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Petit mihrab portatif

Petit mihrab portatif,
Xe siècle,
Egypte, palissandre

© RMN-GP Musée du Louvre / Frank Raux

Ce mihrâb mobile est taillé dans une planche de palissandre violet de l’Inde. Délicatement sculpté de bandeaux calligraphiques et d’une arcature sur colonnes, il évoque les niches (ou mihrâb) encastrées dans les mosquées, souvent au centre du mur de qibla, qui indique la direction de la Mecque. Pourtant, ces plaques de bois ont surtout été découvertes en contexte funéraire, au sein de sépultures qui remontent à l’Egypte fatimide. Cette dynastie (905-1171), qui prend son essor au début du Xe siècle en Ifriqiya (actuelle Tunisie), s’étend ensuite vers l’Égypte et la Syrie ainsi que les lieux saints de la Mecque et Médine, qu’elle conserve jusqu’en 1171, quand Saladin met fin à leur règne. Les Fatimides ont institué un califat, rival de celui des ‘Abbâssides, qui se distingue du fait de leur foi chiite ismaélienne. Cette branche minoritaire du chiisme reconnaît ‘Ali (cousin et gendre du Prophète) ainsi que six de ses descendants comme seuls guides (imam) spirituels de la communauté après Mahomet ; ce courant est donc appelé septimain. Curieusement, notre plaque arbore les noms des Douze imams révérés par le principal dogme chiite (chiisme duodécimain). L’importance accordée à la dimension funéraire en contexte chiite éclaire la prééminence de l’architecture attachée aux lieux de pèlerinage dans les régions dominées par cette obédience.