L’exposition regroupe caftans, bijoux et accessoires ayant appartenu aux membres de la maison ottomane et provenant, en grande majorité, du Musée du Palais de Topkapi. Ces effets, témoins de la longévité de la dynastie ottomane (1299-1922), furent préservés durant des siècles dans les mausolées impériaux d’Istanbul ou entreposés dans l’ancien Trésor privé du Palais. Objet d’un entretien régulier, ils étaient enveloppés dans des housses en tissu, des bohça-s, étiquetées au nom du sultan qui les avait portés. Ils forment aujourd’hui une collection unique au monde, riche de plus de 3000 pièces et dont une petite partie est exceptionnellement prêtée au musée du Louvre. L’exposition se subdivise en plusieurs sections : histoire de la collection et conservation des objets présentés ; éléments composant le vêtement du sultan ; textiles à effets de surface, imprimés ou appliqués ; velours ; lampas ; seraser (textile le plus coûteux et tissé exclusivement dans l’atelier rattaché au palais d’Istanbul) ; organisation de la production de textile ; chemises talismaniques.
Des chefs d’œuvres de la fin du XVe au XVIIIe siècle
Les chefs d’œuvre présentés s’échelonnent de la fin du XVe siècle au début du XVIIIe siècle, période durant laquelle le vêtement sultanien évolue peu et ne copie pas encore les modes européennes. Les différents éléments composant la tenue publique du sultan (caftans, couvre-chefs, ornements, accessoires) sont remis en situation par la présence de portraits officiels. S’y ajoutent quelques vêtements talismaniques, ornés d’une profusion de formules religieuses calligraphiées à l’encre et destinées à protéger la personne du sultan dans des situations de danger (maladie, campagne militaire). Les textiles les plus précieux produits dans l’Empire ottoman sont évoqués : velours de soie (kadife et çatma), lampas (kemha, zerbaft et serenk) et soieries à fil d’or et d’argent (seraser). Tous ces textiles, qui faisaient un grand usage de fils de métal précieux, étaient fabriqués dans des ateliers rattachés au Palais d’Istanbul ou dans différentes villes d’Anatolie et d’Europe orientale. Brousse, ville du Nord-ouest de l’Anatolie, située au point d’aboutissement des caravanes de la soie venant d’Iran, était le plus grand centre de production et de commerce de ces textiles. La production, dûment règlementée et contrôlée par le pouvoir central, était assurée par des corps d’artisans spécialisés organisés en guildes, telle la guilde des kemhaci, fabricants de kemha.
Motifs décoratifs
Les motifs floraux (œillets, tulipes, etc.) dominent le répertoire décoratif et s’organisent en réseaux de médaillons ogivaux ; ce schéma de composition est repris à la même époque par les céramistes ottomans pour les décors de céramique des monuments séculiers ou religieux. D’autres motifs, plus abstraits, reviennent fréquemment : doubles vagues, stylisation des tigrures de grands félins et symboles de force ; triple sequins, d’origine astrale ou imitant le pelage des panthères. On retrouve ces motifs sur les trônes des sultans, le mobilier de Topkapi comme dans l’ensemble de la production artistique.
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Books, DVDs & CD-ROMs
The museum's editorial policy centers on making an extraordinary wealth of content accessible to as many people as possible in a range of media.
An exploration of the buildings that have dominated the heart of Paris since the end of the 12th century, and the museum that has occupied their rooms since 1793.