Le musée du Louvre et les institutions qui lui sont rattachées (Musée Eugène Delacroix et jardin des Tuileries) se mobilisent afin d'accueillir du mieux possible leurs visiteurs nationaux et étrangers. Mais le Louvre ne se contente pas d’accueillir les visiteurs qui viennent à Paris : afin de renouveler pleinement cette vocation d’universalité qui lui incombe depuis sa création, il se porte au-devant d’autres publics.
En France, ceci passe notamment par une politique de dépôts active, par l'organisation d'expositions Louvre "hors les murs", en lien étroit avec les musées en région. L’un des projets essentiels dans ce domaine est le projet de création, en association avec la région Pas-de-Calais, du Louvre-Lens dont l’ouverture est prévue en 2012. Le Louvre-Lens, dont la conception architecturale a été confiée à l’équipe japonaise Sanaa, aura vocation de présenter de façon innovante les collections nationales, avec une présentation semi-permanente et un programme d'expositions ambitieux.
Le Louvre, un rayonnement international
Cette volonté d’ouverture dépasse nos frontières. Le Louvre, de plus en plus, joue un rôle majeur dans la diplomatie culturelle. L’art a ceci de grand qu’il transcende les contingences ou les tensions politiques et contribue au dialogue des cultures et des civilisations en valorisant le génie universel à travers les siècles.
Cette ouverture internationale se traduit bien sûr par l’organisation d’expositions (aux Etats-Unis, au Japon, en Arabie Saoudite, en Chine, en Corée, en Australie, à Singapour, au sultanat d’Oman, au Canada, en Europe). Rien que sur les deux années 2008-2009, le Louvre présente des expositions dans 16 pays, pour un public estimé à 6,5 millions de visiteurs.
Mais cette ouverture se traduit aussi par une politique dynamique de partenariat. Des partenariats avec des pays ou des institutions étroitement liées aux collections que nous possédons.
Dans certains cas, il s’agit de renouveler ou de renforcer des partenariats avec les pays d’où nos œuvres sont issues (ex : la Syrie, l’Egypte ou l’Iran).
Dans d’autres cas, il s’agit de s’ouvrir à des terres nouvelles, pour couvrir les champs géographiques actuellement absents ou sous-représentés dans nos collections. C’est en particulier le cas de l’art des Amériques, de l’art slave, du Soudan ou de l’Asie centrale. Depuis quelques années, le Louvre s’attache ainsi à combler ces manques, que ce soit à travers sa politique d’acquisitions et d’expositions ou encore par le biais d’accords de coopérations culturelle et scientifique.
Le Louvre, conservatoire des musées de l’art
S’ajoute à cela un phénomène nouveau : le Louvre est aussi un Conservatoire des métiers de l’art, et son expertise, de plus en plus, est sollicitée partout dans le monde.
C’est pour toutes ces raisons que nous avons été appelés à renforcer notre action internationale et à inventer de nouveaux modes de coopération. En partant d’un principe clair : nous ne sommes pas chez nous à l’étranger. Nous sommes donc bien dans une logique de partenariat, et non d’antenne : toutes nos actions se font en lien étroit avec les institutions culturelles locales.
Dans ce cadre, le Louvre apporte son soutien sous les formes les plus diverses : aide à la rénovation de musées et missions d’expertise (ex : Syrie, Egypte, Soudan, Equateur…), coopération scientifique et accueil de chercheurs étrangers (ex : Yémen, Libye), fouilles archéologiques (ex : Soudan, Iran, Egypte, Syrie…).
De nouvelles formes de coopération inédites ont également été engagées avec succès (notamment le partenariat avec le High Museum d’Atlanta, de 2006 à 2009) ou encore le projet MuseumLab, au Japon, engagé fin 2006, qui est une initiative expérimentale destinée à voir comment les outils technologique les plus sophistiqués peuvent permettre une meilleure compréhension de l’art.
Parmi ces partenariats internationaux, j’évoquerai aussi le cas particulier et exceptionnel, par sa nature comme son ampleur, du projet « Louvre Abou Dabi ».
Créé par la signature le 6 mars 2007 d’un accord intergouvernemental entre la France et les Emirats arabes unis, le Louvre Abou Dabi permettra la construction d’un musée nouveau, inédit, singulier, associant l’expérience et le savoir faire séculiers du Louvre et des musées nationaux et le dynamisme des Emirats arabes unis. Il ouvrira fin 2013 dans un bâtiment conçu par l’architecte Jean Nouvel, offrant une déclinaison majestueuse de l’architecture arabe.
Voir le Magazine consacré au projet Louvre Abou Dabi
Le Louvre, un musée ancré dans le XXIe siècle
Si ses collections s'arrêtent à la date charnière de 1848, le Louvre n'est pas pour autant une institution du passé. Depuis le projet Grand Louvre qui a permis en 1989 de doubler la surface d'exposition, le musée ne cesse d'évoluer avec son temps.
Il se dote d'un site Internet novateur et performant, véritable musée virtuel complémentaire du musée réel.
Il s'ouvre résolument à l'art contemporain, à l'occasion des expositions ou de manière plus pérenne dans le Palais du Louvre. Ainsi, il contribue activement à entretenir l'essentiel dialogue entre génies du passé et artistes d'aujourd'hui.
Enfin, alors que 2009 a vu la célébration des vingt ans de la pyramide et du Grand Louvre, le musée souligne son inscription dans une modernité architecturale, muséographique et pédagogique en créant de nouveaux espaces, en réaménageant d’autres lieux qui le nécessitent. La création d’un lieu nouveau, dans la cour Visconti, pour les magnifiques collections du département des Arts de l’Islam constitue l’un des grands projets du Louvre. Rendue possible grâce aux généreux mécénats du prince Al Walid et de sa Majesté Mohammed VI, la construction des nouvelles salles a été confiée à l’architecte Rudy Riciotti. L’ouverture est prévue en 2012. De même, le Louvre a entrepris, grâce au projet du Louvre Atlanta, la rénovation des salles dédiées à la présentation des collections d’objets d’art du XVIIIe siècle, l’une des plus importantes et plus belles dans ce domaine. Elle permettra, dès 2012, grâce à la muséographie du décorateur Jacques Garcia, de les admirer dans une présentation renouvelée.
Pour disposer des moyens de ses missions et de ses ambitions, le musée a modernisé en profondeur son mode de gestion et de financement. Dès 2003, le Louvre a été le premier musée français à signer un contrat de performance avec l’Etat, document qui confère au musée une plus grande autonomie et fixe sur trois ans la contribution de l’Etat ainsi que les objectifs à atteindre sur la période. En parallèle, le Louvre s’attache à développer ses ressources propres avec une politique active de mécénat (individuels, entreprises) qui rend possible la réalisation de ses nombreux projets : expositions, acquisitions de trésors nationaux, aménagements muséographiques. Plusieurs cercles de mécènes sont créés, en France (Cercle des jeunes mécènes, cercle Louvre Entreprises, Cercle Cressent…) comme à l’étranger (American Friends of the Louvre, Cercle International…). Dernière innovation, en 2009, le Louvre crée un « fonds de dotation » (calqué sur le modèle des endowment anglo-saxons) destiné à soutenir, à long terme, les grands projets de développement du Louvre. Autant d’innovations qui doivent nous permettre de réaliser nos missions culturelles et scientifiques, touchant tout à la fois à la préservation de notre patrimoine, la programmation culturelle, l’enrichissement des collections, le développement de la recherche, une politique des publics renouvelée.
C'est ce musée aux mille facettes, immense et intime, que je vous invite à découvrir.