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L’apport scientifique du récolement des fragments de vases grecs dans les musées américains

Projet suivi par Christine Walter et Marie-Josée Castor

L’idée que nous nous faisons de l’archéologie au XIXe siècle est bien souvent très en deçà de la réalité, s’agissant notamment du devenir du vase grec après sa découverte. Nous attribuons souvent aux vases grecs un destin exemplaire, dans l’intégrité de leur forme, à l’abri de tout démantèlement, dans une institution muséale ou dans une collection privée.
Mais il en fut bien souvent autrement. Ainsi, de nombreux fragments de la collection Campana du musée du Louvre peuvent être rapprochés d’autres pièces conservées dans les musées américains, italiens, allemands ou hollandais.
Les raisons de la dispersion des vases et de leurs fragments sont diverses. Tout d’abord, certains des objets destinés à être livrés à Napoléon III lors de l’achat de la collection Campana ont pris d’autres chemins que celui de Paris. Des oeuvres ont en effet été extraites de la collection avant leur départ de Rome puis écoulées auprès de différents collectionneurs. Par ailleurs, Campana se serait procuré auprès d’autres collectionneurs ou marchands des fragments destinés à combler les lacunes des vases sortis de ses propres fouilles, effectuées en Étrurie de 1832 à 1857.
Au XXe siècle, le projet consistant à réintégrer les disjecta membra dans leurs pièces maîtresses fut véritablement une affaire de connaisseurs. La première personne qui s’y consacra fut sir John Beazley (1885-1970), qui, dans ses publications céramologiques, s’efforça de signaler les rapprochements qu’il repérait. De même, le Metropolitan Museum à New York a bénéficié – à la suite des recherches menées sans relâche pendant plus de quarante ans par son conservateur Dietrich von Bothmer (élève de Beazley) – d’un nombre important de dépôts de fragments « Campana » en provenance du Louvre afin de compléter des oeuvres de ses collections. En échange, le musée du Louvre recevait d’autres fragments lui permettant de compléter ses propres vases.
Les soixante-dix-sept fragments déposés pendant près de quarante ans (de 1968 à 1989) ont donc été replacés dans leurs vases d’origine et ces opérations ont considérablement enrichi la recherche scientifique. Toutefois, d’un simple point de vue administratif, un problème se pose : il est souvent difficile aujourd’hui de repérer ces fragments dans l’oeuvre qu’ils ont réintégrée. L’envoi de tessons souvent inédits et n’ayant pu faire l’objet de fiches informatisées a considérablement compliqué la traçabilité de ces oeuvres, propriété pourtant inaliénable des collections françaises. Le récolement effectué en 2011 aura donc permis de faire un bilan utile, sur le plan scientifique et administratif.

Ch. Walter

 

English version

 

In 2011, the inventory review of seventy-seven fragments of Greek vases, which the Louvre loaned to the Metropolitan Museum of Art between 1968 and 1989, has clarified the traceability of these exchanges, which, in the scientific spirit of the times, were carried out on the initiative of Dietrich Von Bothmer, Beazley’s pupil and curator at the Met, with the objective of reconstituting the Greek vases.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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