 |
Louis-Gabriel-Eugène ISABEY(Paris, 1803-Montévrain, 1886) Rochers à Saint-Malo 1850 © R.M.N.
|
|
|
|
 |
 |
| Technical information |
 |
Louis-Gabriel-Eugène ISABEY(Paris, 1803-Montévrain, 1886) Rochers à Saint-Malo 1850 Aquarelle et gouache H. : 19,4 cm ; L. : 31,9 cm Acquis de l’artiste en 1864 MI919 Prints and Drawings Signé et daté en bas à droite, à la plume et encre brune : E. Isabey 1850. En bas à gauche, à la mine de plomb : St Malo.
|
 |
 |
 |
| Author(s) |
 |
| Véronique Goarin |
 |
|
 |
 |
|
|
|
|
|
|
 |
Rochers à Saint-Malo |
 |
 |
Une formation éclectique
Jeune, Isabey voyage en Angleterre et s’intéresse aux paysagistes de ce pays ; il observe les œuvres de Bonington, particulièrement ses aquarelles et subit son influence. Son goût naissant pour la mer se confirme à ce contact. A Paris, il regarde faire les élèves de son père, il admire Delacroix et Géricault et entre dans la mouvance romantique. Plus tard il se rend en Belgique et en Hollande où il est impressionné par les peintures de Rembrandt et de Van de Velde. A cette époque sa prédilection pour les effets de clair-obscur, les scènes de genre et les marines se précise.
Des sujets variés
Ami d’Alexandre Dumas, Isabey s’intéresse comme lui à l’histoire, il s’inspire du passé dans des scènes théâtrales : bals, duels, sujets religieux dans des nefs de pierres, cabinets d’alchimistes où le pittoresque et le rôle du costume sont importants. Isabey est aussi un peintre de paysage : il représente des chaumières, des marais, de vieilles rues mais il affectionne particulièrement la mer. Il se dégage de l’influence des peintres de marine traditionnels et peint la mer pour elle-même, sous tous ses aspects : rivages, ports, pêcheurs, familles angoissées, bateaux, détails de gréements et de carènes. Il aime illustrer l’aspect dramatique de la mer : la forte houle, les grains, les coups de vent et les bourrasques, jusqu’aux naufrages. Il effectue de nombreux séjours en Normandie et en Bretagne ; en 1850, il réside à Saint-Malo où il fait une série d’aquarelles représentant souvent les remparts mais aussi, comme ici, simplement les rochers battus par une mer agitée.
L'influence
De jeunes peintres viennent se perfectionner dans son atelier. Il s’agit à la fois d’élèves provenant des ateliers de Picot, Cogniet ou Drolling qui aiment associer l’eau, et surtout la mer, à leurs compositions et de paysagistes, constituant la nouvelle génération des peintres de la mer. Ainsi en est-il de Boudin rencontré en Normandie qu’il incite à représenter des scènes de plage et qui s’inspire de ses ciels. De même, il entraîne dans ses voyages le Hollandais Jongkind à qui il prodigue ses conseils. J. Noël, Ziem, A. Stevens et Eugène Smith, entre autres, se forment également auprès de lui, adoptant sa touche alerte et vive, appliquée avec brio, qui donne une impression de facilité et d’improvisation. On songe encore à lui en évoquant La Vague du musée de Lille par Courbet, pourtant si éloigné du romantisme d’Isabey. La composition de l’aquarelle du Louvre s’y retrouve : ciel nuageux et houle frappant les rochers, dans un effet de contre-jour traité avec la même ferme juxtaposition de taches dans une lumière crue et brutale. Le Louvre possède un ensemble représentatif de l’œuvre graphique d’Isabey. Outre une centaine de dessins et d’aquarelles acquis en 1864 et 1910, la collection s’est enrichie en 1997 d’un ensemble de 18 carnets de croquis, témoins de son activité débordante, réalisés avec une technique maîtrisée dans une grande économie de moyens.
|
 |
- MIQUEL Pierre, Eugène Isabey 1803-1886 : la Marine au XIX° siècle, 2 vol., Maurs-la-Jolie : Ed. de la Martinelle, 1980, T. 1, p. 224, ill. 118, p. 232.
- SÉRULLAZ Arlette, L’Aquarelle en France au XIX° siècle : dessins du Musée du Louvre, Cat. exp. Paris, musée du Louvre, Cabinet des Dessins, 1983, n° 93 ; Paris : Ed. de la Réunion des Musées Nationaux, 1983.
- KAYSER Christine, Peindre le ciel : de Turner à Monet, cat. exp. Musée-Promenade, Marly-le-Roi/Louveciennes, 1995, n° 131 ; Marly-le-Roi/Louveciennes : L'Inventaire : Musée-Promenade, 1995.
- SÉRULLAZ Arlette, « Acquisitions », Revue du Louvre, 1999, n° 1, p. 94-95, n° 37.
|
|
|
|
|