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Jeanne d'Arc au sacre du roi Charles VII

Jeanne d'Arc au sacre du roi Charles VII
dans la cathédrale de Reims,
Jean-Auguste-Dominique Ingres
1855, huile sur toile,
H : 2,40 m ; L: 1,78 m

© RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

Ce portrait en pied de Jeanne d’Arc, tenant d’une main un étendard, posant l’autre main sur l’autel, représente tout à fois l’héroïne guerrière et la sainte. Le visage pur de la jeune fille à l’ovale régulier, est nimbé d’un mince filet d’or, près d’une quinzaine d’années pourtant avant que l’évêque d’Orléans ne lance la campagne de béatification. Son expression recueillie contraste avec l’armure qui accroche la lumière et met en valeur la silhouette féminine soulignée par une jupe ornée d’armoiries. Cette figure hiératique et monumentale s’impose au milieu d’une composition chargée de multiples détails peints avec précision. Sur la partie gauche, plusieurs personnages, un moine en prière, un écuyer auquel Ingres a prêté ses traits, ainsi que le heaume et le gantelet posés sur un drap fleurdelisé inscrivent la scène dans une narration antérieure. Sur la droite, les regalia (objets symbolisant la royauté) destinés au sacre annoncent l’action qui se déroule hors champ. Tandis que Charles VII est sacré roi, la fumée de l’encensoir que l’on devine sur le côté, et la flamme de la bougie forment une subtile annonce du sort funeste qui attend l’héroïne. Sur la gauche, la tablette posée sur les marches précise « Et son bûcher se change en trône dans les cieux ».
Commande du ministère des Beaux-arts en 1851, l’œuvre fut présentée en 1854 lors des fêtes commémoratives de Jeanne d’Arc à Orléans. Il ne s’agit donc pas à proprement parler d’une œuvre de dévotion, mais elle traduit la dévotion nouvelle aux grands saints qui ont fait la France, dévotion qui s’affirme plus encore après la Première guerre mondiale. Cette dernière ouvre à une appropriation de Jeanne d’Arc tant par les catholiques qui y voient une sainte que par le camp laïque qui, depuis le milieu du XIXe siècle, célèbre une patriote issue du peuple. Béatifiée en 1909 et canonisée en 1920, elle est aussi fêtée par la République comme héroïne nationale.