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Accueil - Œuvres - Collections & Départements - Peintures - Œuvres choisies - Peinture italienne

Peintures : Peinture italienne

Leonardo di ser Piero DA VINCI, dit Léonard de VINCI (Vinci, 1452 - Amboise, 1519)
Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo
Entre 1503 et 1506
© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard
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Détails
Cartel
Leonardo di ser Piero DA VINCI, dit Léonard de VINCI (Vinci, 1452 - Amboise, 1519)
Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo
dite Monna Lisa (Mona Lisa), la Gioconda ou la Joconde
Entre 1503 et 1506
Huile sur bois (peuplier)
H. : 77 cm. ; L. : 53 cm.
Acquis par François Ier en 1518
INV. 779
Peintures
Plan interactif
Auteur(s)
Cécile Scailliérez
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Portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo

Le portrait fut probablement peint à Florence entre 1503 et 1506. Il s'agirait du portrait de Lisa Gherardini, épouse de Francesco del Giocondo, marchand d'étoffes florentin, dont le nom féminisé lui valut le "surnom" de Gioconda, francisé en "Joconde". La Joconde ne fut sans doute pas livrée à son commanditaire. Il semble que Léonard l'ait emportée en France et que son élève et héritier Salaï l'ait rapportée en Italie. Mais on ignore comment elle parvint dans la collection de François Ier.
Notice

Lisa Gherardini, épouse del Giocondo


L'histoire de La Joconde demeure obscure : ni l'identité du modèle, ni la commande du portrait, ni le temps pendant lequel Léonard y travailla, voire le conserva, ni encore les circonstances de son entrée dans la collection royale française ne sont des faits clairement établis.
Deux événements de la vie conjugale de Francesco del Giocondo et Lisa Gherardini pourraient avoir suscité la réalisation de ce portrait : l'acquisition d'une maison personnelle en 1503 et la naissance d'un second fils, Andrea, en décembre 1502, venu réparer le deuil d'une fille décédée en 1499. Le léger voile sombre qui couvre la chevelure, parfois tenu pour un signe de deuil, est en fait d'un usage assez commun et le signe d'une conduite vertueuse. Aucun élément du costume ne semble remarquable ou signifiant, ni les manches jaunes de la robe, ni la chemise froncée, ni l'écharpe finement drapée sur les épaules ; rien ne désigne ici un rang aristocratique.


Une formule nouvelle


Aucun portrait italien antérieur à celui de la Joconde ne montre le modèle aussi largement cadré, dans toute l'ampleur du mi-corps, intégrant bras et mains sans que l'un ou l'autre se heurte au cadre, campé à une échelle réelle de manière aussi naturelle dans cet espace structuré où il acquiert la plasticité d'une ronde-bosse. Vue jusqu'à la taille, la Joconde est assise dans une chaise dont l'accoudoir, soutenu par des balustres, supporte son bras gauche ; elle est disposée devant une loggia, suggérée par le parapet auquel elle est adossée et par deux fragments de colonnettes qui cantonnent son portrait et délimitent une "fenêtre" sur le paysage. La perfection de la formule élaborée explique sa descendance immédiate dans l'art du portrait florentin et lombard du début du XVIe siècle : disposition de trois quarts sur un fond de paysage, encadrement architectural, mains réunies au premier plan se trouvaient déjà mis en oeuvre dans le portrait flamand de la seconde moitié du XVe siècle, surtout par Memling, mais sans cette cohérence spatiale, ni cet illusionnisme atmosphérique, sans cette monumentalité, ni cet équilibre. Cela vaut d'ailleurs pour Léonard dont aucun des portraits antérieurs n'a cette majesté contrôlée.

Un sourire emblématique


Le sourire du modèle est son "attribut" : le sourire est à Lisa del Giocondo ce que les branches de genévrier sont à Ginevra Benci (Washington) et l'hermine à Cecilia Gallerani (Cracovie), une transcription de l'idée de bonheur contenue dans le mot "gioconda". Léonard en a fait le motif essentiel de son portrait et c'est la raison de la dimension idéale de cette oeuvre. Le caractère du paysage y contribue aussi : le niveau médian, qui coïncide avec le buste, de tonalité chaude, habité par l'homme, puisqu'on y reconnaît une route serpentante et un pont, assure la transition entre l'espace du modèle et un arrière-plan où le paysage se transforme en vision d'une nature vierge, strictement minérale et aquatique, se perdant vers un horizon que le peintre a judicieusement fait correspondre à la ligne du regard.

Documentation
- ARASSE Daniel, Léonard de Vinci,  Éditions Hazan, Paris,1997.

- BEGUIN Sylvie (sous la dir. de), Musée du Louvre. Hommage à Léonard de Vinci, catalogue de l'exposition, Éditions des Musées nationaux, Paris, 1952.

- BEGUIN Sylvie,  Léonard de Vinci au Louvre,  Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1983.

- CLARK Kenneth, Léonard de Vinci, Éditions Le Livre de poche, Paris, 1967.

- CHASTEL André, L'illustre incomprise. Mona Lisa, collection "Art et Écrivain", Éditions Gallimard, Paris, 1988.

- CHASTEL André, Léonard de Vinci, Traité de la peinture, Éditions Calmann-Lévy, Paris, 2003.

- KEMP Martin, Leonardo Da Vinci : the marvelous Works of Nature and Man, Cambridge Mass. : Harvard University Press, 1981.

- MARANI Pietro C., Léonard de Vinci,  Éditions Gallimard-Electa, Paris, 1996.

- SCALLIEREZ Cécile, La Joconde, collection "Solo", Éditions de la Réunion des musées nationaux,  Paris, 2003, n°24. 

- ZÖLLNER Frank, Leonardo da Vinci, Mona Lisa, Das Portrât der Lisa del Giocondo, Legende und geschichte, Francfort, 1994.

- ZÖLLNER Frank, NATHAN Johannes (sous la dir. de), Léonard de Vinci, 1452-1519 : tout l'oeuvre peint et graphique, Cologne, Londres, Paris, Éditions Taschen, 2003.

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