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Plat à décor épigraphique

Plat à décor épigraphique,
Xe siècle,
Iran oriental ou Transoxiane,
céramique argileuse à décor d’engobes
sous glaçure transparente
D. 38,8cm

© 2007 Musée du Louvre / C. Tabbagh / collections numériques

L’islamisation de l’Iran et de la Transoxiane a été assez rapide ; d’abord provinces éloignées du centre du pouvoir, les régions de l’est du califat gagnent, dès le IXe siècle, une certaine autonomie sous l’égide de dynasties telle celle des Sâmânides (864-1005). Cette période correspond de fait à ce qu’on a appelé la « renaissance persane », qui a vu la langue persane resurgir en particulier dans la poésie de cour. Pourtant, les objets qui nous sont parvenus de cette époque usent tous d’une épigraphie exclusivement arabe. Le grand plat du Louvre est emblématique de ce paradoxe : l’inscription, en belle graphie angulaire dite « koufique », livre un proverbe en arabe : « La science (ou la clémence) son goût est amer au début, mais à la fin plus doux que le miel. Santé (à son possesseur) ». Le déchiffrement de ce texte n’était sans doute à la portée que d’une infime minorité, signe peut-être de la haute estime en laquelle était tenu l’arabe du fait de sa prééminence religieuse. De tels plats, de somptueuse facture, posent en outre la question de leur usage pour le service. Sans doute s’agit-il d’une vaisselle d’apparat destinée à marquer l’appartenance à une élite.