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Accueil>Expositions & Actualités>Conférences et colloques>La nécropole d'Itanos (Crète orientale) : apport des fouilles...

par Athena Tsingarida et Didier Viviers, Université Libre de Bruxelles

La cité grecque d’Itanos, située à l’extrémité orientale de la Crète, a connu un développement à la fois ouvert sur l’Égée et relativement original dans le contexte crétois, à partir du VIIIe s. au moins et jusqu’à la fin de l’Antiquité.

Si deux campagnes de fouille, en 1899 et en 1950, sous l’égide de l’École française d’Athènes, ont tenté de révéler les vestiges de cette cité crétoise, c’est surtout à partir de 1994 qu’un programme plus systématique d’étude s’est attaché à enrichir notre documentation archéologique. Parmi les secteurs explorés, celui de la vaste nécropole qui se situe au nord-ouest de la ville avait déjà fait l’objet d’un sondage en 1950, à partir duquel l’exploration fut reprise au cours de trois campagnes (1996, 1997 et 1999). Celles-ci permirent de mettre au jour une partie, relativement limitée, de la nécropole classique et hellénistique, non sans offrir quelques traces, ténues mais assurées, d’une occupation antérieure, remontant probablement aux VIIIe-VIIe s. av. n. ère.

L’interruption de l’activité funéraire aux VIe et Ve siècles, attestée par ailleurs sur la grande majorité des sites crétois, n’était pas démentie par la reprise de la fouille, à l’exception de vestiges situés directement à l’ouest de la portion de cimetière que l’on avait pu dégager. Ces vestiges archaïques, précisément datés des VIe et Ve siècles, font, depuis 2011, l’objet d’un élargissement de la fouille afin d’en percevoir le plan complet et si possible d’en mieux comprendre la signification.

Ainsi, et pour la première fois en Crète, une continuité d’occupation funéraire du VIIIe au Ier s. av. n. ère, en un même secteur, se laisse appréhender et nous autorise enfin à rendre compte de l’hiatus archéologique constaté ailleurs. Au-delà, c’est une histoire des pratiques funéraires que l’on peut tenter de replacer dans l’évolution du contexte social, politique et culturel de cette cité crétoise, entre rituels collectifs et structures familiales, entre maintien des traditions ancestrales et ouverture aux influences extérieures.

Athéna Tsingarida est archéologue et historienne de l’art grec. Docteur de l’Université d’Oxford et ancienne Senior Associate Member de l’École américaine d’Athènes, elle enseigne l’histoire de l’art et l’archéologie du monde grec à l’Université libre de Bruxelles. Ses travaux portent sur la céramique grecque et la réception de l’Antiquité classique au XIXe s. à travers l’histoire des Collections. Elle a également participé à des chantiers de fouilles en Syrie et en Grèce et est en charge de l’étude de la céramique grecque mise au jour sur le site de Kastro à Siphnos. Depuis 2011, elle co-dirige avec Didier Viviers la fouille du complexe archaïque et le programme de restauration de la nécropole d’Itanos. Elle coordonne, depuis 2012, avec le professeur Irene Lemos (Université d’Oxford), un programme de recherches sur les pratiques rituelles collectives et la construction de l’identité sociale en Grèce proto-archaïque et archaïque.  

Didier Viviers est historien et archéologue. Ancien membre de l’École française d’Athènes, il est membre de l’Académie royale de Belgique et enseigne l’histoire grecque et l’archéologie du paysage urbain à l’Université libre de Bruxelles. Il a mené des fouilles à la fois en Grèce (Thasos et Itanos) et en Syrie, où il dirige la mission archéologique belge d’Apamée. Ses travaux portent, entre autres, sur les cités crétoises du Ier millénaire av. n. ère, sur la citoyenneté grecque et sa dimension culturelle, sur les processions, l’urbanisme antique, l’artisanat et les ateliers de sculpteurs grecs. Il a été Professeur invité à l’École Pratique des Hautes Études et a donné des cours et des séminaires dans plusieurs universités européennes. Depuis 2010, il est Recteur de l’Université libre de Bruxelles et  préside également, depuis 2013, le Réseau français des Instituts d’Études avancées.

Parmi leurs publications :
N. Malagardis & A. Tsingarida, Corpus Vasorum Antiquorum, Musée du Louvre n° 27, 2008.

D. Viviers & B. Haut, « Analysis of the Water System of the Ancient Roman City of Apamea », in L.W. Mays (éd.), Ancient Water Technologies, 2010, p. 139-169.

D. Viviers, « Une cité crétoise à l’épreuve d’une garnison lagide : l’exemple d’Itanos », in J. Chr. Couvenhes, S. Crouzet et S. Péré-Nogues (éd.), Pratiques et identités culturelles des armées hellénistiques du monde méditerranéen. Hellenistic Warfare 3, 2011, p. 35-64.

A. Tsingarida & D. Viviers (éd.), Pottery Markets in the Ancient Greek World (8th -1st century B.C.), 2013.

 

 

Cycle(s) : Actualité de la recherche archéologique, 2013-2014

Informations pratiques

Lieu
Auditorium du Louvre

Accès
Métro : Palais-Royal / Musée du Louvre.
Entrée par la pyramide, le passage Richelieu ou les galeries du Carrousel.
Parking du Carrousel ouvert de 7h à 23h.
 
Entrée libre dans la mesure des places disponibles

Programme

Conférences de l’Actualité de la recherche archéologique

20 conférences en entrée libre : programme feuilletable en ligne

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