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Les ivoires d’Arslan Tash

Projet suivi par Élisabeth Fontan et Giorgio Affanni

     Un ensemble exceptionnel d’ivoires a été découvert en 1928 sur le site d’Arslan Tash, par une mission du musée du Louvre dirigée par François Thureau-Dangin, conservateur en chef du département des Antiquités orientales.
     Arslan Tash, nom qui signifie « la pierre au lion », est situé à l’extrême nord de la Syrie, à quelques kilomètres de la frontière turque et à l’est de l’Euphrate. Deux campagnes de fouilles ont été menées au cours de l’année 1928 : la première s’est déroulée au printemps avec la participation du père dominicain Augustin Barrois, de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, et de Georges Dossin, épigraphiste à l’université de Liège, la seconde à l’automne avec le concours de Maurice Dunand.
     Les fouilles ont notamment mis au jour un palais néoassyrien du Ier millénaire avant J.-C. et un autre bâtiment, plus ancien, appelé le « bâtiment aux ivoires », sans doute un autre palais. Arslan Tash / Hadatu était, comme le site voisin de Tell Ahmar / Til Barsip, une capitale provinciale de l’Empire assyrien aux ixe-viiie siècles. C’est dans les quinze derniers jours de juin 1928, après le départ de Thureau-Dangin et Dossin, qu’eut lieu la découverte par le père Barrois du lot le plus important des fameux ivoires. Les ivoires, qualifiés traditionnellement de phéniciens, constituaient un décor de mobilier, associés à des éléments de verre coloré. Les fouilleurs ont retrouvé les traces de un ou peut-être deux lits ou bien d’un lit et d’un trône.
     La publication parut dès 1931 : Arslan Tash, par F. Thureau- Dangin, A. Barrois, G. Dossin et M. Dunand. Cent quatorze ivoires y sont publiés. Ils ont été partagés entre le Louvre et le musée national d’Alep, selon la réglementation en vigueur à l’époque du mandat. Quarante-six d’entre eux sont aujourd’hui conservés au département des Antiquités orientales, soixante et onze sont exposés à Alep. Cependant, un certain nombre d’ivoires qui figurent dans la publication ne sont pas inventoriés au Louvre et ne sont ni exposés ni répertoriés à Alep. En revanche, certaines oeuvres présentées dans les vitrines d’Alep n’apparaissent pas dans la publication. De plus, six plaquettes de très belle qualité sont conservées à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.
     Par ailleurs, un nombre important d’ivoires attribués d’un point de vue stylistique à Arslan Tash se trouvent dans des musées où ils sont arrivés via le commerce de l’art. Ils ont tous été acquis d’Élie Borowski, marchand à Bâle, qui luimême les aurait achetés en 1955 à un antiquaire parisien. Dixsept de ces ivoires ont été acquis par le Metropolitan Museum de New York en 1957, un en 1966 par le musée de Hambourg, quarante et un éléments entiers ainsi qu’une centaine de fragments par le Badisches Landesmuseum de Karlsruhe entre 1970 et 1972, enfin vingt et un ont été déposés en 1992 au Bible Lands Museum de Jérusalem.
     L’origine de ces oeuvres est obscure. Sans doute y eut-il des fouilles clandestines entre les deux campagnes de fouilles ou juste après la fermeture du chantier et/ou des vols dans un local de stockage. L’examen des oeuvres a permis de constater que certains fragments provenant du commerce complétaient des plaquettes issues de la fouille, ce qui prouve que la majeure partie des ivoires de la collection Borowski proviennent bien d’Arslan Tash. Les recherches sont en cours pour retracer l’histoire mouvementée de cette collection.
En 2006 a été lancé le projet d’une nouvelle publication de l’ensemble des ivoires d’Arslan Tash, fruit d’une collaboration entre le musée du Louvre, l’université de Bologne et la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie (DGAMS).
     L’équipe chargée de l’étude et de la publication est composée de : Élisabeth Fontan, conservateur en chef au département des Antiquités orientales ; Giorgio Affanni, docteur (université de Turin) ; Annie Caubet, conservateur général honoraire (musée du Louvre) ; Serena Maria Cecchini, professeur émérite (université de Bologne) ; François Poplin, professeur au Muséum d’histoire naturelle ; Fabrizio Venturi (université de Bologne) ; Maria Giulia Amadasi, professeur à l’université de Rome.
     Le sommaire provisoire est le suivant :
     Introduction historique (S. M. Cecchini)
     Origine de la matière animale et modes de fabrication (A. Caubet et F. Poplin)
     Histoire des fouilles et de la collection d’ivoires (É. Fontan)
     Étude iconographique et stylistique (G. Affanni)
     Catalogue
     Essai de reconstruction du mobilier (É. Fontan et G. Affanni)
     Appendice : Les inscriptions (M. G. Amadasi)

Parallèlement, l’université de Bologne sous la direction de Serena Maria Cecchini a effectué, en collaboration avec la DGAMS, une nouvelle mission d’étude sur le terrain pour préciser la stratigraphie et la chronologie. En effet, au cours des fouilles anciennes, aucune céramique, aucun tesson n’a été recueilli. Le problème réside dans l’absence de protection du site, qui est entièrement recouvert par le village moderne. En 2007 a eu lieu une mission de relevé topographique, suivie en 2008 d’une mission de prospection géomagnétique. La fouille s’est déroulée en septembre 2009.
     L’étude des oeuvres a débuté en 2006 et s’est terminée en décembre 2010. Chaque pièce a fait l’objet d’un examen sous loupe binoculaire, de photographies et de dessins (les deux faces et les tranches), d’un examen et de photos sous lumière UV. Le récolement d’environ deux cents oeuvres a permis d’établir le catalogue, qui est en voie d’achèvement.
Cette étude s’est accompagnée de campagnes de restauration confiées à Juliette Levy, Agnès Cascio et Marie-Emmanuelle Meyohas notamment, au Louvre, où le travail est terminé, et à Alep (en cours), dans le cadre de la coopération entre le musée du Louvre et la DGAMS.
     Parallèlement, un programme d’analyses en laboratoire a été entrepris en collaboration avec le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) sous la direction d’Ina Reiche et de Katarina Müller, dont une première tranche a été effectuée en 2010.
     Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large des nouvelles recherches sur les ivoires du Ier millénaire menées par Georgina Herrmann pour Nimroud et par Claudia Suter pour Samarie.

É. Fontan

English version

     An archaeological mission from the Musée du Louvre, led by François Thureau-Dangin (head of the Département des Antiquités Orientales), discovered an exceptional set of ivories at the Arslan Tash archaeological site (Syria) in 1928. Most of the ivories, which were allotted to the Louvre and the Aleppo National Museum in accordance with the regulations at the time, were published in 1931.
     The differences between the works that appeared in the publication and those kept in the Louvre and Aleppo, and the fact that certain works acquired by other museums were stylistically similar to the published works from Arslan Tash, led to the project for a publication (“catalogue raisonné”) of all the ivories from Arslan Tash.
     The members of the team which conducted the study and compiled the catalogue are: Elisabeth Fontan (Musée du Louvre), Giorgio Affanni (Turin University), Annie Caubet (Musée du Louvre), Serena Maria Cecchini (University of Bologna), Fabrizio Venturi, François Poplin (Muséum d’Histoire Naturelle), and Maria Giulia Amadasi (University of Rome). The study of the works included conservation programmes, and a series of laboratory analysis was conducted in collaboration with the C2RMF (Centre for Research and Restoration of the Museums of France).
     At the same time, the Italian division has renewed fieldwork at the site to verify the stratigraphic and chronological data (September 2007, 2008, 2009).
     This study is part of a larger project of new research into the ivories of the 1st millennium bc, conducted by Georgina Herrmann for Nimrud, and Claudia Suter for Samaria.

Informations pratiques

Adresse et téléphone :
Musée du Louvre, 75058 Paris - France
+ 33 (0)1 40 20 53 17

Horaires :
Ouvert tous les jours de 9h à 18h sauf le mardi
Nocturnes jusqu’à 21h45 le mercredi et le vendredi

Fermetures :
Les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre

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