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La Madeleine à la veilleuse

La Madeleine à la veilleuse,
Georges de La Tour
Vers 1640-1645
huile sur toile,
H : 1,280 m ; L: 0,940 m

© Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Angèle Dequier

Dans un cadre dépouillé, avec une dominante de brun-ocre, Marie Madeleine apparaît, le visage à peine visible, absorbée dans sa méditation. Assise devant une table sur laquelle sont disposés des livres, un verre d’huile où brûle une mèche, une croix et une discipline (fouet), elle tourne la tête de profil, une main à la mâchoire, l’autre posée sur un crâne. La lumière de la flamme illumine la jeune femme et sculpte son corps en pans géométriques, éclairant intensément le corsage blanc, qui dévoile une épaule, et contraste avec le rouge cinabre de l’étoffe nouée autour de sa taille laissant apercevoir ses jambes et ses pieds nus.
Le thème de la Madeleine pénitente est cher à la Réforme catholique qui voit dans cette sainte, figure composite édifiée par la tradition autour de trois personnages féminins des Évangiles, retirée, selon la légende, à la Sainte-Baume, l’idéal de la pécheresse repentie. Georges de la Tour a traité ce sujet à plusieurs reprises, ajoutant parfois un miroir ou des perles à la scène. Dans cette composition plus austère, le décor est réduit à l’essentiel. Peintre du quotidien, il évoque une atmosphère intime, sans autre effet de surnaturel que le puissant clair-obscur. La main au menton est la pose de la mélancolie ou de la méditation ; le crâne rappelle le thème des memento mori (« Souviens-toi que tu es mortel ») et suggère, comme la flamme éphémère, la vanité des biens de ce monde et la fuite du temps. Toutefois, outre l’ascèse et le repentir, cette œuvre intensément méditative traduit aussi l’amour de l’âme pour le Christ, lumière du monde, suggéré par la flamme très droite, à côté de la source d’illumination qu’est l’Écriture. Sans avoir mené une vie pieuse, La Tour a fréquenté des cercles religieux et mystiques, il pouvait connaître l’Élévation sur sainte Madeleine de Bérulle (1627) ainsi que la place de la sainte dans la spiritualité de l’École française.