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Les décors de lambris du XVIIIe siècle

Projet suivi par Frédéric Dassas

Le programme de recherche sur les lambris du XVIIIe siècle est étroitement lié au projet de rénovation des salles du XVIIIe siècle et aux travaux de restauration entrepris à cette occasion. Il a pour vocation d’aboutir à la publication du catalogue de cette partie de la collection.

Les lambris du XVIIIe siècle conservés au Louvre
Deux premiers ensembles provenant des hôtels Le Bas de Montargis et Dangé sont entrés au Louvre en 1898, au moment de la vente par l’État de ces hôtels qui abritaient jusqu’alors le siège du gouvernement militaire de Paris. Une partie des décors de l’hôtel Dangé a été utilisée, complétée et transformée pour servir de cadre à la collection Isaac de Camondo dans l’aile Mollien du Louvre, au moment de sa présentation en 1914 ; restés en place depuis, ces décors ont été démontés au moment des travaux du Grand Louvre en 1995.
Jusqu’en 2005, le musée a présenté dans les salles du département des Objets d’art consacrées au XVIIIe siècle les fragments de décors d’architecture suivants :
– un trumeau de miroir et deux encadrements de niches de l’hôtel Le Bas de Montargis, place Vendôme à Paris, décors exécutés vers 1705-1707 par Jules Hardouin-Mansart pour son gendre Claude Le Bas de Montargis ;
– trois trumeaux de miroirs, deux encadrements de portes et un décor de bibliothèque provenant de l’hôtel Dangé, place Vendôme, décors exécutés vers 1750 à l’intention de François Balthazar Dangé, fermier général ; ces deux premiers ensembles sont entrés au Louvre en 1898, au moment de la vente par l’État de ces deux hôtels, qui abritaient jusqu’alors le siège du gouvernement militaire de Paris ;
– le décor du grand salon du château d’Abondant (Eure-et-Loir), exécuté en 1747-1750 par François Simon Houlié pour le marquis de Sourches ; ce décor, donné au Louvre en 1989 par les laboratoires Lafon, avait été remonté en 1994 ; son caractère exceptionnel repose sur le fait qu’il est toujours accompagné d’une partie de son mobilier ;
– un ensemble d’éléments provenant de la grande chambre du duc de Chevreuse à l’hôtel de Luynes, rue Saint-Dominique à Paris, décors exécutés en 1766-1767 pour le duc de Chevreuse, gouverneur de Paris, sous la direction de Pierre Louis Moreau-Desproux ; ce décor fut légué au Louvre en 1962 par Mme Pierre Lebaudy.
Par ailleurs, le musée conservait dans ses réserves un nombre assez important de fragments à l’identification incertaine, réputés provenir des hôtels Le Bas de Montargis ou Dangé, ou entrés au Louvre avec l’ensemble du legs Lebaudy.

L’élaboration du projet de présentation des lambris
La reprise de l’étude de ces ensembles décoratifs a été rendue impérative par le lancement de la réflexion sur le cadre architectural des futures salles XVIIIe siècle du département.
Le travail a porté dans un premier temps sur l’identification des fragments conservés en réserve et la détermination de leur provenance exacte. Il a ensuite été nécessaire de faire une distinction entre les parties anciennes et les nombreux compléments des XIXe et XXe siècles qui accompagnaient les différents éléments. La confrontation des résultats de l’enquête conduite sur les œuvres avec les informations livrées par les sources et les photographies anciennes a permis de définir le cadre général du projet de présentation de ces œuvres : restitution intégrale de quatre pièces pour lesquelles la richesse des décors subsistants et le degré de sûreté des informations livrées par la documentation le permettaient (salon d’assemblée, cabinet et cabinet en bibliothèque de l’hôtel Dangé, grande chambre de l’hôtel de Chevreuse), reprise et intégration des fragments dans un cadre architectural nouveau pour les pièces dont il n’était pas possible de proposer une restitution fiable (chambre de l’hôtel Dangé, éléments de l’hôtel Le Bas de Montargis). À ce stade, les lambris du salon du château d’Abondant, pour lesquels ce même travail avait été entrepris en 1994 au moment de l’installation du décor dans les salles du musée, n’appelaient pas de remarque particulière.
L’intégration des pièces ainsi définies dans leur volume et dans leur organisation au sein des espaces de l’aile nord de la cour Carrée, de sorte que soient respectées la cohérence de l’articulation entre les séquences, la logique des circulations et celle de la disposition de chaque décor, a constitué la contrainte majeure à partir de laquelle s’est construit le parcours muséographique des futures salles. Une fois celui-ci défini, il a été possible de mettre au point le détail de chaque projet de restauration.

Les travaux de restauration des lambris
Le programme de restauration a été établi en 2011. Les interventions ont porté sur les menuiseries (remise aux dimensions d’un grand nombre d’éléments qui avaient été augmentés ou diminués, restitution des assemblages), sur les décors sculptés, sur les décors peints (remise au jour des polychromies anciennes, restauration des scènes figurées) et sur les dorures : les dorures anciennes avaient en effet été la plupart du temps recouvertes de médiocres dorures à la mixtion ou d’une épaisse couche de peinture.
Ce travail a permis de retrouver les dorures originales et le décor de faux marbre qui ornaient encore l’un des trumeaux de l’hôtel Le Bas de Montargis demeuré dans les réserves depuis son entrée au musée, ainsi que les fonds bleu vif des panneaux du cabinet de l’hôtel Dangé. Le dégagement des scènes peintes représentant des jeux d’enfants du même ensemble, lourdement repeintes au XIXe siècle, compte parmi les autres heureuses surprises de l’année écoulée.
Parallèlement, un travail minutieux de restitution des parties lacunaires a été entrepris, limité dans le cas du cabinet de l’hôtel Dangé aux seules croisées et à quelques éléments de lambris bas, parfois plus important, comme dans celui du cabinet en bibliothèque du même hôtel, dont plusieurs parcloses et un trumeau de miroir avaient disparu depuis le démontage de la fin du XIXe siècle.

La restitution du cadre architectural et décoratif
Au-delà des seuls panneaux de lambris, l’étude des données historiques a permis de proposer des solutions de restitution cohérentes des éléments disparus mais intégralement constitutifs du cadre décoratif originel : parquets, corniches, plafonds, cheminées, meubles d’étoffe. S’il était irréaliste de tenter de restituer le satin blanc broché et rebrodé de figures chinoises de la grande chambre du duc de Chevreuse, le salon d’assemblée de l’hôtel Dangé retrouvera un damas vert susceptible d’évoquer celui mentionné lors de l’inventaire de 1778, et le cabinet voisin des rideaux de damas à bandes bleues et blanches conformes à la description de la pièce en 1772. Les rideaux de soie peinte et rebrodée du grand salon d’Abondant seront exécutés en conformité avec le fragment de rideau ancien provenant de la pièce et qui est conservé au département.

Des enrichissements récents
Enfin, la collection de lambris du département s’est récemment enrichie de deux ensembles peints à décor d’arabesques de très grande qualité : les éléments de porte et parcloses provenant du second cabinet turc du comte d’Artois dans son appartement du château de Versailles, dépôt du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, et un ensemble de panneaux réputés provenir de l’hôtel Guimard, don de la famille Guerrand-Hermès en 2011. Les résultats de leur étude viendront abonder ceux déjà réunis lors de celle des autres décors.

F. Dassas

English version

The renovation of the eighteenth-century galleries of the Department of Decorative Arts is an opportunity for a thorough study of the historic panelling kept in the Louvre. This panelling, displayed only in part previously or held in the storerooms, has been systematically studied to restore the former arrangements of the decor. The initial results of the research have contributed toward defining the museographical context for the forthcoming eighteenth-century rooms of the Department of Decorative Arts.

Informations pratiques

Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi
24 et 31 décembre 2014 : ouvert jusqu'à 17h

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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