Acquise en 1840 auprès du marchand Nieuwenhuys par James de Rothschild et restée depuis dans cette illustre collection, la Sainte Madeleine de Quentin Metsys (Louvain, vers 1465-1466-Anvers, 1530) a rejoint aujourd’hui les collections du Louvre. Comme celle du musée d’Anvers, plus petite et vraisemblablement antérieure, cette Sainte Madeleine de Metsys correspond au développement d’une iconographie liée à la pensée érasmienne : le geste de l’ouverture du vase, allusion au vase de parfum dont elle oignit les pieds de Jésus lors du repas chez Simon, symbolise l’ébauche de sa conversion. Son élégance de courtisane, soulignée par un léger déhanchement, est contrebalancée par le mouvement de son âme, exprimé par son geste retenu et son expression de méditation intérieure. Sans doute datable vers 1515-1520, elle apporte à la collection du Louvre, déjà riche de trois tableaux de Metsys, un exemple de son art au plus proche du maniérisme anversois par sa grâce affectée et chatoyante, mais bien distinct de lui par son calme et sa monumentalité.