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Pilate se lavant les mains après la condamnation à mort du Christ

Pilate se lavant les mains
après la condamnation à mort du Christ,
Mathias Stom, vers 1650,
H : 1,53cm ; L : 2,05cm

© RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Peintre du siècle d’or hollandais, élève du caravagiste Gerard van Honthorst à Rome, Mathias Stom donne une vision tout en clair-obscur de Pilate se lavant les mains, sujet moins fréquent dans l’iconographie que la fortune de l’expression ne pourrait le laisser penser. La virtuosité technique semble l’emporter à première vue, on est saisi par le jeu des reflets sur l’aiguière d’argent, l’éclatante blancheur du vêtement blanc de Pilate, et son manteau richement orné. Puis l’attention se porte vers le visage expressif, modelé par la lumière, aux rides marquées, à l’œil vif et interrogateur. Stom était passé maître dans l’art de saisir la psychologie des personnages au cœur de ses scènes religieuses. Mais ici l’essentiel est ailleurs, à l’arrière-plan, dans un dédoublement narratif rare passé l’époque médiévale, apparaît le profil du Christ portant sa croix sur le chemin du calvaire. Cette ombre lointaine est soudain rendue présente à la conscience du spectateur par le regard troublant du personnage mystérieux qui soulève le rideau vert sur le côté et semble prendre le public à témoin… ou l’inviter à prendre parti : se laver les mains avec Pilate ou suivre le Christ portant sa croix ?