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La Crucifixion

La Crucifixion, Andrea Mantegna,
1456-1459, H. : 0,76m ; L. : 0,96 m

© 2009 Musée du Louvre/ Erich Lessing

Cette célèbre crucifixion de Mantegna forme le centre de la prédelle d’un retable commandé pour le maître autel de l’église San Zeno de Vérone, dont d’autres panneaux (le Christ au Jardin des Oliviers et la Résurrection) sont conservés au musée des Beaux-Arts de Tours. Elle rassemble la plupart des éléments que l’évolution des représentations a greffés autour de l’épisode de la Croix. Si l’agencement des protagonistes est en partie classique, l’originalité de la composition réside dans la maîtrise particulière de la perspective qui fait apparaître une succession de plans unifiée par un jeu subtil de lumière et de couleur.
Un léger effet de contre plongée dramatise la scène et invite le spectateur à s’associer aux figures vues au tout premier plan : le porte-lance, dit Longin, et une tête anonyme, en contrebas de la grande croix qui structure la scène.  Autour du Christ expirant, les côtes saillantes, la tête inclinée sur l’épaule, les personnages sont répartis selon l’ordre d’un jugement dernier. A sa droite (la gauche du tableau) le bon larron, l’apôtre Jean et le groupe des Saintes Femmes qui soutient la Sainte Vierge en pamoison. Les ossements sur le côté évoquent peut-être le tombeau vide ou la descente aux enfers qui suivront la crucifixion. A sa gauche, le mauvais larron dont le corps tourmenté contraste avec l’attitude paisible de celui auquel est promis le Paradis (Luc 23,43), les soldats romains, vêtus à l’antique, qui jouent la tunique du Christ aux dés, le porte-éponge. A l’arrière-plan, le décor suit la même répartition symbolique et passe de la ville sainte de Jérusalem à un paysage désolé et minéral d’où n’émergent que des arbres morts.
Au pied de la croix, le Golgotha marqué par le crâne d’Adam sur lequel coule le sang rédempteur ouvre l’espérance d’une aube nouvelle.