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Descente de Croix

Descente de Croix,
vers 1260-1280, Paris,
ivoire, traces de dorure,
polychromie, H. : 3m

© RMN Musée du Louvre / Les frères Chuzeville

Ce précieux groupe sculpté témoigne de la haute qualité des ivoires gothiques du milieu du XIIIe siècle. La scène représentée est rare dans le domaine des ivoires. Joseph d’Arimathie porte le corps du Christ sur son épaule ; derrière lui, la Vierge saisit la main de son fils comme pour y déposer un baiser. Très finement sculptées, les figures se relient les unes aux autres avec grâce, les plis des vêtements tombent souplement, des traces d’une riche polychromie se devinent dans l’or des cheveux ou les bordures des manteaux. Les visages se rapprochent par leur forme triangulaire, des pommettes hautes et des lèvres bien dessinées. Joseph tient son Seigneur les mains voilées par respect, tandis que le corps du Christ bascule par-dessus son épaule dans une posture de total abandon. Cependant, selon un schéma iconographique antérieur, et peut-être pour éviter trop de pathos et conserver une pose digne, les cheveux ne suivent pas le mouvement de la tête et restent fixés sur la nuque. Apparu dans l’iconographie orientale, le thème de la Descente de croix développe une brève indication des évangiles où Joseph d’Arimathie demande la permission de détacher le corps de Jésus pour l’ensevelir. Il se répand en Occident à partir du Xe siècle, traduisant l’attachement à l’humanité du Christ, et montre de façon sensible la réalité de son expérience de la mort, contre la tentation de ne retenir que sa divinité. Ce groupe de la Descente de Croix est accompagné de deux statuettes de l'Eglise et de Nicodème, ensemble que complètent les figures de saint Jean et de la Synagogue. Ces statuettes étaient à l'origine disposées dans un décor d'architecture, à plusieurs niveaux.