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L'archéologie de la Grèce du Nord : bilan et perspective

Projet suivi par Sophie Descamps

L’exposition « Au royaume d’Alexandre le Grand. La Macédoine antique », présentée au musée du Louvre (hall Napoléon) du 13 octobre 2011 au 16 janvier 2012, a permis de faire le point sur l’ensemble des œuvres de Grèce du Nord conservées au département. Ces œuvres ont été restaurées dans leur très grande majorité. À la lumière des données liées aux fouilles récentes conduites en Macédoine, elles ont été au centre de nouvelles études typologiques, stylistiques et chronologiques et ont été commentées de manière approfondie, aussi bien dans les textes introduisant les différents chapitres que dans les notices développées du catalogue. Les documents d’archives susceptibles d’apporter des renseignements sur le contexte des trouvailles ont été dépouillés afin de préciser les provenances et d’identifier des ensembles.
À l’exception de quelques rares objets très incomplets ou dont le lieu de découverte demeurait peu assuré, toutes les œuvres de la Macédoine antique conservées au département, dont plusieurs en réserve, figurent ainsi dans le catalogue et ont été présentées dans l’exposition aux côtés des œuvres prêtées par les éphories et les musées grecs, offrant à la communauté scientifique nationale et internationale de nouveaux éléments de comparaison pour les recherches à venir et la possibilité de mesurer l’ampleur de la collection du Louvre, une ampleur qu’explique le rôle pionnier joué par les Français, au XIXe siècle et au début du XXe siècle, dans la découverte archéologique de la Grèce du Nord, région alors peu explorée.
Durant la première moitié du XIXe siècle, la Macédoine ne bénéficiait pas encore d’une archéologie raisonnée. Les découvertes demeuraient aléatoires. Les œuvres entrées au musée du Louvre de 1817 à 1843 témoignent ainsi du caractère fortuit d’acquisitions qui étaient liées à la présence en Grèce du Nord de quelques érudits ou officiers de marine et surtout à celle des consuls en poste à Salonique, tels Esprit Marie Cousinéry ou Louis Félix Jacques Despréaux de Saint-Sauveur. Ces derniers ont repéré notamment, au cours de leurs missions, les œuvres antiques remployées dans des constructions modernes. Les provenances étaient alors au mieux fondées sur la tradition orale ou sur quelque rapport de témoins oculaires au moment de la mise au jour des œuvres, sans connaissance ni étude précise des contextes.
L’approche archéologique change radicalement dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les œuvres acquises par le musée en 1863, à la suite de la mission scientifique de Léon Heuzey et d’Honoré Daumet menée sous l’égide de Napoléon III , sont les premières à avoir été accompagnées de dessins, de relevés et de commentaires précis sur les fouilles. L’exposition a permis de faire connaître l’ensemble de ces découvertes, ainsi que d’identifier et de confirmer l’origine de plusieurs œuvres en s’appuyant non seulement sur quelques notes manuscrites d’Heuzey et sur la publication exemplaire des deux savants, datée de 1876, mais également sur plusieurs dessins inédits de Daumet, déposés en 1912 à la bibliothèque de l’Institut de France. L’étude des deux tombes « macédoniennes », à façade et à portes de marbre, de Korinos près de Pydna et de Palatitza, celle des fragments architecturaux de l’aile nord et de l’aile est du palais royal d’Aigai, capitale dynastique du royaume de Macédoine, ont pu être ainsi renouvelées et complétées. Ont notamment été retrouvés les fragments d’enduits peints ramassés dans les sépultures – fragment à décor de faux marbre du dromos de la tombe de Korinos, fragment du sol et de l’une des parois de la tombe de Palatitza – ou encore deux appliques de bronze d’une porte du palais d’Aigai. Les fragments d’enduits peints ont été étudiés par le C2RMF.
Le début du XXe siècle a été marqué, quant à lui, par les fouilles du Service archéologique de l’armée d’Orient, institué en mai 1916 par le général Maurice Sarrail afin de préserver de la destruction et d’étudier les vestiges susceptibles d’être mis au jour fortuitement par les garnisons basées dans les environs de Thessalonique. Le service comptait alors parmi ses collaborateurs des militaires qui, dans la vie civile, étaient archéologues – anciens membres de l’École française d’Athènes –, historiens – tel l’archiviste paléographe Léon Rey –, architectes et peintre. Il bénéficiait de l’aide des sections géographique, photographique et aéronautique de l’armée. Plusieurs sépultures ont été mises au jour entre 1916 et 1918 : la tombe « de la Maternité » à Thessalonique ; une tombe « macédonienne » sous tumulus à Kavakli (proche d’Agios Athanasios) ; des sarcophages à Zeitenlik/Stavroupolis ; quatre-vingt-deux tombes de la nécropole de Karabournaki ; les tombes de la nécropole de Bohémitsa/Axioupolis. Les marques d’invention, affectées par site et par tombe aux œuvres recueillies, témoignent de la rigueur des explorations, qui furent particulièrement remarquables à Zeitenlik et Karabournaki. Le mobilier funéraire, rassemblé dans la maison de fouilles de l’armée à Thessalonique, a été catalogué par Léon Rey avant son envoi partiel à Paris en 1917 et 1919. Les antiquités demeurées en Grèce appartiennent aujourd’hui aux collections de l’actuel Musée archéologique de Thessalonique. Les marques d’invention, mais également quelques documents du reportage photographique effectué à l’ouverture des tombes ou encore les aquarelles et les relevés à l’encre des œuvres exhumées, exécutés par le peintre Jean Lambert et déposés en 1924 à la bibliothèque de l’Institut de France, ont permis d’identifier plusieurs vases conservés dans les réserves respectives du Louvre et du Musée archéologique de Thessalonique. Ce travail n’est pas achevé. Les tapuscrits inédits de Léon Rey, généreusement confiés au Louvre par son fils Jean-Gabriel Rey à l’occasion de la préparation de l’exposition, apportent des données nouvelles sur la répartition du mobilier funéraire entre les deux musées. Ils sont accompagnés de photographies et de descriptions qui permettront d’identifier d’autres offrandes déposées à l’origine dans les sépultures de Karabournaki.

S. Descamps

English version

The exhibition In the Kingdom of Alexander the Great: Ancient Macedonia (see “Exhibitions” section) provided an opportunity to study all the works from northern Greece held in the department, which, for the most part, were restored for this event. In light of the data relating to recent excavations carried out in Macedonia, they were subjected to new typological, stylistic and chronological studies and were described in detail, both in the introductory texts for each chapter and in the comprehensive entries of the catalogue. The archive documents that provide information on the context of the finds were examined in great detail in order to determine the provenances and identify the ensembles.

(Voir Année 2010,

Etudes : http://www.louvre.fr/recherches-sur-l%E2%80%99histoire-de-l%E2%80%99arch...

et Année 2011, Expositions )

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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