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Fragment de l’Ara Pacis

Fragment de l’Ara Pacis,
Relief architectural,
marbre entre 13 et 9 av. J.-C.,
H : 1,14m ; L : 1,47m

© RMN Musée du Louvre/ Hervé Lewandowski

Le sacrifice proprement dit est l’aboutissement de cérémonies au déroulement complexe. Elles ont souvent commencé par une procession à travers la Ville, l’Vrbs, qui permet à la communauté romaine de se mettre en scène face à elle-même. Ce fragment de relief provient de l’Autel de la Paix (Ara Pacis). Sa construction fut décidée par le Sénat pour célébrer le retour victorieux d’Auguste après ses campagnes de Gaule et d’Espagne. Dans son « testament » (les Res gestae), le Princeps écrit que le Sénat « décréta que les magistrats, les prêtres et les vierges Vestales [y] procéderaient à un sacrifice anniversaire ». Sur le mur extérieur, donc bien visible, de l’autel inauguré en 13 avant notre ère, est figurée une procession : elle rassemble, selon un ordre hiérarchique bien précis, Auguste lui-même accompagné de la famille impériale et des représentants des corps constitués, religieux (les prêtres des grands collèges sacerdotaux) et civils (les magistrats). L’esthétique de la représentation délivre un message d’unité politique, d’ordre social, de gravité et de piété, toutes conditions nécessaires à l’efficacité des cérémonies religieuses, donc à un avenir heureux, symbolisé par la main affectueuse posée sur la tête du plus petit enfant. L’ambiance est calme, les visages conservés recueillis. Les participants, en famille (non identifiée ici), avancent dignement : les hommes portent la toge du citoyen et les femmes, des matrones, ont recouvert leur stola (sorte de robe) d’un manteau. Tous, même les enfants, participent de la pureté rituelle indispensable, représentée avec les rubans qui retombent sur le dos de la femme à droite et de l’enfant qui la suit, la couronne de laurier à la grecque dont l’homme à droite a ceint sa tête, et le bouquet de laurier tenu par la femme (au centre) et le petit enfant (derrière elle) dans leur main gauche.