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Arts Graphiques : XVIe siècle

Antoine CARON (Beauvais, 1521 - Paris, 1599)
Portrait d'Henri II (1519-1559) et de Catherine de Médicis (1519-1589)
Entre 1561-1562 et 1572
© R.M.N.
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Cartel
Antoine CARON (Beauvais, 1521 - Paris, 1599)
Portrait d'Henri II (1519-1559) et de Catherine de Médicis (1519-1589)
Entre 1561-1562 et 1572
Plume, encre brune, lavis brun clair, rehauts de blanc, tracé préparatoire à la pierre noire et au stylet sur une feuille rapportée sur une autre.
Les portraits à la plume et encre noire, lavis gris et brun sont sur des pièces de papier rapportées.
H. : 41,6 cm. ; L. : 56,5 cm.
Vente Sotheby's, Londres, 14 mai 1912, partie du n 264. Don du comte Robert de Billy et de la comtesse de Billy, 1948, en mémoire de Maurice Fenaille.
RF29713
Arts graphiques
Auteur(s)
Grollemund Hélène
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Portrait d'Henri II (1519-1559) et de Catherine de Médicis (1519-1589)

Ce dessin représentant au centre, les portraits du roi Henri II et de son épouse Catherine de Médicis, appartient à une série de compositions allégoriques et historiques relatives au règne des Valois, depuis François Ier jusqu'à Charles IX. Cette série intitulée Histoire françoyse de notre temps date du règne de Charles IX. Elle illustre un texte rédigé par Nicolas Houel, un apothicaire parisien soucieux de courtisanerie à l'endroit de la famille royale.
Notice

Portrait posthume


La composition adopte un schéma tripartite structuré par un encadrement, inspiré des principes décoratifs mis en oeuvre par Rosso dans la Galerie François Ier à Fontainebleau. Au centre, le double portrait royal - où les visages ont été rapportés sur une première esquisse encore visible par transparence - mêle les insignes usuels de la majesté et les images fabuleuses de la mythologie. Henri II est représenté en armure, suivant l'idéal chevaleresque. Il porte le collier de l'ordre royal de Saint-Michel et, comme son épouse, le manteau d'hermine orné de fleurs de lys des souverains français. Pour faire comprendre que leur autorité appartient à un ordre supérieur à celui du commun des mortels, les effigies de l'un et de l'autre sont dominées par une représentation de l'Olympe d'où Jupiter envoie Mercure remettre au roi les insignes de son pouvoir : les couronnes et le sceptre. Plusieurs détails soulignent qu'à l'époque où ces portraits ont été faits, Henri II est mort (l'obélisque derrière lui peut être lu comme un monument funéraire) et qu'il a transmis à la reine le pouvoir (il lui passe ici le flambeau en forme de corne d'abondance). L'ombre présente du côté du roi, le jour qui se lève du côté de la reine, symbolisent aussi ce décès.

A la gloire du roi


Le reste du décor est également éloquent. En haut, de part et d'autres des armes du roi et de la reine, et en bas de chaque côté d'un cartouche, les femmes avec des cornes débordantes de fruits sont des allégories de l'Abondance. A gauche, Apollon, dieu de la musique et de la poésie et Minerve, déesse guerrière et industrieuse, encadrent un médaillon avec un temple où un bouc est conduit au sacrifice. A droite, Junon, déesse souveraine et protectrice des femmes mariées (qu'on ne s'étonne donc pas de voir au plus près de Catherine de Médicis), et Cérès, déesse maternelle de la terre et de la végétation, flanquent un autre médaillon dévolu à une scène de moisson. Tout cela voudrait indiquer une prospérité idéale, que ni le règne de Henri II, ni moins encore la régence de Catherine de Médicis pendant la minorité de Charles IX, n'ont connue.

Aspiration à l'absolu


Fils de François Ier et de Claude de France, Henri II avait été marié à Catherine de Médicis en 1533, bien avant de monter sur le trône en 1547. Sa mort, en 1559, mit fin à un règne qui avait conservé un esprit de compétition avec les Habsbourg (Charles Quint puis Philippe II) et le souci du prestige littéraire et artistique dont François Ier s'était déjà fait le champion. Le chiffre d'Henri II dans la bordure gauche du dessin associe le croissant de lune de la Diane antique à l'initiale du souverain. Il se réfère à la devise "jusqu'à ce qu'il ait rempli son globe", qui fait des phases de la lune le symbole de l'aspiration à l'absolu et en particulier à la monarchie absolue, impériale. De l'autre côté, le double M couronné, accompagné de la devise, appartient en propre à Catherine de Médicis.

Documentation
- CORDELLIER Dominique, Visages du Louvre : Chefs-d'oeuvre du portrait dans les collections du Louvre, cat. exp. Tokyo, Musée national d'art occidental, 1991, notice 62, p. 128-129.

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