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Ménades rendant un culte dionysiaque

Ménades rendant un culte dionysiaque,
Stamnos à figures rouges,
Peintre d’Eupolis,
vers 450-440 av. J.-C.,
H : 0,390m

© RMN Musée du Louvre/ Hervé Lewandowski

Si les rites sacrificiels peuvent se décliner selon un schéma commun et stéréotypé, les particularités sont tout autant constitutives de la pratique cultuelle antique, signes tangibles de l’approche « polythéiste » des relations au divin, guidées par les circonstances. Sur ce stamnos (vase contenant du vin mélangé), l’effigie de Dionysos est un montage éphémère : un pilier est habillé d’un manteau et d’une tête ou face du dieu. Au même Dionysos renvoie aussi le thyrse (devant lui) : cette hampe garnie de lierre est un de ses  attributs, autant qu’un objet lié au rituel proprement bachique, et un signe distinctif des bacchantes et bacchants. Le rite représenté semble double, à l’image du dieu auquel il s’adresse, à la fois dieu du panthéon à part entière et dieu toujours à part. Faisant face au dieu, une femme, significativement du côté du thyrse, lui présente respectueusement, dans un canthare, le vin pur qui est sa marque et son apanage : le rite est original et dionysiaque. Derrière l’effigie divine, en revanche, est figurée une scène qui renvoie à un sacrifice parfaitement « traditionnel » : une autre femme tient le kanoun, la corbeille habituelle du sacrifice, en main gauche  et une œnochoé contenant du vin mélangé destiné à une libation dans sa main droite. Aucun autel n’est pourtant représenté, mais simplement une trapeza – table à trois pieds utilisée notamment pour les banquets – sur laquelle reposent la viande désossée issue de la victime sacrificielle et des pains. Ces signes évoquent la convivialité du banquet qui suit le sacrifice. Le sacrifice sanglant, bien que non représenté, est néanmoins présent, mais dans une temporalité distanciée.