passer le menu
logo du musée du Louvre - page d'accueil de louvre.fr

A la Une
Collections & Départements
Antiquités orientales
Présentation du département
Œuvres choisies
Dernières acquisitions
Œuvres hors les murs
Œuvres à redécouvrir
Bibliographie
Chronologie
Cartes
Lieux de documentation
Antiquités égyptiennes
Antiquités grecques, étrusques et romaines
Arts de l'Islam
Sculptures
Objets d'art
Peintures
Arts graphiques
Kaléidoscope
Bases de données


Accueil - Œuvres - Collections & Départements - Antiquités orientales - Œuvres choisies - Mésopotamie

Antiquités orientales : Mésopotamie

Code de Hammurabi, roi de Babylone
1792-1750 av. J.-C.
© R.M.N./H. Lewandowski
Zoom - (nouvelle fenêtre)
Détails
Cartel
Code de Hammurabi, roi de Babylone
1792-1750 av. J.-C.
Iran, Suse
Basalte
L. : 0,65 m. ; H. : 2,25 m.
Fouilles Jacques de Morgan, 1901-1902
Sb 8
Antiquités orientales
Plan interactif
Auteur(s)
Claire Iselin (d'ap. Béatrice André-Salvini)
Ajouter à mon album
 

Code de Hammurabi, roi de Babylone

Le Code de Hammmurabi est l'emblème de la civilisation mésopotamienne. La haute stèle de basalte érigée par le roi de Babylone au XVIIIe siècle av. J.-C. est une oeuvre d'art, un ouvrage historique et littéraire et le recueil juridique le plus complet de l'Antiquité, antérieur aux lois bibliques. Transporté par un prince du pays voisin d'Élam en Iran, au XIIe siècle av. J.-C., le monument fut exposé sur l'acropole de Suse au milieu d'autres chefs-d'oeuvre mésopotamiens prestigieux.
Notice

Une tradition juridique


Cette stèle de basalte a été érigée par le roi Hammurabi de Babylone (1792-1750 av. J.-C.) probablement à Sippar, la ville du dieu-soleil Shamash, divinité de la Justice. D'autres exemplaires de ce monument, qui s'inscrit dans une tradition, étaient déposés dans les villes de son royaume. Deux compositions juridiques sumériennes, celles du roi Ur-Namma d'Ur (vers 2100 av. J.-C.) et de Lipit-Ishtar d'Isin (vers 1930 av. J.-C.), précèdent l'oeuvre de Hammurabi. Recueil juridique le plus important du Proche-Orient ancien puisqu'il a été rédigé avant les lois bibliques, le code se définit comme l'aboutissement de ces essais. Le texte, qui occupe la majeure partie de la stèle, constitue la raison d'être du monument. La scène figurée qui le domine représente le roi recevant l'investiture de Shamash. Remarquable par son contenu juridique, cette oeuvre est aussi une source exceptionnelle pour notre connaissance de la société, de la religion, de l'économie et de l'histoire événementielle de cette époque.

Le contenu du Code


Le texte est rédigé en écriture cunéiforme et en langue akkadienne. Il se divise en trois parties :
- un prologue historique relate l'investiture du roi Hammurabi dans son rôle de "protecteur du faible et l'opprimé", ainsi que la formation de son empire et ses réalisations ;
- un épilogue lyrique résume son oeuvre de justice et prépare sa perpétuation dans l'avenir ;
- ces deux passages littéraires encadrent près de trois cents lois ou décisions de justice, se référant à la réglementation de la vie quotidienne dans le royaume de Babylone. La partie légale reflète la langue quotidienne ; l'écriture est ici simplifiée, car le roi voulait qu'elle soit comprise par tous. Par contre les décisions de justice sont toutes construites selon la même structure : une phrase au conditionnel énonce un problème de droit ou d'ordre social ; elle est suivie d'une réponse au futur, sous forme de sanction pour le fautif ou de règlement d'une situation : "si un individu a fait telle action, il lui arrivera telle chose".
Regroupés en chapitres, les sujets abordés couvrent les droits pénal et civil. Les plus importants concernent la famille, l'esclavage, le droit professionnel et commercial, agricole et administratif. Des mesures économiques fixent les prix et les salaires. Le chapitre concernant la famille, fondement de la société babylonienne, est le plus important : il traite des fiançailles, du mariage et du divorce, de l'adultère et de l'inceste, des enfants, de l'adoption et de l'héritage, des devoirs de la nourrice. Les cas sont abordés sous tous leurs aspects, ce qui permet de réunir le plus grand nombre possible d'observations.

La signification du monument


Le Code de Hammurabi a d'abord une valeur de modèle, en tant que traité de l'exercice du pouvoir judiciaire, écrit selon l'optique de la science mésopotamienne qui ne s'élève jamais du particulier au général. L'observation de plusieurs cas semblables ne donne pas lieu à l'énoncé d'un principe général et universel, c'est-à-dire à une loi. Il ne s'agit pas en effet d'un code de lois dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui, mais plutôt d'un recueil de jurisprudences. Les contradictions et illogismes que l'on peut relever (deux cas semblables entraînant des résultats différents) s'expliquent par le fait qu'il est ici question de jugements particuliers dont on a enlevé les éléments trop intimes, par exemple le nom des protagonistes. Parce qu'en Mésopotamie la justice était une prérogative royale, Hammurabi présente un choix des décisions de justice les plus sages qu'il a dû prendre lui-même ou ratifier.
Mais, plus qu'un simple instrument d'éducation, cette stèle est bien un code des règles et prescriptions établies par une autorité souveraine et donc un code de lois. Il ne comporte pas seulement une liste d'arrêts de justice, mais aussi un catalogue des villes et territoires annexés au royaume de Babylone. La stèle de son roi Hammurabi se veut le bilan d'un des règnes les plus prestigieux de l'ancienne Mésopotamie. Écrite dans les dernières années de la vie du souverain, elle est un testament politique destiné aux princes à venir auxquels elle propose comme modèle un idéal de sagesse et d'équité. Le Code servit en effet de modèle littéraire pour les écoles de scribes qui le recopièrent pendant plus de mille ans.

Documentation
- ANDRE-SALVINI Béatrice, Le Code de Hammurabi, collection Solo, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 2003.

- BERGMANN E. S. J., "Codex Hammurabi", in Textus Primigenius, Édition Tertia, Rome, 1953 (autographie).

- DRIVERS G. R., MILES J. C., The Babylonians Laws, Oxford, Clarendon Press, vol. 2, 1952 et 1955.

- FINET André, Le Code de Hammurabi, collection "Littératures anciennes du Proche-Orient", Éditions du Cerf,  Paris, 2002, n 6.

- MORGAN Jacques (de), JEQUIER Gustave, "Premier royaume susien", in Mémoires de la Délégation en Perse, vol. VII, "Recherches archéologiques", 2e série, Paris, 1905, pp. 28-29, pl. 5.

- ROTH Martha, Law collections from Mesopotamia and Asia Minor, Scholars Press, Atlanta, 1995.

- SCHEIL Vincent, "Code des lois de Hammurabi (Droit Privé), roi de Babylone, vers l'an 2000 av. J.-C.", in Mémoires de la Délégation en Perse, vol. IV, "Textes élamites et sémitiques", 2e série, Paris, 1902, pp. 111- 162.

- SZLECHTER Émile, Codex Hammurabi, Rome, 1977 (transcription, traduction).

Parcours de visite

La Mésopotamie et la Bible
De nombreux parallèles sont perceptibles entre la culture mésopotamienne et la Bible, soulignant leur appartenance à une tradition commune L’influence mésopotamienne s’exerça particulièrement lors de l’exil des Hébreux à Babylone, quand, menacés de disparition, ceux-ci entreprirent la rédaction des textes majeurs de la Bible.

Autres parcours

Base de données des oeuvres exposées - Atlas

Base Atlas
© Musée du Louvre
Bases de données
Consultation des 35000 oeuvres exposées : retrouvez les informations accompagnant traditionnellement les oeuvres, rédigées par les conservateurs.

Dossiers

Découvrez l'histoire de l'art et des civilisations dans les rubriques "Dossiers thématiques" et "Oeuvres A la loupe". Le Magazine vous entraîne dans une vision revisitée des collections et du palais.
Dossiers thématiques
A la loupe
Parallèle