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Ex-voto de 1662 : La mère Catherine-Agnès Arnauld et la sœur Catherine de Sainte Suzanne Champaigne

Ex-voto de 1662
La mère Catherine-Agnès Arnauld
et la sœur Catherine de Sainte Suzanne Champaigne,
Philippe de Champaigne,
1662, huile sur toile,
H : 1,650 m ; L : 2,290 m

© RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Franck Raux

Ce célèbre tableau de Philippe Champaigne s’inscrit dans la catégorie des ex-voto, œuvre conçue en remerciement d’une grâce obtenue, bien qu’il s’en distingue par son exceptionnelle qualité mais aussi par l’originalité du traitement. Une longue inscription en latin « Au Christ unique médecin des corps et des âmes », précise les circonstances miraculeuses de la guérison de la fille de l’artiste, sœur Catherine de Sainte Suzanne Champaigne (1636 - 1686), pensionnaire depuis 1648, puis religieuse après sa profession en 1657 au Couvent de Port Royal de Paris, presque paralysée pendant quatorze mois. Or, à la différence de bien des ex-voto de guérison, l’œuvre ne décrit pas le miracle, mais la soudaine révélation de sa réalisation à Mère Catherine-Agnès Arnauld à la suite d’une neuvaine de prières. Les deux femmes se détachent sur le fond monacal de la cellule, ornée seulement d’une croix nue. La sobriété de la gamme colorée met en valeur les contrastes de noir, blanc ivoire, beige et rouge de leur vêtement religieux, dont les plis font miroiter des reflets nacrés dans l’ampleur de la bure. Leur position pourrait rappeler celle d’un orant près d’un gisant si le rayon de lumière suggérant la grâce divine, la sérénité des visages particulièrement expressifs, sous la guimpe blanche, et les regards emplis d’une vision toute intérieure ne révélaient la victoire de la vie et de la foi. Les mains jointes, un reliquaire sur les genoux, Sœur Catherine accueille cette grâce avant qu’elle ne se manifeste par une guérison visible. Le miracle se produit d’abord dans les cœurs semble dire l’œuvre qui s’inscrit dans un contexte politique mouvementé. En 1661, les religieuses de Port Royal avaient dû signer une condamnation des propositions de Jansenius. Subissant menaces et pressions diverses, elles virent dans ce miracle un signe de Dieu en leur faveur, ce dont témoigne tant sur le plan intime que dans sa dimension historique ce tableau d’action de grâce.