Sur les parois de la tombe du chef des travaux Ptahouash fut gravé le récit de sa syncope. Le roi Neferirkaré (vers 2475 av. J.-C.) inspectant l’un de ses chantiers, fit transporter le malade au palais puis, après le verdict des médecins, pria le dieu soleil Ré pour sa guérison. Ce texte constitue la plus ancienne attestation d’une référence à un «écrit» utilisé dans le cadre d’une consultation médicale.
Des écrits médicaux de l’époque pharaonique, il ne subsiste aujourd’hui qu’une douzaine de témoins. Parmi les plus remarquables, on compte :
- le papyrus Ebers conservé à la bibliothèque de l’université de Leipzig, le plus long connu à ce jour (20 m) datant du début du Nouvel Empire, vers 1500 av. J.-C. ;
- le papyrus 3038 conservé au Musée égyptien de Berlin (5,70 m) datant de la 19e dynastie, vers 1200 av. J.-C. ;
- le papyrus Edwin Smith (4,70 m) conservé à la bibliothèque de l’Académie de médecine de New York datant du début de la 18e dynastie, vers 1550 av. J.-C. ;
- le papyrus Hearst (3,50 m) conservé à la bibliothèque Bancroft de l’université de Californie à Berkeley datant de la 18e dynastie, vers 1470 av. J.-C.
Le papyrus médical nouvellement acquis par le musée du Louvre comble de façon exceptionnelle une lacune dans les collections nationales. D’une longueur estimée de 7 m, écrit de façon continue sur ses deux faces, ce document est désormais le deuxième papyrus connu au monde par ses dimensions, par le nombre et la longueur des textes qu’il porte.
Il a été acheté en 1953 par un particulier qui résidait alors en Égypte et fut cédé quelques années plus tard à un autre particulier qui le conserva jusqu’en 2006. Classé trésor national, ce papyrus a été acquis par l’État pour le musée du Louvre grâce au mécénat de la société Ipsen en application de la loi relative au mécénat, aux associations et aux fondations.
Du fait de son extrême fragilité, seules cinq des huit plaques de verre entre lesquelles il est conservé ont présentées lors de l’exposition du 6 juin au 6 août 2007 dans une atmosphère et un éclairage contrôlés. En complément, d’autres objets issus des collections du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre illustrent certains aspects des textes consignés sur ce papyrus, témoin exceptionnel de l’art du médecin égyptien.