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Le Christ sur la croix

Le Christ sur la croix.
La Madeleine et la Vierge sont à ses pieds.
Pierre Prud’hon, 1822 H : 2,78cm ; L : 1,66cm

© RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Gérard Blot

L’œuvre initialement commandée, sous la Restauration, par le Ministère de l’Intérieur pour le décor d’une cathédrale, n’était pas encore livrée et payée lors du décès de l’artiste, et fut réclamée par le Louvre. Son ténébrisme, qui rappelle Ribera et la peinture espagnole, fut très apprécié et d’innombrables copies en ont été réalisées pour les églises au XIXe siècle. Prud’hon n’a pourtant traité que peu de sujets chrétiens et sa vision de la religion relève plus d’un libre rapport que de liens avec l’Église établie. S’il s’agit ici d’une commande, l’œuvre occupe néanmoins les deux dernières années de sa vie marquées par les décès familiaux, alors qu’il peint également L’âme brisant les liens qui l’attachent à la terre (conservé au Louvre). Le corps du Christ, vu de trois quart, se détache sur un fond sombre, sa musculature puissante, indemne des traces de souffrances, est modelée par la lumière tandis que la tête reste en partie dans l’ombre. C’est aussi de l’obscurité qu’émergent au pied de la croix, les silhouettes de Marie-Madeleine, dont le bras dénudé capte la lumière à droite, et de la Vierge et saint Jean, enveloppés par les ténèbres à gauche. La douleur qui les terrasse condense le sentiment pathétique exprimé ici avec retenue.
A côté des commandes explicitement religieuses, le motif du Christ en croix n’a cessé d’inspirer les artistes qui, tout au long des XIXe et XXe siècles, en ont donné maintes interprétations personnelles.