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Athéna et Héraclès

Athéna et Héraclès,
Oenochoé à figures rouges,
Peintre des Niobides,
vers 450 av. J.-C.,
H : 0,260m

© RMN Musée du Louvre/ Hervé Lewandowski

Cette œnochoé représente sur une de ses faces, de part et d’autre d’un autel, un homme et une femme, lui tenant la phiale, elle l’œnochoé, selon un schéma classique et récurrent des scènes de libation. Quelques éléments figuratifs font toutefois basculer la scène sur un plan différent. La femme est Athéna, reconnaissable à son casque et à sa lance ; l’homme est Héraclès, comme l’indiquent la peau de lion, l’arc et le carquois qui l’identifient. Au-delà des rapports étroits de patronage qui lient la déesse au héros, dans les mythes par exemple, le rite figuré, selon un schéma représentatif tout humain, est ainsi transposé au niveau héroïco-divin. Certes, Athéna – la déesse « en personne » ou sa statue ? – ne verse pas le vin dans la phiale tenue au-dessus de l’autel par Héraclès ; la libation, représentée en puissance dans et par les éléments figuratifs choisis, n’en est pas moins affichée comme le lien privilégié avec le divin, quel que soit le statut respectif des figures en présence. Le bâton sur lequel s’appuie Héraclès, signe caractéristique du citoyen honorable, renforce encore ce jeu sur les catégories. C’est la toute-puissance du modèle rituel que le peintre a choisi d’exprimer.
L’arbre placé derrière l’autel se prête à deux niveaux de lecture : comme signe paysager, il dit, de façon minimaliste, la dimension « naturelle » des sanctuaires, extra-urbains, comme urbains bien souvent ; par son espèce –  c’est un olivier –, il redouble visuellement la présence d’Athéna, « inventrice » de l’olivier dont le prototype se trouve sur l’Acropole d’Athènes.