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Le Trône de Grâce ou la Sainte Trinité

Le Trône de Grâce ou la Sainte Trinité
avec Dieu le fils soutenu par Dieu le Père,
Colijn de Coter, vers 1510-1515,
huile sur bois
H : 1.670 m ; L : 1.180 m

© RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Gérard Blot

Peint à Bruxelles par Colijn de Coter, vers 1510-1515, ce panneau central d’un triptyque commandé pour l’église Saint-Denis à Saint-Omer s’inspire fortement d’une composition plus ancienne de Robert Campin (Compassion du Père, v. 1430-35, Saint-Petersbourg). Il en reprend le motif central : Dieu le Père, représenté en vieillard vénérable, motif qui ne s’est imposé en Occident que vers les X-XIe siècles, porte ici une tiare mêlant les références pontificale et impériale.Il soutient le corps du Christ, dont la lividité attire les regards ; la colombe symbolisant l’Esprit Saint prend place entre leurs deux têtes, complétant cette représentation de la Trinité céleste. Le réalisme des expressions, le visage ridé du Père aux yeux pleins de tristesse ou la tête cadavérique du fils, le rendu minutieux des étoffes aux plis abondants et des détails d’orfèvrerie confèrent un effet de vérisme à la scène qui contraste avec le caractère surnaturel de la représentation. Ce Christ monumental, repose comme en apesanteur dans les bras de son Père ; il semble regarder sa plaie au côté et  fait le geste de l’ouvrir. Ce geste d’ostension de celui qui semble avoir dépassé la mort invite le fidèle, dans l’esprit de la Devotio moderna, à une méditation individuelle sur la réalité des souffrances de la croix, la Passion et la Rédemption.
Dans le bas du tableau, deux anges, dont la dalmatique (vêtements portés lors de messe) se rapproche de la couleur du perizonium du Christ, tendent un linge brodé dans les mêmes tons de gris, beige et noir, qui rappelle une nappe d’autel. De part et d’autre du Père, vêtu de pourpre, la gamme chromatique s’enrichit du vert et du jaune des deux anges qui présentent les instruments de la Passion : la lance, les clous et la croix. Leurs gestes d’affliction appellent le spectateur à partager cette « Compassion du Père ».