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L'Erection de la Croix

L’Erection de la Croix,
Pierre-Paul Rubens, vers 1609,
huile sur bois,
H. : 0,68m ; L. : 1,070m

© RMN (Musée du Louvre)/ Hervé Lewandowski

Cette esquisse fut peinte pour un retable de très vaste dimension destiné à la cathédrale d’Anvers afin de remplacer une œuvre détruite par les guerres de religion. Dans l’esprit de la Réforme catholique, l’œuvre devait impressionner les sens par sa monumentalité et le dynamisme de sa composition ; le sujet central était réservé selon les recommandations des théologiens post-tridentins à une scène du Nouveau Testament. Le choix de l’érection de la croix, plus original qu’une crucifixion ou une montée au calvaire, peut paraître moins noble ; il conduit ici à s’attacher particulièrement à l’effort des manœuvres qui tentent de hisser le Christ. Les effets de raccourcis dans le traitement de corps mettent en valeur les musculatures puissantes et la tension de la scène. Si Rubens s’inscrit dans le cadre traditionnel du triptyque, il unifie les trois volets en une narration suivie. Sur la partie droite, la Vierge et Saint Jean regardent la scène centrale ; sur la gauche, les soldats romains dirigent l’action et conduisent au supplice un des larrons. Différents types humains se révèlent ainsi confrontés à la crucifixion, de l’attitude triste et digne de figures saintes, à la douleur expressive du groupe de femmes et d’enfants à leur pied, jusqu’à l’hostilité manifeste de la foule à gauche, en passant par l’indifférence de ceux qui sont absorbés par leur tâche au centre. Moins richement colorée que l’œuvre finale, l’esquisse dominée par un camaïeu d’ocre brun donne une grande unité à la scène où les rehauts de blancs soulignent les expressions et les mouvements.