tant géographique (de l’Espagne à la Russie) que chronologique (de 1760 à 1840). Aucune entreprise ne put depuis prétendre à une telle ampleur ! Depuis une quinzaine d’années, des expositions majeures ont rendu compte, essentiellement à l’étranger, de la vitalité de l’art de cette période, et ce jusqu’à l’exposition « Le Goût à la grecque. La naissance du néoclassicisme dans l’art français », organisée par le musée du Louvre et présentée à Madrid et Lisbonne en 2007-2008, puis à Athènes en 2009-2010.
Notre projet s’inscrit dans la lignée de ces entreprises et entend, pour la première fois depuis l’exposition londonienne de 1972, présenter une approche synthétique de l’art européen de cette période néoclassique. Bien entendu, nous ne pouvions pas prétendre brosser toute l’histoire de l’art européen sur près de soixante-dix années (de 1720 à 1790 environ) avec la sélection de quelque cent cinquante-sept oeuvres que nous avons pu rassembler.
Dans un premier temps, pour raconter le déploiement de cette histoire qui s’impose dans ses grandes lignes de 1720 à la fin des années 1760 environ, nous avons opéré des choix selon cinq axes déterminants : le buste à l’antique ; le parcours d’un artiste exemplaire, Edme Bouchardon ; les débats intellectuels et académiques au cours de ces années ; la question du renouveau du décor antique et celle, enfin, de la représentation de l’histoire (dans son acception académique) suivant le modèle antique.
Pour la première fois dans le cadre d’une exposition, nous avons voulu évoquer cette période néoclassique sur un mode contradictoire. Aussi avons-nous consacré la deuxième partie, en son centre donc, aux différentes « résistances » qu’opposèrent les artistes en réaction à ces innovations à l’antique. En effet, au cours des années 1760-1790, il y eut des théoriciens et des créateurs pour contester cette prééminence de l’Antiquité et en appeler à d’autres courants artistiques hérités du passé. Notre investigation se décline selon trois directions : un courant « néobaroque », une certaine veine « néomaniériste » et l’esthétique du « sublime ».
Enfin, dans un troisième mouvement, qui nous porte jusqu’au début des années 1790, lorsque la Révolution française marqua une profonde césure dans la vie politique et, plus largement, dans l’histoire européenne, nous avons tenté d’éclairer certains aspects exemplaires des « néoclassicismes » triomphants depuis la fin des années 1770, à savoir le goût du décorum martial, l’exemple du grand homme, l’apologie de la vertu et, enfin, le corps magnifié, manifestation d’un art épuré et d’une humanité régénérée.
La force du projet reposait, croyons-nous, sur le croisement de ces références multiples au passé qui sont autant de manières de le rêver, c’est-à-dire de le recréer selon différentes attentes. Ainsi, l’Antiquité – sans cesse invoquée par les différents créateurs que nous présentons dans l’exposition – n’est pas une, mais multiple, et semble plus modelée dans l’étoffe des songes que sculptée dans le marbre.
Notre entreprise a bénéficié de la remarquable contribution de Marc Fumaroli, de l’Académie française, qui, dès l’origine, a participé à la définition du propos, et des interventions des professeurs Thomas Gaehtgens et Christian Michel, ainsi que d’autres éminents spécialistes : Stephen Astley, Angelo Loda, Helen Smailes et, tout particulièrement, Alexandre et Bénédicte Gady.

G. Faroult, Ch. Leribault et G. Scherf

English Version

At the end of the seventeenth century, one of the most widely discussed questions at the Académie Royale de Peinture et de Sculpture in Paris was whether modern masterpieces could ever equal those handed down from Antiquity. The question arose again in the later eighteenth century, this time on a European scale, when art theorists, critics, and the artists themselves turned to the art of Classical Antiquity as a source of regeneration for the art of their own times, in reaction to the works that came to light during the excavations at Herculaneum and Pompeii, and with the birth of the new fields of archaeology and art history.
At the end of the 1960s, art historians, especially in Britain and America, began to re-evaluate European art of the period described as Neoclassical.
Over the last fifteen years major exhibitions—especially outside France— have highlighted the vitality of the art of this period.
Through a selection of over one hundred-and-fifty major works, the exhibition Antiquité rêvée. Innovations et résistances au XVIIIe siècle (Antiquity Revived: Neoclassical Art in the Eighteenth Century) adopted a three-part synthetic approach to the art of this Neoclassical period in Europe:
- between 1720 and 1760, in opposition to the Parisian taste for rocaille and “decorative” Italian baroque, a stylistic renewal swept through all the arts, stimulated by archaeological discoveries and academic debates.
- however, in the 1760s, certain artists chose to express their unique vision of a less archaeological, more fanciful idea of Classical Antiquity, justifying this approach by inspiration from the Renaissance, the seventeenth century, and even the Middle Ages, which was synonymous with national antiquity.
- in the last quarter of the century, a more universal language emerged that largely took inspiration from the heroic values of the epoch, illustrated in the exhibition through the themes of the “Triumph of Mars”, “Great Men”, “The Apology of Virtue”, and “The Body Idealised”.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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